Etudes de santé : trois conseils pour bien choisir sa mineure en PASS et sa majeure en L.AS

Par Pauline Bluteau, publié le 21 Avril 2022
6 min

Du droit, de la biologie, de la psycho, de la physique-chimie, voire des maths ou pourquoi pas des langues… Avant même d'entrer en PASS ou en L.AS, vous devrez choisir une "discipline hors santé" considérée comme votre mineure ou votre majeure. Un choix qui ne doit pas être le fruit du hasard.

C'est tout l'enjeu de la réforme du premier cycle des études de santé : réduire l'échec des étudiants en facilitant leur poursuite d'études grâce à la pluridisciplinarité. Autrement dit, pour s'en sortir, les futurs soignants devront avoir des compétences et des connaissances en dehors de la santé. Et ce, qu'ils intègrent les filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kiné) ou non.

Dès Parcoursup, si vous intégrez un PASS (parcours spécifique accès santé), vous devrez donc choisir une discipline mineure. À l'inverse, en L.AS (licence avec option "accès santé"), cette discipline sera votre majeure. Dans les deux cas, le choix parait décisif. Suivez le guide.

1. Choisir en fonction d'un métier et donc d'un potentiel plan B

La première question à se poser n'est certainement pas la plus facile mais reste indispensable. "Il faut se demander : 'Quel(s) métiers(s) je souhaiterais exercer durant mes premières années de vie professionnelle ?'. On y répond par un plan A et un plan B voire C ou D", souligne Véronique Maupoil, doyenne de la faculté de pharmacie de l'université de Tours.

Miser sur le métier ne parait peut-être pas si logique lorsque l'on sort tout juste du lycée. Mais en études de santé, il est essentiel d'y penser. Car tous les étudiants n'intégreront pas les filières MMOPK après leur PASS ou leur L.AS 1. Pour les deux voies, la poursuite d'études s'effectue en L.AS 2, – si vous avez validé votre PASS ou L.AS 1 – où la discipline hors santé sera donc plus importante. "Ils doivent essayer d'anticiper et se demander dans quelle licence ils seraient capables de se projeter, dans laquelle ils se sentiraient bien", confirme Didier Samuel, président de la conférence des doyens de médecine.

Certains se diront peut-être que penser à l'échec n'est pas ce qu'il y a de plus agréable, pourtant, plus tôt vous anticiperez ces questions, plus vous pourrez vous concentrer sur votre année de PASS ou L.AS. Ainsi, si la médecine est votre premier choix mais que vous avez aussi un intérêt pour les maths, vous pourriez peut-être envisager de faire des études cliniques ou des biostatistiques. Le PASS ou la L.AS mathématiques sont faits pour vous.

Autre exemple : vous envisagez d'abord des études de pharmacie mais vous vous intéressez aussi à l'écologie. Pourquoi ne pas tenter un PASS ou une L.AS biologie ? Le droit peut aussi être une très bonne option pour les futurs juristes en santé. "Beaucoup d'étudiants se réorientent en droit après la santé", observe Didier Samuel. "Ces choix de métiers permettent de déterminer les enseignements à suivre et donc la meilleure voie pour atteindre ses objectifs. Mais il ne faut pas se mettre de pression, il y aura toujours des passerelles et d'autres opportunités quoi qu'il arrive", concède la doyenne de pharmacie.

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2. Choisir sa majeure en L.AS ou mineure en PASS en fonction de ses appétences

Vous le verrez, le choix du métier découle souvent d'un goût ou d'un intérêt pour un domaine, une matière. "D'abord, on se demande ce que l'on voudrait faire comme métier puis où sont nos facilités et enfin, les matières qui pourraient servir en santé", conseille l'ANEMF (association nationale des étudiants en médecine de France). Que vous soyez en PASS ou en L.AS, ne négligez pas ce choix de discipline car elle peut faire la différence dans le classement. "Il faut choisir une matière que l'on aime et dans laquelle on excelle, c'est ce qui permet de se démarquer", détaille l'ANEPF (association nationale des étudiants en pharmacie de France).

Aussi, vous serez peut-être plus tenté par des disciplines scientifiques comme la biologie ou la physique-chimie. Rien d'étonnant puisque vous envisagez tout de même des études médicales où les sciences sont importantes même si "les matières ne sont pas exactement les mêmes qu'au lycée", prévient l'ANEMF. "C'est plutôt la capacité de travail et le raisonnement scientifique qui comptent", confirme Didier Samuel.

Ne vous mettez pas de barrière et voyez plus large : la psycho peut être une bonne alternative comme les sciences humaines dans leur ensemble. Vous ne serez pas discrédité en choisissant une discipline qui sort du traditionnel schéma scientifique.

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3. Choisir une discipline sans penser à une stratégie nébuleuse

Mais attention aux dérives… À la mise en place de la réforme, certains d'étudiants ont fait le choix de miser sur des L.AS aux disciplines moins connues, souvent hors du domaine scientifique (contrairement aux sciences de la vie qui sont en tension) pour avoir plus de chances d'accéder aux études de santé. Attention, les universités l'affirment, ces stratégies ne vont plus longtemps fonctionner car la réforme commence à être mieux comprise par les étudiants et leur famille.

"On ne peut pas choisir une discipline en se disant que les étudiants n'iront pas car le classement se fait au global", ajoute l'ANEPF. En effet, au sein d'une université, si un classement est commun à tous les étudiants en PASS, un second est commun à tous les étudiants en L.AS, toutes disciplines confondues. Il faut toujours être le meilleur parmi les meilleurs et pas le meilleur de sa classe. Ces études restent sélectives. "Et il faut toujours penser à la L.AS 2 : vous ne pourrez pas changer de discipline d'une année à l'autre. L'intérêt pour la matière est donc essentiel pour être bon en première comme en deuxième année", confirme Véronique Maupoil.

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