1. Gabriel Attal : "Les jeunes doivent être les acteurs de la société"
Interview

Gabriel Attal : "Les jeunes doivent être les acteurs de la société"

Envoyer cet article à un ami
Gabriel Attal a fait de l'engagement de la jeunesse son cheval de bataille. // © Ministère de l'Éducation nationale
Gabriel Attal a fait de l'engagement de la jeunesse son cheval de bataille. // © Ministère de l'Éducation nationale

VIDÉO. D’après le secrétaire d’État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, les revendications des jeunes et leur volonté d’engagement ne sont pas assez prises en compte dans la société. Par le biais du service national universel, du service civique ou des associations, Gabriel Attal espère faire entendre leurs voix.

"Mon rôle, c’est d’agir pour la vie des jeunes, de faire en sorte qu’ils vivent mieux demain. C’est d'entendre leurs revendications et leurs préoccupations." Le bien-être de la jeunesse est une cause à laquelle le secrétaire d’État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal, est particulièrement attaché. Un sujet qui fait d’ailleurs écho à l’actualité.

Vendredi 8 novembre, un étudiant de l’université Lyon 2 s’est immolé par le feu pour dénoncer ses conditions de vie précaires. Rapidement, les associations étudiantes sont montées au créneau, alertant le gouvernement sur l’urgence de la situation. "La précarité étudiante est une réalité sur laquelle on avance, que ce soit au niveau de la sécurité sociale, des bourses ou du logement. Ce sont des mesures qui répondent à une situation d’urgence, elle-même décuplée par ce drame."

La santé physique et psychologique des jeunes sera d’ailleurs son cheval de bataille dans les prochains mois, tout comme l’engagement, sujet sur lequel le secrétaire d’État travaille déjà depuis un an.

Une volonté d'intégrer les jeunes aux débats

En charge de la jeunesse, la vie associative et l’engagement, Gabriel Attal, qui est aussi le plus jeune ministre de la Ve République, n’hésite pas à se positionner en tant que "porte-parole" des jeunes. Tout juste un an après son arrivée au gouvernement, le secrétaire d’État fait le point sur les différentes missions dont il a la charge. "L’heure n’est pas encore au bilan, il faut du temps pour faire changer les choses. Plusieurs actions concrètes ont été menées cette année sur le logement et la culture mais ce qu’il faut souligner aussi, c’est la mobilisation des jeunes."

Présent aux côtés des étudiants lors des grèves pour le climat, le secrétaire d’État estime que les jeunes doivent avoir une place particulière dans la société. "Ils posent un regard sur le monde, ce sont les acteurs de la société, notamment sur les thématiques environnementales. On doit prendre en compte ces enjeux-là et leur donner les leviers nécessaires pour qu’ils soient reconnus à leur juste valeur."

D’autres sujets seront également abordés dans les mois à venir, comme la lutte contre le décrochage scolaire, la réforme des retraites et celle du revenu national universel. Là encore, Gabriel Attal souhaite pleinement intégrer les jeunes aux débats.

Lire aussi : Grand débat : lycéens, vos propositions pour le climat

SNU 2019 : le bilan positif de la phase pilote

Mais le dossier qui occupe le plus le secrétaire d'État, c'est le service national universel, autrement dit, le SNU. Un projet dont il avait été question dès la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, pour remplacer à terme la journée de défense et citoyenneté (JDC). Pendant deux semaines, en juin dernier, 2.000 jeunes de 15 et 16 ans ont participé à cette phase pilote. L’occasion d’apporter une cohésion et un esprit de solidarité.

Gabriel Attal tire un bilan positif de cette première phase. Surpris d’avoir reçu autant de candidatures, il se dit "fier" de voir des jeunes dynamiques, motivés et avec l’envie de réussir.

Lire aussi : Service national universel : "On est passé d'ado à adulte"

L'engagement des jeunes, une priorité

"Il reste quand même certains points à améliorer. L’année prochaine, nous allons faire évoluer le dispositif vers plus de pédagogie active."Exercices de simulation, jeux de rôle, débats en intelligence collective… Une méthode qui permettra une meilleure participation des jeunes pendant les ateliers. Autre point de vigilance : la diversité des volontaires pour éviter une nouvelle surreprésentation des enfants de militaires, comme cela a été le cas lors de la session 2019. La deuxième phase de mission d'intérêt général a déjà commencé pour les volontaires avec un nouvel objectif : découvrir des structures d'accueil en lien avec l'engagement comme les associations ou les corps en uniforme (gendarmerie, pompier…)

Avec le SNU, Gabriel Attal espère désormais encourager les jeunes à effectuer un service civique. "Tout le monde ne connaît pas encore ce dispositif, mais on voit qu’il y a des progrès. Le service civique est devenu un label." Même si la dernière enquête de l’IFOP montre que les volontaires regrettent le manque de reconnaissance des recruteurs… "Cela prend du temps, mais 'le bas' du CV est de plus en plus scruté. Il va d’ailleurs falloir faire attention aux disparités entre les jeunes qui se sont engagés et les autres, il faut donner la chance à tout le monde."

La santé mentale en ligne de mire

Autre priorité pour Gabriel Attal : la santé des jeunes. "C’est une vraie difficulté. Même si on a déjà mis en place des centres de santé dans les universités, il faut poursuivre le travail en matière de santé mentale." Un sujet qui a en partie commencé à être mis en lumière lors de la première phase du SNU.

"Nous ne pensions pas qu’un nombre aussi important de pathologies seraient détectées dans le cadre du SNU, avoue le secrétaire d'État. Au-delà des problèmes de vision et d’audition, la parole s’est libérée à propos de situations beaucoup plus difficiles comme le harcèlement et d’autres sévices qu’ils ont pu subir. Cela nécessite qu’on réinterroge nos politiques de santé en direction des jeunes."