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Palmarès des écoles d'ingénieurs 2019 : comment choisir la vôtre ?
Laura Makary
Publié le 04.12.2018


Dans un des laboratoires de recherche de l’école polytechnique, à Palaiseau, les étudiants se forment aux techniques de pointe : ici, le LPP ou laboratoire de physique des plasmas.  // © Cyril Entzmann/Divergence pour l'Etudiant

Comment choisir votre école d'ingénieurs parmi toutes les formations existantes ? C'est pour vous accompagner dans cette décision complexe que nous avons comparé, cette année, 174 établissements français dans notre palmarès. Découvrez ceux qui se distinguent selon les catégories et trouvez celui qui correspond à vos attentes et à vos ambitions.

Palmares-des-ecoles-de-commerce-postbac-en-4-ou-5-ansDécouvrez tous les résultats de notre palmarès des écoles d'ingénieurs 2019

Elles sont aujourd'hui 201 en France qui diplôment 35.000 jeunes chaque année. Elles, ce sont les écoles d'ingénieurs. Et toutes ont des points communs : elles sont toutes habilitées par la CTI (Commission des titres d'ingénieur), un organisme public indépendant qui délivre le titre d'ingénieur diplômé. Sans lui, les écoles n'ont pas le droit de se déclarer "d'ingénieurs". Pour ce faire, elles doivent prouver, lors d'audits réguliers, que leurs élèves acquièrent un certain nombre de compétences et qu'ils réussissent à s'insérer sur le marché du travail. Et toutes dispensent une formation jusqu'à bac+5.

Réparties sur l'ensemble du territoire, elles sont néanmoins très différentes les unes des autres. Certaines sont de petite taille, à l'instar de l'établissement corse Paoli Tech, qui a diplômé 19 ingénieurs en 2017, alors que d'autres sont bien plus imposantes, telle Arts et Métiers, dont sont issus chaque année 1.300 diplômés. 

Certaines sont très spécialisées (Sup ENR dans les énergies renouvelables, l'ISEL dans la logistique, l'ENSTIB dans le bois...), quand d'autres se veulent plus généralistes (les Centrales, les INSA...). Certaines sont publiques, d'autres sont privées. Certaines recrutent à bac, d'autres uniquement après un bac+2. Ainsi, leurs recrutements, leurs débouchés et leurs spécialisations sont tous spécifiques, pouvant rendre ce paysage varié, voire complexe.

Dans ce contexte, l'Etudiant souhaite ici faire le point sur ces écoles d'ingénieurs et présenter un panorama pour mieux comprendre leurs différentes caractéristiques. Comment y entrer ? Quelles sont leurs spécificités ? Comment leurs jeunes diplômés s'insèrent-ils sur le marché du travail ?


Parmi les écoles d'ingénieurs, les Écoles centrales offrent un enseignement généraliste. Ici, Centrale Nantes. // © Thomas Louapre/Divergence pour l'Etudiant

Après une classe préparatoire

Pour intégrer une école d'ingénieurs, plusieurs options sont possibles. La première, la voie la plus classique : passer par une CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles). Le jeune bachelier s'inscrit dans une classe prépa, où il se forme pendant deux, voire trois années, à préparer les concours. Le rythme de travail y est intense, mais à l'issue de la CPGE, les élèves ont accès à l'intégralité des écoles d'ingénieurs, y compris les plus prestigieuses qui ne recrutent quasiment que via cette voie, dont Polytechnique, CentraleSupélec, Ponts ParisTech ou encore Mines ParisTech.

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C'est la voie qu'a suivie Jérôme, sorti de l'ISAE-SUPAERO en 2016. Il s'est retrouvé en prépa à Valenciennes (59), sur le conseil de l'un de ses professeurs de lycée : "J'étais très bon en terminale, mais l'arrivée en CPGE a été difficile. J'ai tenu le coup et je ne regrette rien. 
Je le conseille aux lycéens en cas de doute, car le socle de maths et de physique est solide et permet ensuite d'entrer dans n'importe quelle école. De plus, on n'a pas la même maturité à 20 ans qu'à 18 pour choisir ce qu'on veut faire plus tard. La prépa permet de se garder de très nombreuses portes de sortie." Après cinq années d'études, il a décidé de poursuivre en thèse, pour se spécialiser dans la robotique spatiale. Aujourd'hui, environ 40 % des étudiants d'écoles d'ingénieurs sont passés par une CPGE.

Après le bac

Deuxième option : intégrer directement une école après le bac. Dès la terminale, les candidats peuvent s'inscrire à plusieurs concours, rassemblant les écoles d'ingénieurs postbac, comme Puissance-Alpha, Avenir, Geipi-Polytech, ou encore Advance. D'autres établissements, comme les INSA (instituts nationaux des sciences appliquées) et les UT (universités de technologie), n'organisent pas un concours en tant que tel, mais sélectionnent leurs étudiants sur dossier et entretien. D'ailleurs, la quasi-totalité des écoles d'ingénieurs postbac sont aujourd'hui sur Parcoursup.

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"La nature des formations est différente : en CPGE, on prépare un concours, avec beaucoup de maths et de physique, un programme défini et une certaine pression. À l'inverse, une fois admis dans un établissement postbac, on commence tout de suite à devenir ingénieur, la vie associative est présente dès la première année et les étudiants découvrent la pratique. Par conséquent, si un jeune bachelier a envie de se confronter à la mise en pratique, à des projets et à des stages, je lui recommande cette voie", affirme Odile Sarralié, directrice adjointe des formations et responsable des admissions de l'EPF, qui recrute après le bac. Dans ce cas, la formation dure cinq ans : deux années de CPI (classe préparatoire intégrée), suivies de trois ans de cycle ingénieur. À noter : les écoles d'ingénieurs postbac recrutent également à bac+2.

Si vous souhaitez vous lancer tout de suite après le bac, renseignez-vous sur les sites des concours des écoles qui vous tentent. Vous y trouverez les annales et parfois des journées de préparation, pour mettre toutes les chances de votre côté.

Via une licence, un DUT ou un BTS  

La troisième option est de s'engager dans des études scientifiques : un DUT (diplôme universitaire de technologie) ou une licence. Via les admissions parallèles, les candidats peuvent ensuite postuler dans de nombreuses écoles ; ils sont d'ailleurs assez recherchés par les établissements, qui souhaitent diversifier leurs recrutements. Renseignez-vous auprès de chaque école pour connaître les modalités d'inscription.

Marouane, étudiant à l'ENSAI, à Rennes, a choisi un DUT statistiques et informatique décisionnelle après le bac. Grâce à de bons résultats, il a décroché une place dans l'école de ses rêves. "Le plus dur, ce sont les maths. Il m'a fallu beaucoup travailler pour remonter mon niveau, notamment sur les éléments les plus abstraits. Mes camarades venus de classes prépas m'ont aidé. En échange, je leur donnais un coup de main en informatique et en pratique, où je suis plus à l'aise grâce à mon DUT", raconte-t-il, très heureux de son parcours.

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Les diplômés de BTS (brevet de technicien supérieur) peuvent, eux aussi, avoir accès aux écoles d'ingénieurs, même si cela est moins évident. Ils doivent souvent, auparavant, effectuer en un an une prépa scientifique ATS (adaptation technicien supérieur).

Bien faire son choix

Une fois admis dans ces formations, il ne reste plus qu'à faire son choix ultime. Pour se décider correctement, il faut se poser les questions suivantes : "Est-ce que je préfère me spécialiser tout de suite ou choisir une école plus généraliste ? Les majeures proposées par l'école me tentent-elles ? Les parcours et débouchés des jeunes diplômés m'intéressent-ils ?" 

Un passage à la journée portes ouvertes de l'établissement peut être une bonne façon d'obtenir les réponses à vos questions. La ville où il est implanté peut également être un critère de choix en cas d'hésitation.


Certaines écoles d'ingénieurs se spécialisent et offrent des cursus très pointus dans un domaine. Ici, l'atelier mécatronique de l'École des mines de Paris. // © Cyril Entzmann/Divergence pour l'Etudiant

Étudiez enfin les frais d'inscription et de scolarité des écoles qui vous donnent envie. La majorité des écoles d'ingénieurs publiques dépendant du ministère de l'Enseignement supérieur coûtent environ 600 € par an. C'est le cas par exemple des INSA, des Polytech et des UT. 

Les établissements publics rattachés à d'autres ministères (Économie, Défense, Agriculture...) sont généralement un peu plus onéreux : 1.500 € pour les écoles Agro publiques, 2.100 € pour l'ENSTA Bretagne, 2.500 € pour les Mines ParisTech, et jusqu'à 3.500 € pour CentraleSupélec

Les écoles privées, de leur côté, facturent des frais de scolarité plus élevés, allant de 5.000 à 9.000 € l'année. Si vous pouvez prétendre à une bourse, n'oubliez pas de vous renseigner sur les différentes aides possibles.

De la pratique et des stages

Pour préparer aux nombreux métiers qui se cachent derrière le terme d'"ingénieur", les écoles proposent un mélange de cours théoriques, afin d'apporter aux étudiants un socle scientifique, et de TP (travaux pratiques). Et c'est ­justement ce qui a séduit Corentin après deux ans de prépa, une fois arrivé à Arts et Métiers. "Les cours étaient orientés vers les cas concrets, ce qui m'a beaucoup plu. Il n'y avait quasiment pas de cours en amphithéâtre, surtout des TP, des projets et des mises en pratique", se réjouit le jeune professionnel.

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Pour compléter leur formation et se préparer au monde du travail, les futurs ingénieurs doivent également effectuer plusieurs stages en entreprise, qui comptent pour la validation du diplôme. Ils doivent notamment effectuer un stage opérateur dit "ouvrier", qui dure un mois. C'est l'occasion pour les élèves sortis de prépa ou du lycée de se confronter au milieu professionnel, en débutant souvent tout en bas de l'échelle.


Les étudiants d'Agro ParisTech effectuent plusieurs mois de stages dans des entreprises ou des exploitations agricoles. Cela leur permet de se confronter au monde professionnel. // © Laurent Hazgui/Divergence pour l'Etudiant

Olivier, diplômé de l'université de technologie de Troyes (10), en garde un souvenir particulièrement fort : "Quand on voit le travail à la chaîne, cela relativise pas mal de choses. Pour ma part, j'étais à la laverie de l'hôpital de Nantes, où j'ai été très bien accueilli par l'équipe. J'étais du côté du linge lavé et je travaillais sur les machines pour repasser et plier les tissus. Quand je les prenais après le repassage, ça me brûlait les mains. C'est important de savoir que certains subissent ça au quotidien. C'était une expérience très marquante", se souvient-il. 

En moyenne, sur leurs trois ans de cycle ingénieur, les élèves ingénieurs passent 39 semaines en stage, d'après la CDEFI (Conférence des directeurs d'écoles françaises d'ingénieurs).

Des expériences à l'étranger

Autre moment fort de la formation d'ingénieur : le séjour à l'étranger. Quasiment toutes les écoles le proposent et la plupart l'imposent, que ce soit sous la forme d'échange académique, de stage ou de double diplôme.

Côté langues, l'anglais est obligatoire et un niveau B2 est souvent exigé. Une LV2 est parfois également obligatoire. C'est le cas à l'EEIGM (École européenne d'ingénieurs en génie des matériaux), à Nancy (57), qui va même plus loin, en imposant l'anglais, l'allemand et l'espagnol à tous ses étudiants. "Les industriels nous répètent que parler d'autres langues et connaître d'autres cultures sont des éléments essentiels. C'est important pour un jeune ingénieur, alors que le travail s'effectue de plus en plus en réseau avec d'autres pays, de s'habituer à d'autres systèmes, d'être mobile et de passer d'un projet à l'autre. C'est ce qu'il devra faire une fois sur le marché du travail", souligne Brigitte Jamart, la directrice de l'établissement.


L'ECPM, école d'ingénieurs en chimie située sur le campus de Cronenbourg à Strasbourg, impose un stage obligatoire de trois mois minimum à l'étranger. // © Mathieu Cugnot / Divergence pour l'Etudiant

Des expériences hors de France qui donnent des idées à certains. D'après l'enquête insertion de la Conférence des grandes écoles, 10 % des jeunes ingénieurs partent travailler à l'étranger à l'issue de leur diplôme. Parmi eux, plus de la moitié reste en Europe, dans un pays proche de l'Hexagone (dont 13 % au Royaume-Uni et 10 % en Suisse). Les États-Unis n'attirent, quant à eux, que 6 % des ingénieurs français fraîchement diplômés, mais avec des salaires bien supérieurs.

Associations et rencontres

Une école, c'est aussi une vie associative dense ! Pour Sylvain, qui est venu à Grenoble (38) pour intégrer Phelma, c'était surtout l'occasion de voir de nouvelles têtes. "J'avais toujours vécu près de chez mes parents en région parisienne, donc après deux ans de prépa, j'ai bien profité de la vie étudiante. J'ai découvert une nouvelle vie, dans une nouvelle ville. Grâce aux soirées organisées par le bureau des élèves et le bureau des arts, j'ai pu très facilement m'intégrer à ma promo et rencontrer d'autres étudiants", se rappelle Sylvain, désormais en poste dans une filiale d'Airbus.

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Même expérience pour Claire, sortie en 2014 de Télécom SudParis, qui s'est investie à fond dans des associations : l'organisation du forum des télécommunications de l'école, mais aussi les relations entreprises du bureau des arts. "J'ai appris à mener des projets de A à Z, à encadrer d'autres personnes, à négocier des partenariats avec des entreprises, à préparer des plaquettes de présentation. Ce sont des expériences que j'ai ensuite valorisées sur mon CV. Cela m'a aussi fait grandir et gagner en maturité, tout en m'aidant à créer un réseau", explique l'ingénieure. Qui conseille cependant de ne pas délaisser les cours pour autant. "C'est une erreur que j'ai faite en première année, je n'ai pas travaillé autant que j'aurais dû. Il faut garder un équilibre et ne pas lâcher la partie scolaire", affirme-t-elle.

Un quasi-plein-emploi

Quelle que soit l'école choisie, une chose est sûre : on trouve du travail à l'issue d'une école d'ingénieurs. Pour l'ensemble de ces écoles, neuf diplômés sur dix ont trouvé un emploi dans les six mois suivant la fin de leurs études, dont deux tiers avant même l'obtention de leur diplôme, le tout avec un salaire brut annuel moyen de 37.500 € (avec primes). Parmi eux, 80 % obtiennent un CDI (contrat à durée indéterminée). 

"On observe un quasi-plein-­emploi. Il existe un véritable déficit d'ingénieurs en France, il en manque 15.000 par an sur le marché. La grande majorité de nos étudiants sont donc recrutés avant la fin de leur cursus", estime Olivier Paillet, directeur de l'ESEO, à Angers (49).


90 % des diplômés d'une école d'ingénieurs sont assurés de trouver un emploi à l'issue de leur formation. Ici, l'école d'ingénieurs Phelma, membre du groupe Grenoble INP. // © Pablo Chignard pour l'Etudiant

Un constat également fait par Jean-Philippe Étienne, directeur du développement et des relations entreprises de l'ESTP, école spécialisée dans le bâtiment et les travaux publics. "La moitié des stages de fin d'études débouchent sur un CDI. Nous recevons beaucoup d'offres, car il y a beaucoup de demandes en ingénieurs de la part des entreprises, de façon générale, et particulièrement dans le BTP", assure-t-il.

Et même lorsque le stage de fin d'études ne donne pas de suite, les jeunes ingénieurs sont loin d'être perdus. "L'entreprise de mon stage n'embauchait pas, mais j'ai regardé des offres en gestion des risques et j'ai trouvé rapidement : j'ai signé mon CDI le lendemain de la fin de mon stage. Aujourd'hui, je travaille à la Société générale depuis un an, où je conduis des projets digitaux", raconte Corentin, diplômé de l'ENSAM (École nationale supérieure des arts et métiers).

Il ne vous reste donc plus qu'à tenter votre chance, parmi les 201 écoles d'ingénieurs réparties dans toute la France, et à trouver celle qui correspond à vos envies et votre projet.

Pourquoi pas en alternance ?

L’alternance séduit de plus en plus les futurs ingénieurs : ils sont désormais 15 % à choisir cette voie, soit deux fois plus qu’il y a dix ans. Les avantages : l’élève acquiert une expérience professionnelle, il touche un salaire de l’entreprise qui l’emploie, et celle-ci lui finance ses études.

Aleksandar a choisi l’apprentissage une fois entré à SupOptique, dont il est sorti en 2012. Et il ne regrette pas du tout son choix. 
"C’est un parcours que je recommande, car le fait d’appliquer en entreprise ce que l’on apprend en cours change tout. Je voyais concrètement à quoi cela servait, d’un point de vue professionnel, et j’ai trouvé cette façon de fonctionner et ce rythme entre école et entreprise très épanouissants", raconte-t-il. Une alternance entre SupOptique et le groupe Safran qui lui a réussi, puisqu’il a été embauché au lendemain de la fin de son contrat d’apprentissage.

Si vous voulez comparer avec le palmarès général 2018  :
Palmarès général 2018 des écoles d'ingénieurs

Si vous voulez comparer avec le palmarès 2018 par critère :
- Palmarès 2018 des écoles d'ingénieurs, selon le critère de l'excellence académique
Palmarès 2018 des écoles d'ingénieurs, selon le critère de l'ouverture internationale
Palmarès 2018 des écoles d'ingénieurs, selon le critère de la proximité avec les entreprises
Palmarès 2018 des écoles d'ingénieurs, selon le critère de l'ouverture aux nouveaux publics

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Palmarès général 2017 des écoles d'ingénieurs