Coût de la rentrée : 320 euros de frais illégaux toujours à la charge des étudiants infirmiers

Par Pauline Bluteau, publié le 27 Août 2021
5 min

INFOGRAPHIE. Malgré une légère diminution par rapport à 2020, le coût de la rentrée pour les étudiants en soins infirmiers reste plus élevé que la moyenne. La faute aux 320,53 euros de frais complémentaires, des frais illégaux mais toujours pratiqués par la majorité des instituts de formation.

Comme chaque année, la FNESI (Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers) publie son coût de la rentrée. Entre les frais de scolarité, le matériel pédagogique, le logement, les assurances, les repas, les transports, les frais de santé et les frais spécifiques aux étudiants infirmiers, la facture grimpe rapidement.

En moyenne, un étudiant non-boursier, ne vivant plus chez ses parents et entrant en première année en IFSI (institut de formation en soins infirmiers) déboursera 2.508,22 euros à la rentrée 2021. Une baisse minime, d’environ 10 euros par rapport à 2020, qui n’est pas suffisante pour s’aligner sur le coût de la rentrée des autres étudiants entrant à l’université.

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Coût de la rentrée - Etudiants infirmiers

En effet, d’autres frais viennent s’ajouter pour les étudiants en soins infirmiers. Que ce soit l’achat des tenues (80,65 euros), des chaussures (49,95 euros), des livres (107 euros) mais aussi les frais pédagogiques (48 euros) et la consultation médicale (34,93 euros), tout est à la charge des étudiants. Soit un total de 320,53 euros, contre 379,41 euros en 2020. Une "petite victoire" pour la FNESI qui note tout de même que ces frais représentent 13% des dépenses totales pour la rentrée.

Sans compter qu’en plus d’apparaitre comme obligatoires pour suivre cette formation, ils restent illégaux. "On voit qu’il y a un début d’application des textes de loi mais cela reste insuffisant, rétorque Thomas Hostettler, secrétaire général à la FNESI. Avant, les établissements intégraient ces frais aux frais d’inscription, maintenant, ils l’annoncent aux étudiants à la rentrée… Ils arrivent à contourner les choses et c’est encore pire. Il faut que ce soit réglementé par un décret."

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L’association étudiante relève également des inégalités vis-à-vis des étudiants en soins infirmiers. À commencer par les tenues professionnelles dont l’entretien est aussi à la charge des futurs soignants. "Ce n’est pas très hygiénique, le Covid n’est pas terminé et on ramène des microbes chez nous, c’est risqué, analyse l’étudiant. D’autant que cela ne fonctionne pas de cette manière pour les autres étudiants en santé."

Parfois, les disparités sont aussi visibles entre les élèves infirmiers eux-mêmes. À la rentrée, chaque étudiant passe une visite médicale. L’enquête relève que le prix de la consultation peut varier de 20 à 80 euros selon les villes. "On n’est pas contre cette visite mais elle est spécifique donc pas soumise à une tarification et non remboursable par la Sécurité sociale." Cependant, à Strasbourg et à Rennes, les universités sont parvenues à rendre la consultation gratuite en passant le service santé universitaire.

"On ne demande pas la lune, on se demande juste quel sera l’avenir de notre formation : on a toujours les mêmes revendications et rien ne bouge", plaide Thomas Hostettler. Bien que rattachés à une université, les étudiants en soins infirmiers restent encore lésés, que ce soit pour l’accès aux restaurants universitaires, aux bourses sur critères sociaux ou pour la prise en charge des frais de transport lors des stages. "Aujourd’hui, les étudiants sont contraints d’avancer l’argent car les remboursements se font plusieurs mois après, c’est une vraie difficulté." Outre la suppression définitive des frais illégaux et le respect de la législation, la FNESI espère aussi que "le processus d’intégration universitaire soit finalisé avec entre autres la création de département en sciences infirmières dans toutes les universités pour septembre 2022". Une mesure qui pourrait bien soulager le porte-monnaie des étudiants infirmiers.

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