1. Qu’est-ce que la PACES (première année commune des études de santé) ?
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Qu’est-ce que la PACES (première année commune des études de santé) ?

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L’ex L1 santé s’appelle désormais PACES. Cette première année commune des études de santé donne aux étudiants un temps de réflexion pour choisir le concours qu’ils prépareront. Extraits du guide Que faire avec un bac S ?, de Thomas Fourquet, aux éditions l'Étudiant.

En 2010, une réforme très importante des études de médecine est entrée en application. Désormais appelée PACES pour "première année commune des études de santé" (certaines facultés utilisent la dénomination PACES, d'autres parlent encore de L1 santé), elle regroupe les cursus de sage-femme (maïeutique), d'odontologie, de médecine et pharmacie, et dans certaines facultés de masso-kinésithérapie (kiné). Le concours unique à la fin de la première année laisse la place à quatre concours et classements différents. Mode d'emploi de la PACES.

Le numerus clausus

Le numerus clausus, c'est le nombre maximal d'étudiants admis en seconde année. Ce nombre est fixé chaque année pour chaque faculté et chaque spécialité (médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique).

Au vu du nombre d'étudiants qui s'inscrivent en médecine chaque année, le numerus clausus est synonyme de sélection sévère ! En moyenne, pas plus de 20 % des étudiants de première année passent en deuxième année de médecine, avec de fortes variations en fonction des facultés. Les besoins de personnels au niveau régional sont pris en compte dans le numerus clausus de chaque faculté.

Globalement, le numerus clausus dans les différentes spécialités est demeuré stable en 2011-2012 : 7 500 en médecine, un peu plus de 1 200 en dentaire, 1 017 en maïeutique et 3 095 en pharmacie. La PACES, si elle modifie profondément l'organisation des études, n'a donc pas affecté les chances de réussite au concours de la première année.

Quatre classements différents

Le principal changement apporté par la PACES est la possibilité de choisir son concours dès le début du second semestre. À la fin de l'année, un classement spécifique dans chacune des quatre spécialités est publié, qui détermine pour les étudiants la possibilité de poursuivre leurs études dans la voie qu'ils ont choisie.

Un premier semestre commun

À l'issue du premier semestre, l'ensemble des étudiants passent les mêmes épreuves (par exemple, à Paris 5, les UE de chimie-biochimie, biologie cellulaire et physique-biophysique). Dans une partie des facultés, chacune des quatre spécialités a ses coefficients spécifiques dès le premier semestre.

Les étudiants ont ainsi un classement différent dans chaque spécialité, ce qui leur permet de déterminer dans laquelle ils auront le plus de chances de réussite. D'autres facultés, comme Paris 5, ont choisi de conserver des coefficients identiques au premier semestre.

Semestre 2 : le choix du concours

Au second semestre, les étudiants choisissent le concours qu'ils passeront à la fin de l'année : médecine, maïeutique, dentaire ou pharmacie. Certaines facultés ont également passé des conventions avec un IFMK (institut de formation en masso-kinésithérapie) pour une admission à l'issue de la PACES.

Dans ce cas, les étudiants suivent une option kinésithérapie (comme à Marseille), ou sont admis en fonction de leur position au classement de médecine, à l'issue de la PACES.

Chaque spécialité fait l'objet d'une UE spécifique au second semestre, et d'une épreuve spécifique au concours de fin d'année. Les coefficients affectés à chaque UE varient aussi en fonction des spécialités, selon des modalités fixées par chaque faculté. Ainsi, l'UE "initiation à la connaissance du médicament" est dotée d'un coefficient plus fort en pharmacie.

Fin du premier semestre : des réorientations possibles

Les classements de la fin du premier semestre servent aussi à déterminer quels étudiants seront autorisés à faire le deuxième semestre en PACES. En effet, depuis 2011, les étudiants les moins bien classés (au maximum 15 % des effectifs) sont réorientés vers d'autres cursus universitaires sur décision du président de l'université. Ils ne pourront retenter leur chance en PACES qu'après avoir validé 90 crédits, soit trois semestres, dans le nouveau cursus.

En pratique, cela signifie qu'il ne sera possible de revenir en PACES qu'après avoir obtenu une licence 2. Une autre réorientation intervient à la fin de l'année : les étudiants dont le classement se situe au-delà d'un rang correspondant à deux fois et demie le nombre de places attribuées à l'université ne seront pas autorisés à redoubler. Ils pourront en revanche intégrer une licence 2, sous certaines conditions de résultat fixées par chaque faculté.

À Paris 5, par exemple, les étudiants ayant eu une moyenne d'au moins 10 au premier semestre et 8 au second semestre sont autorisés à poursuivre en licence 2. Ils seront autorisés à revenir en PACES après avoir validé au moins 60 crédits ECTS, soit le total de crédits affectés à l'année de licence 2.

Un ou plusieurs concours ?

Sachant que seuls 20 % des étudiants réussissent le concours de médecine du premier coup, il peut être tentant de passer plusieurs concours afin de maximiser ses chances. "Passer médecine et odontologie, c'est jouer la sécurité", estime Paul, qui a redoublé sa première année à Paris 5.

Cependant, passer plusieurs concours implique de suivre plusieurs UE de spécialité, soit une charge de travail supplémentaire, au risque de disperser votre effort. "Les UE de médecine, d'odontologie et de maïeutique ont beaucoup de cours en commun.

La pharmacie ayant davantage de cours spécifiques, il est plus difficile de préparer ce concours en même temps que l'un des trois autres", précise Basile, étudiant en médecine à Besançon. En somme, si vous savez vraiment ce que vous voulez, et en particulier si vous êtes prêt à redoubler l'année en cas d'échec, il est inutile de vous encombrer d'une charge de travail supplémentaire. En revanche, si votre choix n'est pas clairement fait, et que vous êtes prêt à beaucoup d'efforts, vous pouvez envisager de passer plusieurs concours.

Un travail intensif

La PACES est particulièrement sélective et demande un travail très intense : les épreuves étant pour l'essentiel des QCM (questions à choix multiples), le travail principal consiste à apprendre, apprendre et encore apprendre. Vous devrez assimiler une quantité considérable de savoir.

C'est pourquoi, si le nombre d'heures de cours n'est pas énorme (deux journées et deux demi-journées par semaine pour Cynthia, à Paris 6), il faut y ajouter, le cas échéant, la prépa et surtout une quantité très importante de travail personnel, le plus souvent en bibliothèque.

À retenir
• La première année de médecine est devenue en 2010 la PACES (première année commune des études de santé).
• Vous aurez la possibilité, au second semestre, de choisir dans quelle voie vous souhaitez poursuivre, entre la médecine, l'odontologie, la maïeutique (sage-femme) et la pharmacie.
• Le concours de fin de première année demeure extrêmement sélectif.
• Depuis 2011, les étudiants les moins bien classés à l'issue du premier semestre doivent se réorienter dans d'autres cursus de licence, avant d'être autorisés à retenter leur chance en PACES à l'issue de la licence 2.
• La plupart des instituts de formation en masso-kinésithérapie (ainsi que certains instituts de formation dans d'autres disciplines paramédicales) recrutent également à l'issue de la première année de médecine.

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À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Que faire avec un bac S ", par Thomas Fourquet.