1. Alternance
  2. Métiers du luxe : LVMH forme 300 apprentis grâce à son Institut des métiers d'excellence
Reportage

Métiers du luxe : LVMH forme 300 apprentis grâce à son Institut des métiers d'excellence

Envoyer cet article à un ami
Anaïs, après avoir été professeure des écoles, prépare son CAP maroquinerie en apprentissage chez Louis Vuitton // © Etienne Gless
Anaïs, après avoir été professeure des écoles, prépare son CAP maroquinerie en apprentissage chez Louis Vuitton // © Etienne Gless

Malletier, souliers, bijouterie-joaillerie, horlogerie et même boulanger ou traiteur... L'Institut des métiers d'excellence, créé par le groupe de luxe LVMH, prépare à 21 métiers et propose 28 formations en alternance en France, mais aussi en Italie, Suisse et Espagne. L'Etudiant a rencontré sa directrice, Florence Rambaud, et Anaïs Monge, qui prépare son apprentissage chez Louis Vuitton.

C'est l'histoire de la réorientation en début carrière d'une jeune diplômée. "Après le concours de professeur des écoles, je me suis retrouvée face à des enfants très jeunes. Je ne m'y retrouvais pas. J'ai eu envie de retourner à ma passion première : l'artisanat de la mode", confie Anaïs, 33 ans, qui se forme en alternance depuis juillet 2019 au métier de maroquinière-malletière chez Louis Vuitton à Asnières-sur-Seine (92). Elle étudie au sein même de l'atelier historique de la célèbre maison, propriété du groupe LVMH, également propriétaire de Berluti, Christian Dior couture, Bulgari, Guerlain ou encore Sephora.

De la salle de classe au sac Vuitton

"Je prépare en un an le CAP Maroquinerie. J'alterne cinq semaines en entreprise chez Louis Vuitton avec deux semaines de formation chez les Compagnons du Devoir, à la maison de Pantin", explique la jeune femme. Après un bac littéraire obtenu en 2006 et quelques expériences professionnelles comme assistante chez un plumassier ou dans une maison de couture, Anaïs enchaîne d'abord les petits boulots au sein de l'éducation nationale pour payer les factures : "J'ai été surveillante en collège et lycée et j'ai fait valider mes acquis pour pouvoir reprendre des études et suivre une licence en sciences de l'éducation à l'université Paris 8". Le choix de la raison, mais pas celui du cœur… Anaïs a le courage de se reconvertir et frappe à la porte de l'Institut des métiers d'excellence (IME) créé par le géant du luxe.

Lire aussi : Comment je suis devenu artisan maroquinier chez Hermès

Un institut maison pour se former à 21 métiers de la mode et du luxe

Vêtement tailleur, maroquinerie, malletier, souliers homme et femme, bijouterie-joaillerie… L'Institut des métiers d'excellence créé par LVMH en 2014 a déjà formé quelques 800 alternants à 21 métiers de l'artisanat de la mode. La promotion 2019–2020 en accueille pas moins de 300 ! "Ce programme de formation professionnelle a été créé pour permettre au groupe d'assurer la transmission de ses savoir-faire dans les métiers de l'artisanat, de la création et de la vente auprès des jeunes générations", explique Florence Rambaud sa directrice.

"Nous proposons des formations certifiantes ou diplômantes du CAP au master 2. Nous nous associons à des écoles pour monter des classes dédiées. L'IME a ainsi signé des partenariats avec des écoles renommées dans leurs disciplines respectives". L'établissement travaille par exemple avec l'Institut français de la mode (IFM) pour préparer les CAP "Métiers de la mode vêtement flou" et "Vêtement tailleur" ; avec la Haute école de joaillerie pour le CAP "Arts et techniques de la bijouterie joaillerie-sertissage polissage" ; avec l'École supérieure d'arts appliqués Duperré Paris associée à l'université Sorbonne Nouvelle pour préparer le master "Design, mode et industries créatives".

Lire aussi : Émilie, maroquinière chez Serge Amoruso : “Le plaisir de travailler des matières rares”

Des critères de sélection très exigeants

"Concrètement, quand un jeune a été pré-sélectionné par une école, il passe une batterie de tests chez nous mais il n'a pas à chercher la maison d'accueil pour y effectuer son alternance", précise Florence Rambaud. "Nous recherchons des candidats extrêmement motivés car ces métiers exigent d'être passionnés". Chez Louis Vuitton, son employeur, Anaïs a ainsi rencontré les responsables des ressources humaines pour une série de tests psychotechniques et des épreuves pratiques pour mesurer son habileté avec des morceaux de cuir. "J'ai eu aussi un entretien très classique de motivation. J'ai mis en avant ma passion, mon envie viscérale d'être dans ce métier. Deux jours plus tard, les résultats étaient positifs et je signais mon contrat de professionnalisation !", se remémore Anaïs.

Dans les semaines à venir la jeune professionnelle suivra des "masterclass", un dispositif spécifique à l'IME : visites d'expositions, échanges avec experts, créateurs et artisans du groupe, visites d'ateliers et de magasins, voyages d'étude. En juin, Anaïs passera les examens pour l'obtention de son CAP. Son contrat en alternance prendra fin en juillet. Mais la jeune femme n'est pas inquiète pour son insertion professionnelle. "L'Institut des métiers d'excellence nous ouvre des portes dans tout le groupe". Dans la promotion précédente, 61% des diplômés ont trouvé un poste au sein d'une des 35 maisons du groupe LVMH ou auprès des entreprises qui travaillent avec elles : un vrai luxe !

Lire aussi : Le témoignage d'Anaïs, "petite main" en apprentissage chez Dior Couture