Comment je suis devenu conseiller stratégique en intelligence artificielle

Par Nathalie Helal, publié le 07 Novembre 2019
6 min

À 27 ans, Mathieu, passé par un cursus en ingénierie marketing, s’est tourné vers l’intelligence artificielle, découverte à l’occasion d’un stage en entreprise.

9 h 30, chez Neovision, une PME grenobloise de vingt salariés, spécialisée en conseil et ingénierie en intelligence artificielle (IA). Mathieu démarre sa journée par une veille marketing concurrentielle, et surveille étroitement prospects potentiels et avancées en IA à l’international. "Je fais le point sur les dossiers à traiter : organisation de salons et autres évènements, stratégies de publication, etc… Mon but : mettre l'IA à la portée de tous, c’est-à-dire, produire des contenus, de la création graphique, m’occuper du site web, et gérer les partenariats !", détaille le jeune homme de 27 ans. Vers 18 h 30, après s’être penché sur le packaging des offres, en collaboration avec le PDG de l’entreprise et le business développeur, il rentre enfin chez lui.

Un esprit scientifique, attiré par l’entrepreneuriat

Bon élève, ce fils d’une couturière femme au foyer et d’un chef d’atelier en sidérurgie croit au mérite et à l’importance de l’enseignement public. Scientifique, il se rêve d’abord vétérinaire, ou explorateur biologiste. Au lycée Paul Héroult à Saint-Jean de Maurienne (73), il "surperforme", et, "manquant de stimulation" en SVT, maths, et physique-chimie, atterrit en 1ère puis terminale ES. Economie et business le captivent tant qu’il y développe un attrait fort pour l’entrepreneuriat.

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De la finance au marketing

Après son bac, il intègre le département GEA de l’IUT 2 de Grenoble (38). Gestion d’entreprise, marketing, finance, comptabilité, vente, fiscalité et droit sont au programme, tandis que sa 2ème année est davantage axée sur la finance et la comptabilité.
Créatif, Mathieu réalise après un stage en cabinet d’expert-comptable que cette discipline l’étouffe et que seul le marketing lui permettra de vraiment s’épanouir. "J’ai postulé pour plusieurs licences, et je me suis retrouvé en MGE (management et gestion des entreprises). J’étais passionné par l’innovation et les nouvelles technologies. À l’époque, on ne parlait quasiment pas d’IA, c’est très récent en fait !", explique-t-il.

Un cursus solide en ingénierie marketing

Après avoir décroché sa licence, il intègre l’IAE de Grenoble, pour y effectuer son Master I en marketing, et sort 3ème de sa promo. Une fierté pour le jeune homme, qui choisit de se spécialiser en ingénierie marketing, "le plus complet des cursus spécialisés", affirme Mathieu. Avec sa formation, il a constitué un socle solide, qu’il va mettre au service de l’IA peu de temps après.

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Rencontre du troisième type

Une "rencontre" qui débute par un rendez-vous mouvementé pour un stage dans une jeune start-up, spécialisée dans le domaine de l’IA. "Il pleuvait à torrents et il y avait des soucis de transports. J’ai couru comme un fou pour ne pas rater le rendez-vous et je suis arrivé avec de la boue, en disant 'ma motivation parle d’elle-même !' Cela a payé, et j’ai été recruté !", sourit Mathieu.
La start-up en question, c’est Neovision, où il passe six mois en tant que responsable marketing et communication, et se forme sur le terrain auprès des trois fondateurs, tous issus de Grenoble INP. Sa curiosité dévorante et son aptitude à vulgariser leurs connaissances font rapidement de lui un "expert" en IA. Malheureusement, l’entreprise doit d’abord recruter un ingénieur et ne peut le garder.

Sur la voie du perfectionnement

Son diplôme d’IAE en poche, Mathieu, désireux d’approfondir ses connaissances en IA continue à se former, seul, et part pour Lyon, où l’attend un emploi. Durant deux ans, il officie comme commercial B to B dans une PME de fournitures de bureau, où il s’initie notamment au marketing prédictif. Le PDG de Neovision, lui, n’a pas oublié ce jeune dynamique, à la tête bien faite. Mathieu est convoqué pour un entretien, et trois semaines après, il effectue son préavis : "Je n’ai pas hésité une seconde ! J’avais envie de nouveaux projets, de challenges".
"Au cœur du réacteur", le natif de Brive-la-Gaillarde (19) aime par-dessus tout se poser la question de la véracité des infos. "Trop de connaissances erronées circulent au sujet de l’intelligence artificielle, d’où la nécessité de développer un esprit critique pour appréhender ce domaine qui nécessite des qualités d’analyse et de compréhension", précise-t-il. Rien d’artificiel dans l’intellect de Mathieu, mais du concret et du solide, tourné vers l’avenir.

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