1. Quelles formations pour travailler dans l'animation et les jeux vidéo ?
Décryptage

Quelles formations pour travailler dans l'animation et les jeux vidéo ?

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Des écoles comme les Gobelins, à Paris, sont reconnues dans le monde entier. // © Éric Garault pour L'Étudiant
Des écoles comme les Gobelins, à Paris, sont reconnues dans le monde entier. // © Éric Garault pour L'Étudiant

Les écoles françaises d’animation et de jeux vidéo sont renommées. Le profil généraliste et la culture artistique de leurs diplômés sont appréciés des recruteurs, du Royaume-Uni à l’Amérique.

De Montpellier à Hollywood, la marche était haute. Pourtant, en 2016, des étudiants de l'ESMA (École supérieure des métiers artistiques), à Montpellier (34), ont eu la surprise de voir leurs films de fin d'études The short story of a fox and a mouse et Catch it, sélectionnés dans la catégorie additionnelle des Oscar Nominated Short Films, un événement spécialisé dans les courts-métrages et régi par l'Académie des oscars. Cette distinction a permis aux deux courts-métrages d'être diffusés dans plus de 400 salles de cinéma aux États-Unis. Preuve que les Français ont bien une carte à jouer dans l'animation et les jeux vidéo, aux côtés des États-Unis et du Japon.

D'autant que le secteur de l'animation en France se porte bien. La dernière étude du Centre national du cinéma et de l'image animée, publiée en 2016, souligne que, l'an passé, 38 films français d'animation ont été exploités dans les salles étrangères et ont atteint un record de 21,2 millions d'entrées. Même état des lieux pour l'industrie française du jeu vidéo, en forte croissance depuis 2014 (+ 10 % de chiffre d'affaires par an), selon le dernier baromètre du SNJV (Syndicat national du jeu vidéo).

Les Gobelins, école de haut niveau

“Nous avons les meilleures formations du monde”, affirme Jacques Bled, cofondateur du studio Illumination Mac Guff. La France s'est dotée très tôt d'écoles de haut niveau.

Quelles sont les préférées des pros ? Notre banc d'essai des formations en animation

La doyenne, les Gobelins, créée par la CCI (chambre de commerce et d'industrie) de Paris, a ouvert sa filière cinéma d'animation en 1975 pour répondre à la demande des studios de création français. Kristof Serrand, aujourd'hui directeur de l'animation chez DreamWorks, en Californie (États-Unis), et diplômé des Gobelins, se souvient : “Pendant longtemps, c'était la seule école. À la fin des années 80, après avoir commencé ma carrière à la Gaumont, j'ai embauché la moitié de ma promotion chez Amblimation, le studio de Steven Spielberg à Londres !”

Les Gobelins proposent une formation de concepteur et réalisateur en quatre ans, accessible après le bac pour les moins de 25 ans. Pour Caroline Souris, cofondatrice de la société de production TeamTO, la valeur ajoutée de l'école réside dans sa spécialisation en cinéma d'animation, alors que “les autres écoles sont plus généralistes”.

La belle notoriété de Rubika

Autre école qui bénéficie d'une forte notoriété : Supinfocom-Rubika. Cet établissement est né en 2013 de la fusion de Supinfocom, une école d'animation fondée en 1988 par la CCI du Grand-Hainaut à Valenciennes (59), et de Supinfogame, une école du jeu vidéo créée en 2001. Rubika se taille une belle réputation grâce aux prix gagnés par ses étudiants lors de festivals internationaux et à ses liens étroits avec les entreprises du secteur.

L'établissement privilégie la réalisation de dessins animés en 3D. Il propose un ­cursus en cinq ans, accessible après le baccalauréat, et a récemment ouvert deux campus, au Canada et en Inde.

Des établissements appréciés des recruteurs

D'autres établissements sont prisés des recruteurs, comme l'EMCA (École des métiers du cinéma d'animation), créée par la CCI d'Angoulême (16), au sein du pôle Magelis de la ville, et appréciée pour la créativité de ses diplômés.

On peut également citer l'ESMA (École supérieure des métiers artistiques), à Montpellier, spécia­lisée dans la 3D ; MOPA Arles (13), anciennement Supinfocom Arles ; La Poudrière, à Valence (26), école de réalisateurs de films d'animation aux petites promotions ; ArtFx à Montpellier ou encore l'école Émile-Cohl, à Lyon (69).

Quelles perspectives à l'étranger ?

Les Français ont la réputation de “savoir tout faire”. Un côté “couteau suisse” très apprécié !

Évidemment, il faut provoquer sa chance, car les Américains ne les attendent pas. “Il est possible de faire des stages aux États-Unis, mais peu de Français peuvent s'y installer, car l'obtention de visa de séjour est complexe”, avertit Kristof Serrand. Les jeunes diplômés débutent plus souvent à Londres. “Si un jeune a son nom au générique d'une grosse production britannique, il pourra plus facilement avoir un visa pour les États-Unis”, confirme-t-il.

Mais si les expériences internationales sont un passage obligé (anglais courant exigé), le retour en France peut être une bonne option. Pour rencontrer les créateurs des films Moi, moche et méchant ou Les Minions, nul besoin de traverser l'Atlantique. Le studio Illumination est installé à Paris.

Comment choisir son école de jeux vidéo ?

En France, environ 70 écoles proposent une formation en jeux vidéo. Deux établissements, l'ENJMIN (École nationale du jeu et des médias interactifs numériques, publique), à Angoulême, et Créajeux, à Nîmes (30), sont labellisés par le SNJV. Rubika est également cotée. “Les jeunes qui en sortent sont directement opérationnels en game design, gestion de projet et graphisme”, souligne Emmanuel Forsans, directeur général de l'Agence française pour le jeu vidéo.

Autres écoles réputées : ISART Digital, qui dispense une formation en apprentissage ; l'école des Gobelins et son mastère spécialisé ; l'IIM (Institut de l'Internet et du multimédia), plus tourné vers le management et la production ; LISAA. L'université Lumière, à Lyon, forme aussi aux jeux vidéo (Gamagora).

Consultez notre banc d'essai des écoles de jeux vidéo : il compare 42 formations et met en avant les établissements préférés des professionnels.

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