1. Comment je suis devenu responsable événementiel
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Comment je suis devenu responsable événementiel

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Thibaut a obtenu son premier CDI dans l'événementiel alors qu'il n'était pas encore diplômé. // © Photo fournie par le témoin
Thibaut a obtenu son premier CDI dans l'événementiel alors qu'il n'était pas encore diplômé. // © Photo fournie par le témoin

A 27 ans, Thibaut est le responsable de tous les évènements d’un grand hôtel parisien. Un poste-clé qui garantit le rayonnement de l’établissement au-delà de ses murs.

9 heures, hôtel Brach, 16 ème arrondissement de Paris. Thibaut collecte les infos destinées à la réunion matinale des différents chefs de service, appelée "le morning". Il se concentre sur les demandes du jour, épaulé par sa coordinatrice des évènements. "La journée se divise en 3", explique le jeune homme : "d’abord, il faut gérer les devis et les factures, remplir des tableaux Excel. Puis, il y a la mise en place des espaces, la personnalisation des évènements (soirées, mariages, défilés, séminaires…) et enfin, il faut gérer les contacts avec les clients et les visites commerciales, bref, tout ce qui peut faire rayonner le lieu dans sa globalité". Vers 19 heures, ou plus tard, selon la durée de l’évènement, il peut enfin rentrer chez lui.

Le déclic d’une compétition sportive

Rien ne prédisposait cet élève sans histoire, du lycée public Las Cases de Lavaur (81), à s’orienter vers un tel parcours : "ni littéraire, ni scientifique, je suis allé en 1ère puis terminale ES faute de savoir quoi faire !", raconte Thibaut. Bon en espagnol, "comme tous ceux qui ne sont pas loin de la frontière", il choisit cette matière en option pour compenser ses lacunes.

L’année du bac, un forum d’associations et d’écoles postbac, le convainc de choisir un DUT Technique de commercialisation. A Tarbes (65) (rattaché à l’Université de Toulouse), où il est accepté, il apprend, en 1ère année, le marketing, la prise de parole en public, la négociation, le droit des entreprises, et les langues. Mais, c’est un projet tutoré de tournoi sportif en plein air, qui marque les prémices de sa vocation : "j’ai toujours adoré le sport, mais de voir qu’on pouvait à 5 personnes organiser un évènement d’envergure de A à Z, ça m’a bluffé", confie-t-il.

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Le choix d’une école de commerce et des langues étrangères

En 2ème année, le choix de sa spécialisation "négociation", lui permet de rédiger une étude détaillée sur le sponsoring de l’entreprise locale Pierre Fabre dans le rugby, et le motive pour poursuivre ses études. "J’ai décidé de m’inscrire dans une école de commerce, surtout pour les connexions avec les universités étrangères", précise Thibaut. Les écrits du concours Passerelle lui permettent de se présenter aux oraux d’une dizaine d’écoles.

Accepté à Sup de Co La Rochelle (17) (ndrl : actuelle Excelia), il intègre le cursus en 3ème année (sur 5 ans au total) et décide d’apprendre le japonais : l’apprentissage des langues fait partie des fondamentaux de l’école. Entraîné par son amour du rugby, il devient membre actif de la "LR Beach cup", une association étudiante chargée d’organiser le plus grand tournoi sportif sur sable d’Europe, et se passionne pour l’organisation de ce trophée.

Au cours de sa 2ème année, où il s’est spécialisé en entreprenariat, un stage humanitaire au Guatemala, où il aide des enfants défavorisés à faire leurs devoirs, lui donne la bougeotte : "j’ai décidé de profiter à fond de mon année de césure pour voyager et travailler, et suis parti avec un peu d’économies et un aller simple pour la Nouvelle-Zélande", explique Thibaut. Plonge, service de restaurant, jardinage et woofing composent alors son quotidien, fait de nombreuses heures de travail.

Le "filon" de l’hôtellerie de luxe

Un stage de 3 mois, obligatoire dans le cadre des expériences à valider pour son école, le conduit dans un hôtel 5 étoiles au Costa-Rica, où il passe par tous les départements de l’établissement et en appréhende la mécanique interne. De retour en France, pour sa dernière année d’études, il décroche un stage rémunéré de 6 mois à l’Hôtel du Louvre, à Paris, comme commercial interne.

Décidé à poursuivre par un CDI cette expérience concluante, il rompt sa convention de stage, et se fait embaucher à l’hôtel parisien Molitor : "je n’étais pas encore diplômé, mais impossible pour moi de résister à l’appel d’un poste de chef de projets groupes et évènements, dans un lieu chic et qui respire le sport", affirme-t-il.

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Dopé par les chiffres d’atteinte de ses objectifs, et par l’aspect challenge du business, Thibaut est repéré lors d’une visite concurrentielle par la future directrice de l’Hôtel Brach. Recruté en octobre 2018, après une annonce parue dans Le Journal des Palaces, il participe à l’ouverture de l’établissement, avec le titre de responsable des évènements. "Il faut avoir une certaine souplesse, et en même temps, une grande rigueur dans l’organisation, car en interne, tout est réglé comme du papier à musique", souligne Thibaut.

Deux qualités essentielles, que ses séjours à l’étranger ont contribué à ancrer en lui. "C’est d’être allé dans l’inconnu qui m’a formé", reconnaît celui qui dicte sa loi aux évènements.

Thibaut Gélis en 6 dates :
19 mai 1992 : Naissance à Lavaur (81)
Juillet 2010 : Bac ES
Septembre 2010 : 1ère année de DUT Tech de Co à Tarbes (65)
6 juin 2016 : Chef de projets groupes et évènements à l’Hôtel Molitor (paris) en CDI
Juillet 2016 : Diplôme Master 2 de l’école de commerce Excelia, La Rochelle (17)
Mars 2018 : Intègre le Groupe EVOK en CDI comme responsable événementiel à l’Hôtel Brach (Paris)

Formation :
Un bac +3 ou un bac +4 en communication est généralement requis pour devenir responsable communication et événementiel.
Le CMH (Centre européen de management hôtelier et international) propose un bachelor en communication dans l’hôtellerie et le tourisme, accessible après un bac ou un Bac +2/3 (comme par exemple après un BTS, DUT, ou une école de commerce).
Pour un niveau bac +2, un BTS en communication ou un DUT en information et communication option communication des organisations est une possibilité.

Salaire :
Entre 2.000 et 5.000 euros net par mois environ (la fourchette varie en fonction de la catégorie d’hôtel).