Après les ECN, le choix des spécialités pour les futurs internes en médecine

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Après les ECN, le choix des spécialités pour les futurs internes en médecine

N'hésitez pas à contacter internes, chefs de services et médecins pour vous aider à choisir votre spécialité et future ville d'affectation.
N'hésitez pas à contacter internes, chefs de services et médecins pour vous aider à choisir votre spécialité et future ville d'affectation. © Oostendorp/peopleimages.com / Adobe Stock
Par Camille Jourdan, publié le 26 juin 2023
1 min

Les résultats des épreuves classantes nationales (ECN) seront publiés ce mercredi 28 juin. L'heure va donc être au choix pour les futurs internes. Il faut dire que la décision n'est pas toujours facile à prendre puisqu'elle dépend, en grande partie, du classement.

Après six longues années d’études de médecine et de nombreux stages, vous avez certainement une idée de la spécialité, ou du domaine dans lequel vous voudriez travailler. Mais selon votre classement aux ECN (épreuves classantes nationales), il n’est pas toujours évident de savoir si vous obtiendrez, d'une part, la spécialité que vous convoitiez tant, et d'autre part, votre région de prédilection.

Néanmoins, votre rang peut déjà être un bon indicateur. "Les classements des années précédentes donnent quelques tendances, souligne Olivia Fraigneau, présidente de l’Intersyndicale nationale des internes (ISNI), mais ils ne donnent pas une réponse sûre."

Les simulations, entre le jour des résultats et celui de votre choix définitif, vous permettront d’avoir un aperçu, quoique incertain lui aussi, de ce que vous pourrez décrocher. Encore faut-il avoir une idée de ce que vous envisagez.

Comment choisir sa spécialité de médecine ?

Maxime Dallemagne, chirurgien ORL à Montpellier, recommande de se poser certaines questions basiques : "Est-ce que je préfère une spécialité où on ne voit pas de patients ? Plutôt une spécialité médicale ? Chirurgicale ?" Selon lui, ce choix doit être celui de la "passion", devant les années d’internat, souvent difficiles, qui suivront.

"Ce n’est pas parce qu’on a un bon classement, qui donne accès à des spécialités socialement mieux perçues, qu’il faut changer son idée initiale", poursuit en ce sens Olivia Fraigneau. Un conseil qu’aurait pu donner Alice, qui a passé les ECN en 2013.

Classée dans les 600 premières, elle est restée sur son choix de base : la médecine générale, une spécialité qui comptabilise le plus grand nombre de places (un tiers des postes).

Tout le monde n’a toutefois pas ce "choix du roi", ni une spécialité arrêtée en tête. "Il faut se demander ce qui vous manquerait le plus dans votre pratique future, conseille Olivia Fraigneau : est-ce que vous êtes prêt à renoncer à certains gestes, ou à certains suivis de patients ?"

Contacter internes, chefs de services et médecins

Rien de tel que d’en parler directement avec celles et ceux qui la pratiquent. Adressez-vous aussi aux internes "référents" : il y en a dans chaque ville, pour chaque spécialité, et leurs coordonnées figurent généralement sur les sites des associations ou syndicats locaux des internes.

Manon Ravel-Chapuis, aujourd’hui gynécologue, a été référente durant trois ans à Dijon : "Je recevais des questions sur l’accessibilité de la ville, comment se passait l’internat ici, comment étaient les hôpitaux de proximité, etc.", liste-t-elle.

"Nous pouvons renseigner les futurs internes sur la quantité de travail que requiert telle spécialité en internat, puis une fois installés", complète Maxime Dallemagne, lui aussi référent des internes en chirurgie à Montpellier. Il invite aussi les externes à "profiter de l’été des résultats pour faire des stages dans les spécialités qui les intéressent, mais aussi visiter les villes et les hôpitaux."

Privilégier la spécialité médicale ou la ville ?

Car le choix de la ville est aussi important, et dépend également de votre classement. "L’activité n’est pas la même partout, prévient notamment Maxime Dallemagne. Par exemple, en chirurgie ORL, on s’occupe davantage de l’oreille à Grenoble, et plus de plastique du visage à Nice." Certains hôpitaux obligent également les internes à faire des gardes, ou des astreintes, d’autres non.

Quant à la "qualité" de l’internat, non négligeable, elle diffère selon les lieux : "Dans certains services, les chefs sont terribles, et traitent mal les internes, alors que dans d’autres, ces derniers ont une grande autonomie et sont très bien formés", rapporte Faustine, qui a passé les ECN en 2022.

Mais faut-il privilégier une ville au détriment d’une spécialité ? Pour Maxime Dallemagne, la spé doit primer : "On peut toujours changer de ville après l’internat, voire pendant. Alors que passer à une autre spécialité, c’est beaucoup plus difficile."

Manon Ravel-Chapuis nuance : "Je pense qu’il faut choisir une ville où vous avez un accès facile à vos proches, car l’internat est tellement dur que vous avez besoin de les voir. Et c’est aussi la ville où l’on passe au moins quatre ans de sa vie, où l’on construit son réseau…"

"Il faut choisir ce qui compte le plus pour vous : votre vie personnelle, ou la spécialité que vous exercerez, et cela dépend vraiment de chacun", conclut Olivia Fraigneau.

Faire le choix du redoublement

Si vous n’obtenez pas le choix dont vous rêviez, une dernière possibilité s’offre à vous : le redoublement. "Il a un coût moral et financier que tout le monde ne peut se permettre", admet Olivia Fraigneau.

Faustine y a pensé, mais elle ne se voyait pas revivre une sixième année. Alors qu’elle visait la chirurgie digestive, elle s’est finalement tournée vers la médecine générale, après s’être renseignée : "Cela offre de multiples possibilités d’exercice, et il est aussi possible de se sur-spécialiser."

Olivia Fraigneau conseille de choisir une "spécialité alternative qui vous intéresse, et qui vous permettra de cultiver autre chose que la médecine. Nous ne sommes pas que des médecins, il y a d’autres façons de s’épanouir, donc la vie ne s’arrête pas au choix d’une spécialité", rassure-t-elle.

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