1. Que répondre quand un recruteur vous téléphone ?
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Que répondre quand un recruteur vous téléphone ?

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Veillez à être au calme, sans activité parasite, pour répondre au recruteur. Si ce n'est pas possible, convenez avec lui d'un rendez-vous téléphonique plus tard. // © Plainpicture/Kniel Synnatzschke
Veillez à être au calme, sans activité parasite, pour répondre au recruteur. Si ce n'est pas possible, convenez avec lui d'un rendez-vous téléphonique plus tard. // © Plainpicture/Kniel Synnatzschke

Vous avez envoyé des candidatures, rafraîchi vos profils sur les réseaux sociaux, fait passer le mot à votre entourage… Et un jour, le téléphone sonne : un recruteur veut prendre quelques renseignements et/ou vous convier à un entretien. Comment réagir ? Les conseils de Dominique Perez, spécialiste du recrutement, extraits de son “Guide du CV, de la lettre de motivation et de l'entretien d'embauche”.

Pour l'entreprise ou le cabinet de recrutement, le téléphone reste le moyen le plus simple pour prendre contact avec vous, afin de “qualifier” votre candidature, c'est-à-dire de voir si elle est ajustée à l'offre, ou plus directement de prendre rendez-vous.

Le dialogue peut alors prendre la forme suivante : “Bonjour. Nous avons bien reçu votre candidature pour le poste de directeur commercial, suite à l'annonce [...]. Nous aurions voulu préciser avec vous certains éléments de votre candidature. Avez-vous un moment pour en parler ou préférez-vous que je vous contacte ultérieurement ?”

Certains recruteurs préfèrent vous adresser préalablement un mail pour vous proposer une date de rendez-vous téléphonique, surtout si vous êtes déjà en poste.

Si vous êtes la proie d'un chasseur de têtes

Peut-être n'êtes-vous pas du tout préparé à répondre… tout simplement parce que vous n'avez rien demandé ! Comme cette cadre qui a reçu un jour à son travail un appel, relativement subtil : “Bonjour. Je cherche un responsable marketing ayant déjà exercé dans une entreprise d'agroalimentaire (tel produit). Est-ce que vous connaîtriez quelqu'un correspondant à ce profil ?”

Ce type d'appel est une ruse pour mener une “chasse de tête” : le consultant utilise ce moyen détourné pour ne pas gêner son interlocutrice et lui tendre une perche si elle souhaite quitter son job. En l'occurrence, la cadre a tout naturellement répondu “oui, moi” et a été invitée à envoyer son CV.

Si vous avez été recommandé par quelqu'un, les chasseurs peuvent ainsi utiliser plusieurs formules pour tester votre intérêt, assurant qu'ils ont vu votre CV sur un site emploi, sur les réseaux sociaux… en omettant de préciser qu'ils ont effectué cette recherche suite à une recommandation, pour tester votre motivation.

Restez ouvert

Ne fermez jamais la discussion, reportez-la au besoin mais restez professionnel. Vous pourrez avoir ainsi une idée de la manière dont on vous perçoit à l'extérieur, ce qui est toujours intéressant et utile. De plus, en engageant ainsi la conversation, vous montrez de l'intérêt pour les activités de l'entreprise, ce qui peut vous servir un jour.

N'insistez pas trop pour savoir comment le cabinet a eu votre nom ou qui vous a éventuellement recommandé. Il est rare que l'on vous réponde. Si vous êtes engagé par la suite, vous saurez de quelle manière on vous a repéré.

Le point de vue du “chasseur”

“Certains critères imposés par notre entreprise cliente doivent absolument être vérifiés avant la prise de rendez-vous, explique Laurent Hyzy, chasseur de têtes, dirigeant du cabinet Alterconsult : la rémunération, qui doit être proportionnelle à ce que propose l'entreprise, ou la mobilité du candidat, parfois exigée.”

“Si certains éléments de personnalité se dégagent déjà lors de cet échange téléphonique et que nous avons des doutes, nous pouvons convoquer tout de même le candidat, mais nous serons attentifs à creuser ces éléments pendant la rencontre. Mais au téléphone, nous ne le jugeons pas uniquement sur des premières impressions.”

Si vous êtes contacté par une entreprise

Si l'entreprise comprend un service de recrutement dont le métier est précisément de sélectionner des candidats, la procédure est forcément assez codifiée. La première prise de contact est l'occasion de compiler un certain nombre de renseignements sur vous. Ne serait-ce que pour savoir si vous êtes toujours disponible et/ou intéressé.

Dans le cas d'une plus petite entreprise, le contact peut être moins “formel” : il s'agit avant tout de fixer un rendez-vous en fonction de vos disponibilités. Dans tous les cas, n'ayez pas l'air surpris !

Soyez préparé

Si vous êtes en attente d'une proposition de rendez-vous, mieux vaut vous tenir fin prêt à répondre. Même si, bien évidemment, le recruteur peut comprendre que vous ne soyez pas toujours disponible au moment où il vous appelle.

Si vous êtes chez vous, au calme, vous pouvez accepter le premier entretien téléphonique en veillant à avoir à portée de main votre CV, les offres d'emploi auxquelles vous avez répondu, la liste des entreprises auxquelles vous avez adressé une candidature spontanée… et à avoir préparé une liste de questions à poser avant d'accepter un rendez-vous.

Si vous recevez un appel alors que vous n'êtes pas dans les conditions optimales, il est plus sage de répondre : “Pourrait-on convenir d'un rendez-vous téléphonique dans la journée/la soirée ? Je serai alors disponible.” Ou laisser le recruteur potentiel laisser un message sur votre répondeur, quitte à rappeler dans l'heure une fois que vous aurez retrouvé vos esprits…

Les questions que vous pouvez poser

Laissez d'abord parler votre interlocuteur, ne l'interrompez pas et répondez calmement aux questions qu'il vous pose, avec une voix la plus assurée possible. Si la question du salaire est abordée, donnez une fourchette ou posez en retour la question franchement : “Quelle fourchette de rémunération avez-vous envisagée pour ce poste ? Quelle est la marge de négociation ?” Si vous sentez que le recruteur ne souhaite pas entrer dans les détails, faites-lui comprendre que vous êtes ouvert à la discussion sur ce thème.

Ce que vous devez connaître :
L'intitulé exact du poste : il se peut que le recruteur souhaite vous proposer un poste différent de celui auquel vous avez postulé, vous devez savoir où vous allez.
• L'environnement du poste : les cabinets de recrutement comme les entreprises ont normalement une idée assez précise de la direction qui recrute, du nombre de salariés dans l'entreprise ou le service, de l'étendue des responsabilités… Commencez à vous intéresser à ces différents aspects, sans entrer toutefois dans tous les détails. C'est aussi une façon de vous laisser le temps de vous renseigner avant un éventuel entretien de visu.
• La “localisation” du poste : assurez-vous de ce point si vous ne souhaitez pas bouger.
• La date de la prise de poste : de même, surtout si vous êtes déjà dans une entreprise ou si vous êtes déjà convoqué pour d'autres entretiens, vous devez savoir si le besoin est urgent ou si vous aurez le temps de prendre vos dispositions pour prendre une nouvelle fonction ou vous rendre à d'autres convocations.

Attention, le premier appel sert à valider votre candidature !

Cet appel peut aussi être l'occasion de vérifier des éléments flous, “suspects” ou incohérents dans votre CV. Un conseil : surtout, ne vous embrouillez pas dans des explications oiseuses. “J'ai organisé un premier rendez-vous téléphonique avec un candidat qui avait eu une expérience professionnelle chez l'un de nos clients et l'avait indiqué sur son CV, explique un chef de service. Je voulais vérifier auprès de lui la durée effective de ce passage, parce qu'en discutant avec ce client, nous nous sommes rendu compte que les dates ne correspondaient pas, ce qui signifiait un trou d'un an et demi dans son parcours… Il aurait pu le justifier, mais il a persisté. En l'absence d'explications claires, nous avons été obligés de croire le client.”

Cet exemple est une bonne illustration de l'importance de toujours dire la vérité, même si elle est difficile à justifier. Si vous n'avez pas réactualisé votre CV, si vous avez laissé un flou sur une période de votre vie professionnelle… Vous pouvez même anticiper en reconnaissant : “Je n'ai peut-être pas été assez précis sur cette période, mais j'ai eu une phase de recherche d'emploi…” Cela peut inquiéter, certes, mais moins qu'un silence gêné.

POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux Éditions de l'Etudiant :
Le Guide du CV, de la lettre de motivation et de l'entretien d'embauche”,
par Dominique Perez, spécialiste du recrutement.