"On est en vacances !" : après les examens, le soulagement pour les étudiants en PASS

Par Pauline Bluteau, publié le 07 Mai 2021
5 min

Porte de Versailles à Paris, près de 1.400 étudiants en PASS (ex-PACES) de Sorbonne Université ont passé trois jours d’épreuves. Des examens qui pourront peut-être leur ouvrir les portes des études de médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie ou kiné. L’Etudiant est allé à leur rencontre.

Ce jeudi 6 mai, malgré la pluie incessante, les visages des étudiants affichent de grands sourires. Parapluie à la main, capuches de rigueur et masques toujours en place, ils sont près de 1.400 à sortir, en file indienne, de leur salle d’examens Porte de Versailles à Paris (75).

Pour ce dernier jour d’épreuves, les étudiants en PASS (parcours spécifique accès santé) sont plutôt bien accueillis : les étudiants en deuxième année, reconnaissables à leurs blouses blanches, les acclament en musique et sous les applaudissements. "On était à leur place l’année dernière, les deuxième année étaient venus aussi, cette fois, c’est notre tour !", estime Irina, en seconde année de médecine. "Ils peuvent être fiers du travail qu’ils ont accompli parce que l’année était quand même très difficile pour eux", poursuit Adélaïde, au même niveau d'études qu'Irina.

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Des étudiants en PASS et L.AS épuisés mais soulagés

Entre la réforme des études de santé, la crise sanitaire et les confinements, les étudiants en PASS (et en L.AS) n’ont effectivement pas été épargnés. À la sortie des épreuves, tous peinent à réaliser que l’année s’achève. "Il y a encore de l’adrénaline, je crois qu’on ne réalise pas vraiment que c’est terminé", explique Agathe. "Moi, je suis fatiguée, poursuit Laura, ces derniers jours j’ai eu beaucoup de mal à m’endormir, je me réveillais à 5 heures du matin…"

Quant aux résultats, difficile de savoir s’ils seront concluants. Selon Agathe, certaines épreuves ont été plus dures que prévu : "Ils ont innové cette année mais bon, c’est pour tout le monde pareil…" Plus loin, Eva et Emma, de leurs côtés, restent aussi dans le flou. "On est contentes que ce soit terminé mais on ne sait pas du tout à quoi s’attendre, il y a trop de paramètres à prendre en compte", assure Emma. Les étudiantes en PASS visent la filière pharmacie, mais aussi médecine pour Eva. "On verra, pour l’instant je ne sais pas trop, il faut attendre les résultats !"

Quoi qu'il en soit, Covid ou non, les étudiantes ont participé aux épreuves sans trop se poser de questions. "Je n'y ai même pas pensé, ce n'était pas du tout la priorité", admet Laura. "Je ne sais pas ce qu'on aurait fait si on avait été malade, maintenant que les épreuves sont derrière nous, ce n'est plus très grave !", estime Eva.

"Quand on est devant notre copie, on ne pense à rien d'autre", explique Laura, étudiante en PASS.
"Quand on est devant notre copie, on ne pense à rien d'autre", explique Laura, étudiante en PASS. // © Photo fournie par le témoin

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Une année en PASS particulièrement éprouvante

Mais après une année si chargée autant intellectuellement que psychologiquement, les esprits semblent être à bout. "C’était un carnage. Un car-na-ge", répète Agathe. En PASS, les étudiants ont tous dû choisir "une mineure", une discipline qui aurait dû être incluse dans leur programme initial mais qui leur a finalement été ajoutée, comme un cours supplémentaire. "Quand on s’est inscrit sur Parcoursup l’année dernière, on devait choisir une "mineure" mais on ne savait pas vraiment à quoi ça correspondrait, ni ce qu’on allait faire", résume Laura.

À Sorbonne Université, les étudiants ont le choix entre deux "mineures", biologie-physique-chimie ou les sciences du langage. "Comme je n’aimais pas beaucoup la physique, j’ai pris sciences du langage… mais je me suis retrouvée à faire du latin", raconte Agathe. "En fait, c’était la peste ou le choléra", tranche Laura.

Sous la pluie, les étudiants en PASS fêtent la fin de leurs examens.
Sous la pluie, les étudiants en PASS fêtent la fin de leurs examens. // © Pauline Bluteau

Pour Eva, le plus difficile cette année a été de tenir le rythme et de rester motivée. "Je me retiens de pleurer depuis trois jours. On travaille vraiment tout le temps et cette année, avec le Covid, on était tous chacun de notre côté, la solitude, c’est encore plus dur à gérer." "Certains ont lâché entre le premier et le second semestre, on l’a vu, il y avait plein de places vides dans la salle", indique Agathe.

Toutes ne pensent maintenant qu’à une chose : dormir, profiter de leurs proches, s’amuser, "vivre quoi, tout simplement !". "En fait, on a peur de s’ennuyer maintenant qu’on n’a plus de cours", s’exclame Laura. Pas de quoi s’inquiéter, sur le chemin du retour, les étudiants en deuxième année sont toujours là, prêts à emmener leurs cadets faire la fête… jusque dans le métro.

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