1. Deux contrats d’alternance possibles : apprentissage ou professionnalisation
Décryptage

Deux contrats d’alternance possibles : apprentissage ou professionnalisation

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En alternance, vous pouvez choisir entre le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation. // © Alex Giraud pour l'Étudiant
En alternance, vous pouvez choisir entre le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation. // © Alex Giraud pour l'Étudiant

Pour être recruté en alternance, il existe deux possibilités. D’un côté, le contrat d'apprentissage, une valeur sûre depuis longtemps. De l’autre, le contrat de professionnalisation, une formule plus récente. Le premier de ces contrats est diplômant, le second a un objectif qualifiant.

Si les deux dispositifs, apprentissage et professionnalisation, affichent des points communs (enseignements gratuits, salaire…), ils ont aussi des différences. Dans les faits, et selon les priorités dégagées par chaque secteur d'activité, vous pourrez pourtant suivre le même type de formation dans les mêmes organismes. De quoi brouiller un peu les règles du jeu et vous inciter à bien vous renseigner avant de rechercher un employeur.

Passez au crible le temps de formation, les conditions d'enseignement, la validation, les garanties d'emploi… Votre objectif doit être d'opter pour une orientation en cohérence avec votre projet personnel (travailler tout de suite ou poursuivre des études, par exemple). Pour vous aider à choisir, nous avons passé en revue les grandes caractéristiques du contrat d'apprentissage et du contrat de professionnalisation

Le contrat d'apprentissage

C'est le plus ancien, le plus utilisé et le plus encadré des contrats en alternance. Ce dispositif, pris en charge par les régions, est en plein développement, notamment dans le supérieur.

Pour qui ?

Sont concernés les jeunes de 15 à 25 ans.

La limite d'âge augmente jusqu'à 30 ans, à titre d'abord expérimental de 2017 à 2019, dans sept régions : Bretagne, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Grand-Est, Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire. Si l'expérience est concluante, elle sera généralisée en 2020 à toute la France.

Deux cas de figure permettent également d'élargir le critère d'âge : si vous préparez un diplôme ou un titre supérieur à celui que vous avez déjà obtenu (jusqu'à 30 ans), ou si votre contrat d'apprentissage a été rompu pour des raisons indépendantes de votre volonté.

Vous pouvez entreprendre un apprentissage sans limite d'âge si vous êtes reconnu travailleur handicapé ou si vous envisagez de créer ou de reprendre une entreprise supposant l'obtention d'un diplôme.

À 15 ans, vous pouvez entrer en apprentissage si vous avez terminé le collège. Dans le cas contraire, vous pouvez bénéficier du dispositif DIMA (dispositif d'initiation aux métiers en alternance), qui permet de commencer une activité professionnelle tout en demeurant sous statut scolaire.

Pour quoi faire ?

Le contrat d'apprentissage est un contrat de travail particulier. Il peut être conclu en CDD (contrat à durée déterminée) ou en CDI (contrat à durée indéterminée). Dans ce dernier cas, si l'embauche est effective, il n'y a pas de période d'essai à l'issue de la phase d'apprentissage.

Quelle formation ?

Il est possible de préparer, dans ce cadre, un diplôme à finalité professionnelle, que ce soit dans le secondaire – CAP (certificat d'aptitude professionnelle), bac pro… – ou dans le supérieur – BTS brevet de technicien supérieur), DUT (diplôme universitaire de technologie), master… –, ou un titre enregistré au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles).

Où se former ?

Vous suivrez une formation pratique dans une entreprise et des enseignements théoriques dans un CFA (centre de formation d'apprentis) ou une section d'apprentissage, en lycée professionnel ou à l'université.

Quelle durée ?

Le contrat de travail est signé pour une période allant de un à trois ans (quatre pour les travailleurs handicapés). Sa durée peut être prolongée, notamment en cas d'échec à l'examen. Elle peut également être écourtée pour tenir compte de votre niveau initial de compétences.

La durée minimale des cours est fixée à quatre cents heures par an. Dans le cas des formations de niveau bac et plus, le temps de présence en CFA est de l'ordre de huit cents heures par an, soit l'équivalent d'un mi-temps.

Par ailleurs, il est possible de signer plusieurs contrats d'affilée. Cette caractéristique vous permet de bâtir un parcours de formation diplômant, tout en acquérant une véritable expérience professionnelle.

Quand ?

Pour une rentrée au 1er septembre, le contrat doit être signé entre le 1er juin et le 1er décembre. Renseignez-vous à l'avance sur le calendrier. Beaucoup de centres de formation organisent des tests de sélection au printemps et refusent d'inscrire un candidat s'il ne les a pas passés.

Qui peut vous recruter ?

Tous les employeurs, y compris les entreprises publiques, peuvent vous embaucher.

Quel suivi ?

La formation, qui se déroule le plus souvent dans un CFA, est soumise au contrôle de l'Éducation nationale et de la Région.

Du côté de l'entreprise, un maître d'apprentissage doit vous encadrer. En liaison avec le CFA, ce tuteur vous permettra d'acquérir certaines connaissances indispensables à l'exercice de votre métier.

Quel salaire ?

Versée par l'employeur, la rémunération est calculée en pourcentage du SMIC. Elle varie de 25 à 78 %, selon l'âge de l'apprenti et l'année d'exécution du contrat. Certaines branches professionnelles appliquent un salaire minimum conventionnel plus favorable. Le secteur du bâtiment, par exemple, rémunère à 40 % du SMIC les élèves de première année ayant moins de 18 ans.

La scolarité est gratuite. Elle est financée par l'employeur et la Région. Une participation financière pour l'achat d'équipements individuels peut néanmoins être exigée.

Le contrat de professionnalisation

Le contrat de professionnalisation doit permettre à chaque secteur d'activité d'assurer des formations en fonction de ses besoins. C'est par conséquent un cadre assez souple, où chaque branche professionnelle détermine ses propres modalités d'application. En l'absence de signature d'un accord spécifique, seules les dispositions dictées par la loi s'appliquent.

Pour qui ?

En théorie, ce dispositif concerne les jeunes, entre 16 et 25 ans, qui ont abandonné l'école, ainsi que les demandeurs d'emploi d'au moins 26 ans et les salariés en CDI dont la qualification n'est pas adaptée. Dans les faits, il peut aussi être proposé à des jeunes déjà diplômés du supérieur, qui poursuivent leurs études.

Pour quoi faire ?

Le contrat de professionnalisation est un contrat de travail particulier. Son premier objectif est l'emploi. Il est signé soit pour une durée précise sous forme de CDD (renouvelable une fois), soit en CDI avec une période de professionnalisation de six à douze mois.

Quelle formation ?

Il s'agit souvent de formations de courte durée, qui sont adaptées aux besoins de recrutement des entreprises. Certaines peuvent déboucher sur un certificat reconnu par la profession, de type CQP (certificat de qualification professionnelle) ou sur un titre répertorié.

Attention, dans ces cas-là, les qualifications et compétences sont difficilement transférables dans d'autres domaines si vous voulez changer de voie. Cependant, lorsqu'une branche d'activité prévoit un prolongement possible de la durée du contrat (à vingt-quatre mois, par exemple), d'autres types de formation, y compris des diplômes d'État, peuvent être envisagés.

Où se former ?

Les branches professionnelles (comme l'hôtellerie, l'informatique, la presse…) deviennent maîtres d'œuvre pour développer des enseignements, en partenariat avec des centres de formation.

Quelle durée ?

La période du contrat de professionnalisation est comprise entre six et douze mois, avec au minimum cent cinquante heures de cours. Ces actions de formation comptent pour 15 % à 25 % de la durée totale du contrat à durée déterminée.

Si la branche professionnelle a signé un accord qui l'envisage, la durée du contrat peut être portée à vingt-quatre mois, avec 25 % du temps consacré à l'enseignement pour préparer, par exemple, un BTS. Sur le papier, la formule doit permettre une personnalisation des parcours, en fonction du niveau du jeune salarié. Elle peut donc se révéler payante en cas d'embauche à l'issue du contrat.

Quand ?

Ce type de contrat peut être conclu à tout moment de l'année.

Qui peut vous recruter ?

Toutes les entreprises (à l'exception des entreprises publiques), y compris les sociétés d'intérim, peuvent vous embaucher.

Quel suivi ?

Du côté de l'entreprise, un tuteur, salarié de l'entreprise, est chargé de guider le jeune pendant toute la durée du contrat. Du côté du centre de formation, il revient aux branches professionnelles de valider les organismes avec lesquels elles travaillent.

Quel salaire ?

La fourchette des rémunérations versées oscille entre 55 % du SMIC, au moins, pour les moins de 21 ans et 85 % au-delà. Le salaire varie également en fonction du type de diplôme déjà obtenu. 

Certaines branches professionnelles prévoient d'ores et déjà une rémunération légèrement supérieure au minimum légal. Le bâtiment et les travaux publics, la poissonnerie et l'automobile proposent ainsi des salaires plus intéressants à leurs apprentis.

La scolarité est gratuite.

ALLÔ SERVICE PUBLIC

Ce service permet de poser des questions et d'obtenir des renseignements juridiques relatifs à l'application de votre contrat.
Le numéro est le 39.39 (0,15 € la minute, en moyenne).

Le salaire mensuel en alternance

Le salaire mensuel en alternance dépend de votre âge et de votre année d'études. Il est calculé en pourcentage du SMIC, à savoir 1.498,47 € brut pour 35 heures au 1er janvier 2018.

En contrat d'apprentissage
Moins de 18 ans 18-20 ans 21 ans et plus
En 1re année 374 € 614 € 794 €
En 2e année 554 € 734 € 914 €
En 3e année 794 € 974 € 1.168 €

En contrat de professionnalisation
Moins de 21 ans 21-25 ans 26 ans et plus
Sans qualification 824 € 1.048 € SMIC ou 85 % du salaire minimum conventionnel
Avec un diplôme ou titre reconnu à finalité professionnelle* 974 € 1.198 € SMIC ou 85 % du salaire minimum conventionnel

* Les diplômes ou titres sont reconnus officiellement à finalité professionnelle quand ils sont inscrits au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles). C'est le cas, par exemple, des bacs technologiques et professionnels – mais pas des bacs généraux –, des CQP (certificats de qualification professionnelle), des licences et des masters.

Lire aussi : Calculez votre salaire en alternance

Un Pacte pour intégrer la fonction publique

Nom de code : Pacte, ou parcours d'accès aux carrières de la fonction publique territoriale, de la fonction publique hospitalière et de la fonction de l'État. Le Pacte permet de se former en alternance aux métiers de la fonction publique de catégorie C (postes d'exécution).

Originalité de ce programme : il ne privilégie pas les parcours exemplaires, mais plutôt les profils de jeunes, de 16 à 28 ans révolus, sans qualification, ou n'ayant pas atteint le niveau bac. Pendant un ou deux ans, ils alternent cours et stages sur le terrain.

La formation, qui est choisie en fonction du poste à occuper, permet d'acquérir un niveau bac au plus. Elle doit obligatoirement être inscrite au RMFPT (Répertoire des métiers de la fonction publique territoriale). La partie théorique est assurée par différents types d'établissement : CFA (centres de formation des apprentis), lycées professionnels, GRETA (organismes de formation continue de l'Éducation nationale), centres de la fonction publique…

La rémunération mensuelle brute s'élève à 796 € pour les moins de 21 ans et à 1.013 € pour les plus de 21 ans. Au terme du contrat, et après qu'une commission a rendu un avis favorable, l'apprenti devient fonctionnaire titulaire à l'issue d'une vérification d'aptitude.

Pour en savoir plus et consulter les avis de recrutement des différents ministères, rendez-vous sur la bourse interministérielle de l'emploi public, rubrique Apprentissage.

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