Études de santé : suppression du numerus clausus dès 2021

Par Pauline Bluteau, mis à jour le 26 Mars 2021
5 min

Jusqu’à présent, le numerus clausus fixait, chaque année, le nombre d’étudiants admis en deuxième année de médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie. La réforme du premier cycle des études de santé a changé la donne : le numerus clausus est supprimé dès 2021, mais s’agit-il vraiment de la fin des quotas ?

Après 50 ans de service, le numerus clausus voit son heure arrivée. Il y a tout juste deux ans, en présentant sa réforme du premier cycle des études de santé, le gouvernement avait annoncé la fin de la PACES (première année commune aux études de santé) mais aussi la suppression du numerus clausus.

Mise en place à la rentrée 2020, la réforme chamboule l’organisation des études de santé et notamment l’accès aux étudiants de PASS et L.AS (ex-PACES) en deuxième année de médecine, maïeutique, odontologique et pharmacie (MMOP). Dès cette année donc, plus de numerus clausus à proprement parler mais des capacités d’accueil fixées par les universités elles-mêmes.

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Fin du numerus clausus mais… pas de la sélection

La sélection pour entrer en deuxième année de MMOP sera donc toujours aussi rude, numerus clausus ou pas. "C’est un effet d’annonce : la fin du numerus clausus ne signe pas la fin de la sélection puisque les capacités d’accueil des universités restent limitées", tranche Loona Mathieu, vice-présidente chargée de l'enseignement supérieur à l’ANEMF (l'Association nationale des étudiants en médecine de France).

En effet, jusqu’en 2020, un arrêté ministériel fixait, au niveau national, le nombre d’étudiants admis en deuxième année de santé. Ce quota, extrêmement rigide, ne prenait pas en compte les besoins démographiques et les capacités des formations.

Dès cette année, ce sont donc les universités, en concertation avec les ARS (agences régionales de santé), qui proposeront un nombre de places aux étudiants actuellement en PASS et L.AS (et PACES redoublants). Mais, comme l’explique Loona Mathieu, ces capacités ne sont pas extensibles : "Les universités ne peuvent pas former autant d’étudiants et cela se complique aussi pour les stages qui commencent dès la deuxième année : les CHU sont saturés."

Pour vous donner un ordre d’idée : 55.252 étudiants étaient inscrits en PACES en 2019–2020 (avant la réforme), et avec le numerus clausus, seuls 14.238 étudiants ont pu poursuivre en deuxième année MMOP à la rentrée 2020.

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Sans numerus clausus, plus d’étudiants admis en 2021 ?

Même si on ne connait pas encore les chiffres exacts des admis en deuxième année pour la rentrée 2021, une chose est sûre : les capacités d’accueil pourraient être revues à la hausse.

"Avant la réforme, il fallait redoubler sa PACES pour entrer en deuxième année, désormais, on souhaite que le nombre d’admis soit plus important dès la première année de PASS ou L.AS", explique Emmanuel Touzé, doyen de l'UFR santé à l’université de Caen. Or, pour cette année, les PACES redoublants font encore partie des effectifs et doivent avoir autant de chances que les primo-entrants pour intégrer les filières MMOP.

D'après l'arrêté du 22 mars dernier, à la rentrée 2021, les universités prévoient d’ailleurs d'accorder 6.484 places aux PACES². De manière générale, "les capacités d’accueil et le nombre total d’admis pour la rentrée 2021, et même 2022, vont être plus importants, de l’ordre de 5 à 10%", confirme le doyen.

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Un système plus flexible à compter de 2022

Vous l’aurez compris, à cheval entre l’ancien et le nouveau système, l’année 2021 fait figure d’année de transition et d’exception. Dès 2022, le numerus clausus sera réellement remplacé par des objectifs nationaux pluriannuels.

Tous les acteurs de la santé et de l’enseignement supérieur (associations étudiantes, ARS, universités, ministères, professionnels de santé…) devront répertorier leurs besoins et leurs contraintes pour proposer une "fourchette de plus ou moins 5%" sur le nombre d’admis en deuxième année MMOP.

Ces objectifs seront calculés pour les cinq années à venir et permettront de mieux anticiper les demandes. Même si le doyen de l’université de Caen l’admet, "il y aura toujours des recalés" à la fin de la première année.

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