1. Métiers du social : les formations accessibles après le bac
Décryptage

Métiers du social : les formations accessibles après le bac

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Le DEEJE (diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants) permet d’exercer notamment dans les crèches (comme ici), les jardins d’enfants, les haltes-garderies ou encore les hôpitaux. // © Bertrand Desprez pour l’Etudiant
Le DEEJE (diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants) permet d’exercer notamment dans les crèches (comme ici), les jardins d’enfants, les haltes-garderies ou encore les hôpitaux. // © Bertrand Desprez pour l’Etudiant

Avec le bac, l’éventail de formations dans le social est vaste. De bac+2 à bac+5, elles sont dispensées à l’université ou bien dans des écoles spécialisées.

Pour travailler dans le social, la vocation ne suffit pas ; les métiers demandent un véritable savoir-faire. C'est pourquoi l'exercice de nombreuses professions est subordonné à l'obtention d'un diplôme d'État.

Les diplômes d'État

Assistant de service social, éducateur de jeunes enfants, éducateur spécialisé… autant de professions qui exigent l'obtention d'un diplôme d'État.

Le DEASS (diplôme d'État d'assistant du service social)

Environ 70 établissements, privés pour la plupart (mais sous contrôle de la DRJSCS – direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale), y préparent. L'admission se fait sur concours : une épreuve d'admissibilité écrite teste vos capacités d'expression et de réflexion, et des oraux évaluent votre aptitude, votre motivation ainsi que votre maturité. Les études durent ensuite trois ans (dont douze mois d'enseignement pratique).

Les assistants de service social peuvent poursuivre leur formation avec un DEIS (diplôme d'État d'ingénierie sociale), un CAFDES (certificat d'aptitude aux fonctions de directeur d'établissement social) ou un CAFERUIS (certificat d'aptitude aux fonctions d'encadrement et de responsable d'unité d'intervention sociale).

Le DECESF (diplôme d'État de conseiller en économie sociale et familiale)

Ce diplôme permet de travailler dans le service social d'une collectivité locale, une CAF (caisse d'allocations familiales), un hôpital ou un office HLM…

Environ 90 établissements préparent en une année de formation théorique et pratique au DECESF. Les candidats doivent être titulaires d'un bac+2 – un BTS ESF (économie sociale et familiale), un DUT carrières sociales –, d'un diplôme d'État d'éducateur ou d'un DEASS. La sélection s'effectue sur dossier, entretien et parfois avec des épreuves écrites. Des expériences en milieu social sont fortement recommandées.

À noter : le BTS n'ouvre pas automatiquement les portes de cette troisième année. La plupart des établissements effectuent une nouvelle sélection. Mieux vaut choisir une structure proposant à la fois le BTS et l'année de spécialisation, car les écoles donnent la priorité à leurs étudiants.

Le DEEJE (diplôme d'État d'éducateur de jeunes enfants)

Il permet d'intervenir auprès d'enfants de 0 à 7 ans. Il se prépare en trois ans dans une cinquantaine d'établissements privés.

La formation est accessible aux bacheliers et à ceux qui ont réussi l'examen de niveau organisé par la DRJSCS. Pour être admis, vous devrez passer une épreuve écrite et une épreuve orale. La formation pratique comporte au minimum quatre stages dont la durée cumulée représente quinze mois.

Une fois diplômé, vous pourrez exercer dans les crèches, les jardins d'enfants, les haltes-garderies, les hôpitaux, les établissements sociaux ou les centres de loisirs maternels. Les communes et les associations seront vos principaux employeurs.

Le DEES (diplôme d'État d'éducateur spécialisé)

Il permet d'exercer auprès d'enfants, d'adolescents ou d'adultes présentant un handicap, des diffi­cultés d'insertion ou des troubles du comportement au sein de structures spécialisées (internats, instituts médico-éducatifs, centres d'aide par le travail…) ou en milieu ouvert.

Ce diplôme se prépare dans 80 établissements, en général privés. La plupart organisent une sélection avec des épreuves écrites et un ou plusieurs entretiens. La formation dure trois ans, au cours desquels alternent enseignement théorique et stages pratiques.

Les cursus universitaires

Filières classiques ou professionnalisées, DEUST ou DUT, l'université vous permet aussi de vous former aux métiers du secteur social.

Les DEUST (diplômes d'études universitaires scientifiques et techniques)

Ils se préparent en deux ans après le bac et peuvent être complétés ensuite par une licence professionnelle. Parmi ceux qui sont orientés vers le social, citons le DEUST médiations citoyennes, à Strasbourg (67) ; le DEUST intervention sociale, à Lille 2 (59) ; le DEUST travail social, métiers de l'aménagement et des activités sociales, économie sociale et solidaire, à Évry (91).

Le DUT carrières sociales

Il se décline en cinq options : animation sociale et socioculturelle, assistance sociale, éducation spécialisée, gestion urbaine ou services à la personne. Les étudiants des options assistance sociale et éducation spécialisée poursuivent majoritairement en troisième année de préparation à un diplôme d'État (DEASS, DECESF ou DEES). Ils peuvent aussi postuler en licence professionnelle.

Les licences générales

Plusieurs mentions de licence mènent aux métiers de l'action sociale, de la gestion des organismes sanitaires et sociaux ou de l'économie sociale et solidaire : licence AES (administration économique et sociale), éco­nomie, gestion, psychologie, sciences de l'éducation, sciences sanitaires et sociales, sciences sociales, sociologie…

Après la licence, vous pouvez vous spécialiser à l'entrée en master. Plus de 70 parcours ou spécialités sont proposés : ingénierie de la protection sociale (Paris-Est-Marne-la-Vallée), management des organismes sociaux (Strasbourg), médiation, intervention sociale, solidarité (Toulouse Jean-Jaurès), cadres d'intervention en terrains sensibles (Paris-Nanterre), action gérontologique et ingénierie sociale (Aix-Marseille), stratégie de développement social (Lille 3)…

Les licences professionnelles

Elles sont accessibles après un DUT, un BTS ou une L2. La sélection s'opère sur dossier et entretien, avec parfois des tests. On en compte près de 70 à dominante sociale, parmi lesquelles : accompagnement de publics spécifiques (Bordeaux, Lille 2, Lyon 1, Paris 8, Paris-Est-Créteil, Pau…), accompagnement social (Bordeaux, Paris 5, Paris 13, Saint-Étienne…), développement social et médiation par le sport (Besançon, Paris-Nanterre, Reims…).

Les formations du ministère de la Justice

Les concours du ministère de la Justice mènent à des formations rémunérées.

Le concours d'éducateur de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse)

La formation d'éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse s'étend sur deux ans. Elle a lieu à l'ENPJJ (École nationale de protection judiciaire de la jeunesse), à Roubaix (59), après réussite à un concours ouvert aux bac+2 (les DEES sont admis sur titre). La première année est surtout théorique, la seconde plutôt pratique, avec un stage de trente-cinq semaines.

À noter : une classe préparatoire intégrée à l'ENPJJ, accessible à bac+2, permet à 35 élèves de s'entraîner au concours pendant cinq mois.

Le concours de CPIP (conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation)

Les études pour devenir CPIP durent deux ans et se déroulent à l'ENAP (École nationale d'administration pénitentiaire), à Agen (47). Le concours est ouvert aux titulaires d'un bac+2 au minimum, d'un DEES ou d'un DEASS.

Se préparer aux épreuves de sélection des écoles

Si les besoins en effectifs dans le secteur social sont nombreux, la sélection à l'entrée des formations n'en est pas moins réelle, en particulier dans les écoles préparant aux diplômes d'État.

Premier impératif : multipliez le plus tôt possible des expériences dans le domaine du social et de l'animation, par exemple à l'occasion de stages et de jobs d'été. C'est une étape essentielle pour approfondir votre connaissance du milieu et qui se révélera très utile lors des entretiens de sélection.

Des activités associatives accompagnant les diplômes de base comme le BAFA (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur) peuvent également constituer un plus.

Il est aussi possible de suivre une préparation spécifique aux concours du secteur social dans plus de 200 établissements, privés pour la plupart. À temps plein, à temps partiel, à distance, de façon intensive ou bien en un an… Le choix est varié, le coût également : de la gratuité à près de 4.000 €.

Ces préparations peuvent être l'occasion d'approfondir des questions propres au secteur social, voire d'acquérir certaines techniques utiles pour la rédaction ou l'entretien de sélection. Dans tous les cas, il faut prendre le temps de choisir avec soin sa préparation, notamment en interrogeant des étudiants qui en ont déjà suivi une.