Témoignage

Erasmus+ : ils ont fait leur rentrée à l’étranger

Nina, Léo et Théo ont fait leur rentrée en Espagne, en Allemagne et en Belgique.
Nina, Léo et Théo ont fait leur rentrée en Espagne, en Allemagne et en Belgique. © Photos fournies par les témoins
Par Pauline Bluteau, publié le 14 octobre 2021
8 min

Nina, Léo et Théo ont débuté leur dernière année d’étude à des milliers de kilomètres de chez eux. À Madrid, Berlin ou Bruxelles, la rentrée avait donc une autre saveur. À l’occasion des ErasmusDays, qui se déroulent du 14 au 16 octobre, ils nous racontent comment ils ont vécu leurs premiers jours en tant qu’étudiants internationaux.

Ils en rêvaient et ils l’ont fait. Privés de mobilité internationale depuis un an en raison de la crise sanitaire, Nina, Léo et Théo étaient tous bien décidés à partir à l’étranger pour cette rentrée 2021. Portés par un désir d’aventures et surtout un besoin d’autonomie et d’indépendance, ils n’ont pas hésité à s’expatrier pour cinq ou six mois (et plus si affinités…).

Pour tous les trois, il s’agit en plus d’une année importante, celle de leur diplomation. Originaire de Saint-Etienne (42), Nina, 20 ans, entre en troisième année d’études en soins infirmiers à l’Universidad Complutense de Madrid. Léo, lui, 21 ans, en troisième année de licence management international à l’IAE Gustave Eiffel de l’université Paris-Est Créteil (94) va découvrir l’école SRH Hochschule de Berlin. Quant à Théo, 22 ans, en cinquième année de génie civil et urbain à l’INSA Rennes (35), direction l’école polytechnique de Bruxelles. Quelques jours après leur rentrée, l’Etudiant est allé à leur rencontre.

S'intégrer dans un tout nouveau pays

C’est une première semaine intense qui était réservée aux trois étudiants. Après des mois d’attente, les cours ont bel et bien repris. Installée depuis déjà plusieurs semaines à Madrid, Nina était particulièrement impatiente. "Je suis arrivée fin août car mes cours devaient débuter le 8 septembre. Ils ont été repoussés, je me suis rendu compte que je n’étais pas inscrite à la fac… Bref, j’ai finalement commencé le 27 septembre !" raconte l’étudiante infirmière. Après quelques jours de pré-rentrée, à Bruxelles, Théo commençait lui aussi à légèrement tourner en rond.

À Berlin, Léo, lui, est arrivé la veille pour le lendemain en ayant la surprise de commencer l’année par une semaine entière d’intégration. "Tous les étudiants étaient réunis et nous avons eu des sessions pour expliquer le fonctionnement de la fac, détaille-t-il. On s’est aussi réunis entre étudiants Erasmus pour poser des questions plus spécifiques. C’était également l’occasion de choisir nos cours pour le semestre. Ici, on ne suit pas un cursus en particulier mais des matières qui nous intéressent."

Ce qui a d’ailleurs aussi été le cas pour Nina et Théo, avec plusieurs spécificités. En Espagne, les études d’infirmiers durent quatre ans, l’étudiante est donc à cheval entre le programme de troisième et de quatrième année. Théo, qui se destine à devenir ingénieur a choisi un parcours orienté ingénierie responsable et durable, un thème qui lui tient particulièrement à cœur. "J’ai eu des cours d’architecture, d’autres dédiés aux nouveaux matériaux, liés à la modélisation du mouvement de l’eau… J’explore d’autres domaines", estime l’étudiant, pour l’instant ravi des choix qu’il a fait.
Léo espère aussi profiter de son Erasmus pour visiter Berlin.
Léo espère aussi profiter de son Erasmus pour visiter Berlin. © Photos fournies par le témoin

Trouver ses marques entre nouveaux cours et nouvelle organisation

Les trois étudiants découvrent aussi un tout nouvel environnement pédagogique. Pour Nina, pas facile de s’adapter tout de suite. "Le premier jour ne s’est pas très bien passé, je me suis perdue dans l’école et je ne m’attendais pas à ce que les profs parlent aussi vite… Le plus compliqué est d’arriver à suivre", se désole-t-elle.
Du lundi au mercredi, des cours de quatre heures s’enchainent dans des "classes-amphis". En fin de semaine, ce sont plutôt des séminaires en petits groupes… le tout, en espagnol. "Après ma première journée, j’étais déprimée. Je me suis demandé comment j’allais faire, résume-t-elle. J’ai appelé mes parents, j’en ai parlé à mes amis et ils m’ont beaucoup rassurée. Après, ça allait mieux mais je sais que j’ai beaucoup de travail."
Pour l’instant, Nina traduit tous ses cours même si certains sont plus faciles que d’autres car plus imagés ou déjà étudiés en France. "J’espère juste que ce ne sera pas comme ça toute l’année !" L’étudiante voit la différence avec le système français : les cours sont plus détaillés et pour l’instant, les travaux pratiques ne semblent pas d’actualité.
Pour Théo, il a plutôt fallu s’adapter aux nouveaux cours. "Parfois, je suis un peu perdu parce que c’est très théorique et j’ai l’impression que tout le monde comprend." Avec des cours à la carte, le Rennais n’est pas non plus toujours avec les mêmes étudiants en classe. "J’essaie d’aller vers tout le monde parce qu’on commence aussi à avoir des travaux de groupe à rendre mais ce n’est pas évident, les élèves parlent flamand."
De son côté, Léo ne se sent pas vraiment dépaysé par rapport à ce qu’il connaissait à l’IAE Gustave Eiffel. "Beaucoup de mes cours étaient déjà en anglais, comme ici, mais j’ai aussi choisi de faire des cours intensifs d’allemand pour m’améliorer. La différence se voit aussi sur la répartition des cours : on choisit six matières, dont deux principales, que l’on suit tout le semestre, les autres sont concentrées sur une période. Cela permet d’avoir du temps libre."
Arrivée un mois avant sa rentrée, Nina a découvert la vie nocturne de Madrid.
Arrivée un mois avant sa rentrée, Nina a découvert la vie nocturne de Madrid. © Photos fournies par le témoin

Découvrir le pays

Pour les trois étudiants, tout l’objectif est aussi de pouvoir profiter de leur vie d’expatrié. "L’Allemagne est un pays qui m’a toujours attiré et je pense qu’il n’y a rien de mieux qu’Erasmus pour s’immerger dans un pays, être confronté à une nouvelle culture, une nouvelle langue… J’ai d’ailleurs préféré prendre un appartement dans le centre de Berlin pour pouvoir visiter facilement. La ville est top !" assure Léo.

Théo a lui aussi commencé à faire du tourisme et rencontrer d’autres étudiants. "Il suffit de se rendre place du Luxembourg, il y a toujours plein de monde à boire un verre !" Même si elle a beaucoup de travail, Nina espère elle aussi profiter de Madrid. "C’est dur de devoir rester dans sa chambre pour travailler quand on est sorti pendant un mois, s’amuse-t-elle. Mais avec mon emploi du temps, je vois que je vais avoir du temps pour moi. En Espagne, il fait beau et c’est un bon pays pour rencontrer des gens de partout, c’est ce que je voulais !"

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