Le PASS, entre idées reçues et réalité

Par Pauline Bluteau, publié le 12 Mars 2021
7 min

Le parcours spécifique accès santé (PASS) remplace depuis quelques mois la PACES. Cours, organisation, profils des étudiants, qualités requises… Interview croisée entre une étudiante et un enseignant pour faire le point sur ce qui se cache vraiment derrière cette formation.

Avec la L.AS (licence avec option "accès santé"), le PASS fait partie des deux nouvelles voies d’accès aux études de santé MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kiné). Pour en savoir un peu plus sur cette formation, l’Etudiant a interrogé Kateline, étudiante en PASS à l’université de Brest (29) et Vincent Deramecourt, assesseur PASS/L.AS à la fac de médecine de l’université de Lille (59). Du cliché des études de santé à la réalité… il n’y a parfois qu’un pas.

Vincent Deramecourt, assesseur PASS/L.AS à la fac de médecine de l’université de Lille face à Kateline, étudiante en PASS à l’université de Brest.
Vincent Deramecourt, assesseur PASS/L.AS à la fac de médecine de l’université de Lille face à Kateline, étudiante en PASS à l’université de Brest. // © Photos fournies par les témoins

Est-ce que le PASS reste une année particulièrement difficile et éprouvante ?

Vincent Deramecourt – Oui, c’est une année très difficile et exigeante notamment en termes d’enseignements fondamentaux pour la santé. Ajoutez à cela une charge de travail supplémentaire pour la mineure qui n’est pas négligeable. Il faut avoir des réserves !

KatelineMentalement, c’est une année très éprouvante : le programme est conséquent, les questions posées aux examens sont très précises donc on doit connaitre nos chapitres en détail. Selon la mineure choisie, la charge de travail peut être plus importante, c’est une difficulté supplémentaire.

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Faut-il avoir un profil purement scientifique pour entrer en PASS ?

Vincent Deramecourt – Le PASS laisse peu de place à la diversification des profils, à mon sens, car 80% du programme reste scientifique. On prend les meilleurs élèves, ceux qui jusqu’à présent obtenaient un bac S mention très bien.

Kateline – En PASS, on revoit des notions qu’on a étudiées en S au lycée, on ne découvre rien. Donc je pense qu’un profil scientifique est moins perdu, il a déjà des bases, cela facilite l’apprentissage.

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Quelles sont les qualités requises pour réussir son PASS ?

Vincent DeramecourtL’organisation, l’autonomie et la motivation. C’est une année très longue, un marathon, il faut prendre le rythme dès le début de l’année et bien respecter son planning de révision. Il faut aussi être méthodique pour la prise de notes par exemple.

Kateline Le plus important, c’est d’être très motivé, être passionné par les sciences et savoir pourquoi on est là. Avoir un objectif nous permet de tenir s’il y a des coups de mou (et il y en aura). Il faut aussi être patient… Lorsque l’on s’entraine, on peut avoir des 3/30 aux QCM mais il faut comprendre que c’est en lisant et relisant nos cours qu’on s’améliore.

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La compétition entre les étudiants est-elle omniprésente ?

Vincent Deramecourt – Je pense même qu’elle s’est encore accentuée car les étudiants sont très bons. À Lille, en PASS, il y a 24% de réussite, c'est une année qui reste donc sélective et où il y a de la compétition même si les tutorats essaient d’y remédier.

Kateline À mon sens, le maître-mot cette année est plutôt "l’entraide". C’est peut-être dû au contexte mais en distanciel, je ne ressens pas ce sentiment de compétition, au contraire.

Les étudiants en PASS s’orientent-ils forcément vers médecine ?

Vincent Deramecourt – C’est en tout cas la filière reine et aussi la plus sélective. Mais ce qui a changé avec le PASS, c’est qu’on aide davantage les étudiants à s’orienter. On fait venir des professionnels pour qu’ils puissent découvrir différents métiers et secteurs d’activité.

Kateline Je pense que c’est un cliché de penser que les étudiants en PASS s’orientent forcément vers médecine. Il ne faut pas oublier les autres filières. On peut aussi changer d’avis en cours d’année. Le plus important c’est d’arriver à se projeter dans une voie.

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Quelles sont les disciplines les plus difficiles en PASS ?

Vincent Deramecourt – Toutes les matières peuvent paraitre difficiles. Certaines demandent plus de "par cœur" comme l’anatomie ou l’histologie, d’autres comme la chimie ou la physique, plus de réflexion. Tout dépend de l’étudiant.

Kateline Toutes les matières ont leur degré de difficulté, ça dépend des chapitres, des goûts et des capacités de chacun. Par exemple, la biophysique, c’est difficile parce que c’est une autre façon de penser. Les biostatistiques, je pensais que ce serait facile mais en fait c’est plus dur qu’au lycée. Et en anatomie, il faut tout visualiser donc c’est encore une autre façon d’apprendre. On a aussi des sciences sociales et humaines : on a tendance à le négliger alors que ça compte beaucoup.

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Est-ce qu’il y a des choses auxquels les étudiants ne sont pas préparés avant d’arriver en PASS ?

Vincent DeramecourtLe choc de l’amphithéâtre. Il y a beaucoup d’élèves et le rythme est très intense : il faut aller vite et être efficace. En général, il y a assez peu d’heures de cours (15–20 heures) mais beaucoup de révisions en perspective. Il faut s’y faire dès la rentrée.

Kateline – À l’université, on n’a pas de devoirs comme au lycée mais on ne peut plus apprendre au dernier moment. Dès le premier jour il faut réviser, s’organiser et savoir travailler seul, être autonome.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs étudiants en PASS ?

Vincent Deramecourt – Il ne faut pas perdre de vue son objectif initial et être bien armé car c’est une année indispensable pour se préparer à l’avenir.

Kateline – En amont, je conseille de multiplier les vœux sur Parcoursup, même si on a un bon dossier. Bien s’informer sur les formations et les différences entre PASS et L.AS via les réseaux sociaux, les portes ouvertes, les représentants étudiants… Il faut poser des questions.

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