1. Aurore Violain, gouvernante générale : "Travailler dans un milieu aisé ne garantit pas de tomber sur des enfants bien élevés"
Reportage

Aurore Violain, gouvernante générale : "Travailler dans un milieu aisé ne garantit pas de tomber sur des enfants bien élevés"

Envoyer cet article à un ami

Se lever chaque matin et se préparer à côtoyer célébrités ou millionnaires. Voilà le point commun des professionnels rencontrés pour notre enquête. Ils sont coach, gouvernante, photographe, attachée de presse et ne changeraient de métier pour rien au monde. Pourtant, tous le reconnaissent, travailler aux côtés de people est loin d’être facile.

Les gouvernantes n’appartiennent pas qu’à la littérature. Une école dédiée à leur formation a ouvert ses portes en 2010. Nous avons rencontré Aurore Violain, l’une des élèves, en stage dans une maison de 300 m², non loin de la capitale.

Tailleur foncé, cheveux noirs tirés en arrière, chignon impeccable et dos bien droit, Aurore Violain nous accueille là où elle officie depuis un mois en tant que “gouvernante générale” : chez un couple avec 3 filles. Après 6 mois de formation à l’Académie des gouvernantes (voir encadré), à Paris, la jeune femme de 22 ans effectue ici son stage pratique de 6 mois, hébergée dans une chambre qui jouxte celle des enfants de la maison.

Conte de fées pour autodidacte

“Ma patronne est une créatrice de robes de mariées très connue dans le monde du mariage”, annonce Aurore. « Ici, je suis vraiment gouvernante générale, précise Aurore. Je suis chargée de donner une éducation aux enfants et je m’occupe d’un tas d’autres choses ! » La gouvernante générale fait en effet le ménage, le repassage, lave le linge, s’occupe des enfants, fait des propositions pour aménager le jardin, organise des dîners, instruit un dossier pour trouver la meilleure école élémentaire privée que fréquenteront les trois filles et prépare des surprises pour les anniversaires des membres de la famille.

L’habitude du luxe au Fouquet’s

Dès l’âge de 15 ans, elle travaillait à La Truffière, restaurant gastronomique du Ve arrondissement de Paris, pour préparer un BEP hôtellerie-restauration option salle. Après un bac hôtelier, elle entre à l’hôtel Fouquet’s comme gouvernante, femme de chambre et lingère. “C’est là que j’ai commencé à m’intéresser au métier de majordome. J’ai d’abord pensé à le faire en hôtel, puis je me suis tournée vers les particuliers.” Elle envisage alors de partir se former au Nordland Collège, lorsqu’elle apprend que l’Académie des gouvernantes va ouvrir ses portes pour former des majordomes et gouvernantes à Paris.

Une gouvernante ferme sur les principes

“Travailler dans un milieu aisé ne garantit pas de tomber sur des enfants bien élevés, prévient, lucide, Aurore. Certaines stars ou gens fortunés veulent une éducation stricte, d’autres culpabilisent de ne pas être assez présents et souhaitent une éducation à la cool.” A son arrivée, la gouvernante avoue avoir été surprise par le manque de politesse élémentaire des filles de la maison. Un mois après, elle se félicite déjà des résultats. "Les petites nettoient la table, disent « Merci », « Pardon » et « S’il te plaît »."

“Super Nanny” professionnelle

Aurore prend son rôle éducatif très au sérieux. Comme Super Nanny, la gouvernante générale a affiché des règles de vie à hauteur d’enfant. Les fillettes ne savent pas encore lire, mais Aurore juge important que ce soit affiché et s’y réfère lorsqu’elle rappelle l’une des filles à l’ordre. Selon sa patronne, la formation qu’a suivi Aurore lui apporte un vrai plus par rapport à toutes les autres personnes qu’elle a pu employer avant. “En général, vous trouvez soit des personnes plutôt bien avec les enfants mais nulles en ménage, soit le contraire. Aurore est plus organisée et j’ai pu constater qu’elle était capable de tenir 3 enfants en bas âge toute la journée lors de nos dernières vacances en Israël.”

Après son stage

Aurore résume sa formation à quelques mots clefs : rigueur, professionnalisme, bonnes manière, adaptation. A l’issue de son stage, Aurore devrait être embauchée avec un salaire de 2.000 euros net par mois, nourrie et logée. Elle projette d’exercer le métier de gouvernante générale pendant une dizaine d’années “pour faire beaucoup de choses et gagner de l’argent”. Ensuite, elle compte bien “ouvrir une chambre d’hôte, dans un coin tranquille, mais touristique, entre mer et montagne”. Pour avoir, elle aussi, sa petite entreprise.

Photographie : Isabelle Maradan
Une école de gouvernantes à Paris 
L’Académie des gouvernantes a ouvert ses portes à Paris en mars 2010. A l’issue de 6 mois de formation par modules à l’école, les étudiantes doivent effectuer un stage pratique dans une famille. Elles passeront ensuite le diplôme d’Etat d’assistant de vie aux familles en septembre 2011 pour pouvoir obtenir le diplôme privé de Gouvernante/majordome délivré par l’école. 
Les frais d’inscription sont de 9.000 € l’année. Mais pour la première année de fonctionnement, l’école n’a demandé que 3.600 € à chaque étudiante. La meilleure ouvrière de France en repassage, un chef de cuisine, une gouvernante, une spécialiste de la petite enfance, ou encore un aristocrate chargé de transmettre les bonnes manières, figurent parmi les intervenants des principaux modules de formation. "Tout se joue à l’entretien, précise Elisa Elbaz, directrice de l’école. Nous vérifions surtout que le projet professionnel du candidat soit bien défini, qu’il ait une bonne présentation, soit motivé et parle correctement le français."
Sommaire du dossier
Retour au dossier Anne-Charlotte Gilard, attachée de presse cinéma : "Il ne faut pas chercher à copiner avec la star" Julie Ferrez, coach sportive de VIP : "Il y a certains codes à respecter : pas de questions sur la vie privée des clients" Sandra Fourqui, photographe de mode et people : "Claudia Schiffer m’a appris à être professionnelle" Aurore Violain, gouvernante générale : "Travailler dans un milieu aisé ne garantit pas de tomber sur des enfants bien élevés"