Etudes de santé : a-t-on plus de chance d'entrer en MMOP après un PASS ou une L.AS ?

Par Pauline Bluteau, publié le 13 Avril 2022
7 min

Si le PASS parait être le meilleur cursus pour intégrer les études de santé, les apparences peuvent être trompeuses… Chiffres à l'appui, l'Etudiant vous explique quelle pourrait être la meilleure stratégie à adopter. Car vous le verrez, les L.AS ont aussi leur mot à dire !

Depuis la mise en place de la réforme d'accès aux études de santé à la rentrée 2020, le PASS (parcours spécifique accès santé) est resté LA voie royale, post-PACES, pour intégrer une deuxième année de médecine, maïeutique, odontologie ou pharmacie (MMOP). D'ailleurs, l'année dernière, sur les 10.096 étudiants admis dans l'une de ces quatre filières, 71,5% d'entre eux avaient validé un PASS et 28,5% une L.AS (licence avec option "accès santé"). Cela signifierait que les étudiants en PASS seraient favorisés…

Un déséquilibre entre les étudiants en PASS et en L.AS, lors de la mise en place de la réforme

En réalité, rien n'est complètement noir ou blanc. Dans les universités, on préfère rester prudent sur les chiffres car la réalité est plus complexe qu'elle en a l'air. "Il y a un jury dans chaque université qui détermine le nombre de candidats admis, en fonction des capacités d'accueil, du niveau des étudiants en PASS et L.AS et du taux d'abandon", précise Vincent Deramecourt, assesseur PASS-L.AS à l'UFR de médecine de l'université de Lille. Selon lui, ce sont autant d'éléments qu'il faut prendre en compte pour "maintenir un équilibre sur l'équité des chances".

Problème, à la mise en place de la réforme, les candidatures ont explosé en PASS, au détriment des L.AS. "L'objectif de la réforme était bien de prendre autant d'étudiants en PASS qu'en L.AS, mais comme ce n'était pas possible, il y a eu une dérogation pour 2021 et qui se prolonge pour 2022", confie Eric Bellissant, doyen de la faculté de médecine de l'université de Rennes 1. Une dérogation confortée au regard du nombre d'étudiants qui ont préféré s'inscrire en licence classique plutôt qu'en LAS à la rentrée et tous ceux qui ont abandonné en cours d'année. Des abandons bien plus important en L.AS qu'en PASS (40% d'abandon en L.AS contre 20% en PASS à l'université de Lille). De quoi amplifier le déséquilibre.

Ainsi, pour le pallier, les universités n'ont eu d'autres choix que d'augmenter les admissions de PASS : 7.222 étudiants ont été admis en MMOP contre 2.874 étudiants de L.AS. Selon le rapport du Sénat publié début avril, dans certains établissements "le ratio d'admis est de l'ordre de 90% de PASS et de 10% de L.AS, déséquilibre qui semble s'expliquer par un moindre niveau des étudiants en L.AS, des abandons en cours d'année et un déficit de candidatures".

Lire aussi

La L.AS comme voie royale pour accéder aux études de santé ?

À Lille, le responsable reconnait d'ailleurs que contrairement aux idées reçues, l'année dernière, les étudiants en L.AS ont peut-être finalement eu plus de chance d'entrer en MMOP. "Le biais de la réforme, c'est qu'elle ne prend pas en compte le niveau minimum que les étudiants doivent avoir dans chaque filière PASS ou L.AS, pour être admis", note Vincent Deramecourt. Aussi, pour l'instant, le niveau en PASS est plus élevé qu'en L.AS, ce qui facilite en quelque sorte les chances d'accéder en MMOP par la licence avec option santé. C'est aussi ce qu'il s'est passé à Rennes où tous les étudiants en L.AS qui ont répondu aux modalités de contrôle de connaissances ont été pris en médecine. "La différence de compétition et de niveau pouvait être une opportunité l'année dernière", estime Eric Bellissant.

De plus, les étudiants en deuxième année de L.AS pourraient être avantagés cette année encore. D'après le rapport du Sénat, seuls 5.200 étudiants ont poursuivi leur cursus pour tenter une nouvelle fois leur chance d'intégrer les études de santé. Trop peu nombreux, les étudiants en L.AS 2 pourraient finalement être tous admis, à condition de valider leur année.

Lire aussi

Sélectionner autant d'étudiants en PASS qu'en L.AS

Mais vous l'aurez compris, ce qui était vrai l'année dernière, l'est peut-être encore cette année mais le sera de moins en moins dès l'année prochaine. Les cartes commencent déjà à être rebattues. D'une part, car il n'y a plus d'étudiants en PACES (en 2020–2021, les redoublants étaient encore comptabilisés) et d'autre part, car les deux voies, PASS et L.AS, tendent à s'équilibrer.

À l'université de Rennes 1, en 2021, 110 étudiants de PACES, 94 étudiants de PASS et 69 étudiants de L.AS sont entrés en deuxième année de médecine. À la rentrée 2022, l'objectif est de sélectionner 75 étudiants de PASS, 75 de L.AS 1 et, petite nouveauté, 90 étudiants de L.AS 2. Pour en 2023, parvenir à une égalité parfaite de 80 places en PASS, en L.AS 1 et en L.AS 2–3. Selon le doyen, tout va dépendre du nombre d'étudiants inscrits dans chacune de ces filières. Un chiffre qui doit être identique pour que l'équilibre fonctionne.

Lire aussi

Un pari tenu dès cette année pour l'université de Rennes 1 qui comptabilise 720 étudiants de PASS et 728 de L.AS, aussi car de nouvelles UFR ont accepté d'ouvrir des places aux étudiants en L.AS. "Il devrait y avoir moins d'abandon en L.AS cette année donc toutes les places devraient se remplir comme prévu", anticipe Eric Bellissant.

Le doyen l'affirme, naturellement, l'attrait pour le PASS, que l'on considérait comme une voie privilégiée avec les meilleurs étudiants, va s'estomper. "Nous avons de plus en plus de bons étudiants qui arrivent en L.AS et il y en aura ensuite des deux côtés, cela va s'équilibrer." Bientôt, il ne sera donc plus question d'une stratégie purement technique mais d'une stratégie de réussite personnelle…

Lire aussi

Articles les plus lus

A la Une Médecine Santé

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !