20 métiers pour faire des vaccins... et la guerre au Covid-19

Par Etienne Gless, publié le 05 Avril 2021
8 min

De la recherche à l’injection du vaccin en passant par la production et la livraison, plusieurs métiers sont mobilisés dans la lutte contre le Covid-19. Découvrez et apprenez à distinguer ces professions qui sont sur le pont pour sortir le plus rapidement de l’épidémie. Et trouvez votre vocation !

Sus au virus ! En ce mois d'avril, la campagne de vaccination en France accélère. 10 millions de personnes auront reçu une première dose à la mi-avril. Les lenteurs dans l'organisation ne doivent pas faire oublier que la mise au point d'un vaccin a été extrêmement rapide : une douzaine de mois après la découverte du virus, contre dix ans en moyenne. Un exploit que l'on doit avant tout au travail des chercheurs.

Découverte du virus : les métiers de la biologie et de la recherche

Fin janvier 2020, l'institut Pasteur, en charge de la surveillance des virus respiratoires en France, avait réussi à séquencer intégralement le génome du coronavirus dit Covid-19. C’est le travail du généticien et de ses équipes de séquencer des génomes encore inconnus de microbes, de plantes ou d’animaux pour la recherche fondamentale. Le généticien compare les génomes des personnes saines et malades afin d’identifier les zones de pathologies.

Le virologue (ou virologiste) appartient à la grande famille des microbiologistes qui étudient les micro-organismes (microbes, bactéries, moisissures…). Il s’intéresse en particulier aux caractéristiques du virus, sa structure, comment il se reproduit.

Le travail de limmunologue, ou chercheur en immunologie, consiste quant à lui à décrypter le fonctionnement du système immunitaire. Il cherche à comprendre pourquoi certaines maladies apparaissent, il imagine de nouvelles stratégies pour les vaincre et en particulier le développement de nouveaux vaccins.

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L'épidémiologiste est davantage un spécialiste des données : c’est un acteur clé de la santé publique. Il étudie la manière dont le virus se propage. Grâce à ses analyses statistiques et des outils spécialisés, il suit l’évolution des maladies ou des épidémies et émet des prédictions. Il met en place des procédures pour surveiller l’évolution des pathologies ; il construit des échantillons pour les études sur les populations ; il effectue des simulations de propagation, que ce soit à l’échelle locale, nationale ou internationale. Enfin, il surveille et alerte les services et les autorités sanitaires.

L’infectiologue est un médecin clinicien. Il prend en charge les patients atteints d’infections (bactéries, virus…) et travaille souvent sur les maladies infectieuses émergentes. Il diagnostique, fait procéder à des explorations, décide si un traitement est indiqué ou non et surveille l’efficacité et la tolérance à un traitement.

Le biochimiste étudie les réactions chimiques au sein des êtres vivants. Les travaux de recherche de la biochimiste d’origine hongroise, Katalin Kariko, ont permis la mise au point de la technique de l’ARN messager et de son utilisation pour les vaccins, en particulier les vaccins à l'acide nucléique mis au point pour lutter contre la pandémie de Covid-19 : le Moderna et le Pfizer BioNTech.

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Créer et valider le vaccin : les métiers des essais cliniques

Au stade des essais cliniques, le statisticien en développement clinique (ou bio-statisticien) conçoit des méthodes utilisées dans les études pré-cliniques (sur l'animal de laboratoire ou les cellules humaines in-vitro), les études cliniques (sur l'homme) ou épidémiologiques. Il mouline et analyse les données chiffrées relatives à la biologie pour en extraire les informations utiles, les interpréter, et aider l’équipe de recherche à prendre des décisions.

De son côté, l'attaché de recherche clinique est chargé de mettre en place et suivre les études cliniques d’un projet en garantissant la qualité des données recueillies et le respect de la réglementation. Les essais cliniques pour la mise au point des vaccins contre le Covid-19 respectent trois phases pour garantir sa sécurité une fois commercialisé.

Le coordinateur d'études cliniques est chargé de coordonner et superviser la réalisation des études cliniques dans le respect de la réglementation et des délais.

L'analyste de laboratoire R&D est un technicien qui travaille à la mise au point de nouvelles approches thérapeutiques à destination du patient. Il est spécialisé en biologie, chimie, biochimie, toxicologie, ou encore pharmacologie.

Le technicien de formulation va donner naissance à la formulation du vaccin ou du médicament élaboré par les équipes de recherche.

Le responsable de pharmacovigilance est d'abord un docteur en médecine, en pharmacie ou en biologie. Ses missions : concevoir des mesures pour diminuer les risques d’intolérance et promouvoir le bon usage du vaccin ou du médicament lors des essais cliniques et pendant la phase de commercialisation.

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Avant la mise sur le marché : les métiers de la production, du contrôle et de la logistique

Le technicien de laboratoire de contrôle réalise des analyses pour évaluer la qualité des produits dans le respect de la réglementation et des règles d’hygiène et sécurité.

Au sein des laboratoires pharmaceutiques, le responsable des études épidémiologiques va coordonner les études nécessaires pour élaborer des arguments médicaux et économiques permettant l’accès sur le marché des vaccins en particulier et des produits de santé en général.

Le responsable de l'assurance qualité joue un rôle clé dans les industries de la santé humaine : il garantit la parfaite qualité de la fabrication, veille au respect des normes, de l'hygiène et de la sécurité en phase de fabrication.

Une fois le vaccin autorisé et fabriqué, reste à l'acheminer. C'est le travail du logisticien et cela peut-être un sacré défi : le vaccin de Pfizer et BioNTech contre le Covid-19 exige en effet d'être stocké à –70°C, ce qui impose des infrastructures de stockage et de logistique très particulières pour garantir la chaîne du froid.

Les hôpitaux ont ainsi dû acquérir des "super-congélateurs" pour préserver les fioles. D'ailleurs, une PME près de Lyon, Froilabo, est le dernier fabriquant de ces "super-congélateurs" en France. Depuis la crise sanitaire, l'entreprise a dû tripler ses capacités de production pour répondre à la demande.

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Les professions qui vaccinent : les étudiants en santé sur le pont

Une fois les doses acheminées, il ne reste plus qu'à vacciner la population. De plus en plus de professions sont autorisées à prescrire et/ou administrer les vaccins contre le Covid-19. En plus des médecins, pharmaciens de ville, sages-femmes et infirmiers, les chirurgiens-dentistes, pharmaciens hospitaliers, pharmaciens biologistes, vétérinaires, manipulateurs radio, techniciens de laboratoire et pompiers peuvent désormais procéder à l'injection des vaccins.

Depuis fin mars 2021, de nombreux étudiants en santé sont également autorisés à effectuer les injections. Une véritable armée pour vacciner à tour de bras et vaincre l'épidémie d'ici quelques mois !

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