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Décryptage

Bilan de Parcoursup 2019 : moins d'attente, "moins d'angoisse"

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Au 9 juillet 2019, 663.486 candidats avaient reçu au moins une proposition sur Parcoursup et 38.015 avaient quitté la plate-forme sans rien. // © Fotolia
Au 9 juillet 2019, 663.486 candidats avaient reçu au moins une proposition sur Parcoursup et 38.015 avaient quitté la plate-forme sans rien. // © Fotolia

Après une première année test, la plateforme d'admission dans l'enseignement supérieur Parcoursup a connu plusieurs changements. Des bacheliers et des responsables de formation dressent un premier bilan de l'an II.

Plus fluide dans l'ensemble : tel pourrait être, en quelques mots, le premier bilan de Parcoursup, acte 2. Au 9 juillet 2019, selon le ministère de l'Enseignement supérieur, sur un total de 788.839 candidats, 663.486 avaient reçu au moins une proposition et 38.015 avaient quitté la plate-forme sans rien. 87.338 candidats, soit 11 %, restaient donc sans proposition. C'est moins qu'en 2018 où, à la même date, ils étaient encore 137.135 en rade (16,9 %).

C'est le cas de Kilian, qui attend une place en BTS (brevet de technicien supérieur) commerce international. "Depuis fin juin, cela ne bouge pas", constate-t-il. Il s'est donc résolu, en phase complémentaire, à formuler de nouveaux vœux en fac, où il ne voulait pas aller. Sans perdre espoir d'obtenir la formation désirée.

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Mélanie, elle, fait partie des chanceux pour qui "cela s'est super bien passé" : elle a décroché quasi tout de suite une place dans le BTS économie sociale et familiale de son choix. Rien à voir avec les expériences difficiles des camarades plus âgés : "L'an dernier, un ami a été appelé dans une formation une semaine après la rentrée."

Un calendrier resserré, des candidats moins stressés

Plusieurs modifications ont été introduites en 2019 pour rendre Parcoursup plus efficace : répondeur automatique, accompagnement renforcé avec les points d'étape, création d'une carte interactive des formations… Mais c'est bien le calendrier resserré qui est cité comme premier facteur d'amélioration. "Cela a permis de désengorger la plate-forme", observe Guillaume Gellé, président de la commission formation à la Conférence des présidents d'université. "L'an dernier, la période d'évolution des vœux et d'attente des réponses était très longue, ce qui générait beaucoup de stress. Cette année, ils attendent encore, mais moins longtemps", analyse Bruno Bobkiewicz, secrétaire national du SNPDEN (syndicat des personnels de direction).

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Le rang du dernier appelé 2018 : un indicateur

L'expérience 2018 a également servi aux établissements. À l'université de Lille, "avec le recul, on a pu appeler au-delà de nos capacités, de manière prudente, en tenant compte du rang du dernier appelé l'an passé", détaille Lynne Franjié, vice-présidente chargée de la formation. Ainsi, "les candidats ont pu valider leurs choix plus vite et libérer des places, cela réduit l'angoisse".

Cette information fait en effet partie des nouveautés pour 2019. "Cela a contribué à fluidifier le processus, en donnant un peu plus de visibilité : les candidats peuvent se rassurer ou au contraire, réaliser plus vite que c'est fichu", estime Bruno Bobkiewicz.

Cela n'a pas tellement aidé Emmie, avec sa 750e place sur liste d'attente dans la prépa agro-vétérinaire qu'elle convoitait, à Rennes. "Je me suis dit que cela serait compliqué, mais comme les statistiques ne portent que sur un an, on ne sait pas vraiment ce que cela vaut. Au début, on gagne beaucoup de places. Sur la liste d'appel, je suis devant le dernier candidat pris l'an dernier." Désormais 42e, elle a décidé de s'inscrire dans une autre des prépas où elle a été acceptée, en région parisienne, mais elle "regarde encore tous les jours".

"Parfois on gagne des places, parfois non"

"C'est ce qui est stressant, c'est d'aller voir chaque jour où on en est : parfois on gagne des places, parfois non", témoigne Lina. En terminale STMG, elle a été refusée en IUT (institut universitaire de technologie) et placée sur liste d'attente pour trois BTS informatique. Elle a fini par décrocher celui de Lannion, son deuxième choix après Saint-Brieuc, où elle habite. Elle s'est résolue à accepter, en espérant une place de dernière minute à Saint-Brieuc, où elle est passée de 78e à 6e sur liste d'attente. "Cela a bougé un peu au premier point d'étape mais depuis, je stagne."

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"Parcoursup est une avancée et s'améliore en continu", analyse le chercheur Even Loarer, le directeur de l'Inetop (Institut national d'étude du travail et d'orientation professionnelle). Reste, selon lui, deux principaux points problématiques : le "manque d'accompagnement à l'orientation" et "l'opacité des décisions : on ne sait pas comment fonctionnent les commissions d'examen des vœux."

Du bug et du flou

Lina, par exemple, peine à comprendre : "Une amie de ma classe a été acceptée directement en BTS à Saint-Brieuc et en DUT. Pourtant, nos dossiers ne sont pas si différents". "On a beaucoup d'informations au moment de formuler nos vœux. Ensuite, on ne sait pas comment cela se passe, c'est flou", déplore également Côme, victime du bug des premiers jours, où des milliers de candidats avaient été admis par erreur. Il avait été accepté pour un diplôme des métiers d'art à Lyon, son premier souhait, avant d'être relégué sur liste d'attente. Une "fausse joie" pour le bachelier S, qui a regagné des places petit à petit. Il est désormais premier sur la liste, toujours en attente, entre l'espoir et le stress.