Ingénieurs et scientifiques à la SNCF : Samuel, 29 ans, dirigeant de proximité pour les services électriques et mécaniques

publié le 08 Février 2013
5 min

Assurer la maintenance des installations électriques et mécaniques sur les voies demande de contrôler régulièrement les appareils et d'intervenir sur place en cas de besoin. Tel est le rôle de l'équipe qu'encadre Samuel. Dirigeant de proximité, il est aussi responsable de la gestion quotidienne, budgétaire et des ressources humaines de son unité.
 

Son parcours


Admis à Centrale Paris après 3 ans de prépa, Samuel choisit l'option génie industriel couplée à la filière métier stratégie et finance. Diplômé en 2006, il est embauché dans l'entreprise où il a effectué son stage de fin d'études, une PME éditrice de logiciels. À l'issue de 3 ans en tant que chef de produit, il est "lassé de faire la même chose sans vraiment avoir de perspectives d'évolution".

Samuel décide alors de prendre le large et voyage pendant 6 mois. À son retour, il retrouve par hasard un camarade de promo qui travaille à la SNCF et qui lui donne envie de postuler. Embauché fin 2010, il suit un an de formation afin de "prendre connaissance du fonctionnement global des installations électriques :un tiers de la formation est consacré à la technique, les deux autres aux procédures et à la règlementation, résume-t-il. Avec un leitmotiv : assurer la sécurité du personnel et de la circulation". Il devient ensuite dirigeant de proximité pour les services électriques et mécaniques.


Son métier

À la tête d'une équipe de 20 techniciens, Samuel a d'abord une mission de gestion globale de sa structure qui assure la maintenance de la signalisation électrique : "Je suis en quelque sorte responsable d'une petite Business Unit, sur le plan du budget, des ressources humaines, du matériel et, plus généralement, de tout le fonctionnement quotidien", décrit-il. C'est aussi lui qui programme les chantiers auquel il affecte les agents.
  
  

Metiers de la SNCF - Samuel 1 - dirigeant de proximité pour les services électriques et mécaniques - © Adrien Toubiana 
  

Un plan annuel de maintenance dresse la liste exhaustive des interventions à réaliser : remplacement des lampes d'un signal lumineux, vérification de relais électriques qui permettent aux postes d'aiguillage de fonctionner, vérification de la tension mécanique et électrique d'une caténaire... Si ce planning constitue "un fil rouge, je suis sans arrêt en train de déprogrammer et reprogrammer les interventions, en fonction des urgences. Les 2/3 des chantiers ne se passent pas comme prévu", estime Samuel. On n'a pas conscience que le trafic ferroviaire comporte vraiment des risques, rappelle-t-il. C'est vrai que des trains arrivent en retard, mais il n'y a pas de mort".

Dans cette même logique de sécurité, Samuel effectue enfin des contrôles sur le terrain :auprès des agents, pour vérifier que les gestes techniques sont bien faits et les normes respectées, mais aussi directement sur des installations, pour s'assurer a posteriori que les opérations de maintenance ont été correctement réalisées.


Le rythme de travail

Au-delà de ses journées déjà chargées (8h00-18h30 en moyenne), Samuel doit assurer environ 6 semaines d'astreinte dans l'année,au cours desquelles il effectue obligatoirement une permanence jusqu'à 19h00. En outre, il lui arrive aussi de travailler la nuit, à raison de 4 nuits tous les 2 mois.


Ce qui lui plaît dans son métier

"C'est un défi permanent de réussir à faire tourner l'unité", sourit Samuel, qui vit le stress quotidien comme quelque chose de "positif : il n'y a jamais de confort, de stabilité, on ne peut pas se planquer derrière son bureau".

Évoquant aussi la diversité de ses missions, il en apprécie le côté parfois technique, la gestion humaine de son équipe, et le fait d'être "à l'interface entre les techniciens et les cadres".

Ce qui lui plaît moins


Réglementation oblige, les demandes d'autorisation d'intervention et celles de main-d'œuvre sont non seulement incontournables, mais sont suivies de demandes de confirmation. Résultat : "il y a des tonnes de documents à remplir", constate Samuel, pour qui cette partie administrative n'est pas la plus palpitante dans son métier.


Le salaire

Les grilles de la SNCF prenant largement en compte le diplôme des ingénieurs qu'elle recrute, Samuel gagne, du fait de sa formation à Centrale Paris environ 3.200 € net par mois, mais cette rémunération est supérieure, précise-t-il, au salaire moyen des dirigeants de proximité. Il occupe ce poste, pour lequel il est un peu surqualifié, lors du parcours "jeune cadre": cela fait partie de sa formation et de son intégration à l'entreprise.


Comment il envisage son avenir

Diplômé d'une des meilleures écoles d'ingénieurs françaises, Samuel devrait connaître une progression rapide et sera probablement amené à occuper des postes de direction avec davantage de responsabilités et de personnes à encadrer. Mais "c'est important, estime-t-il, de commencer par être proche du terrain, d'en connaître les réalités avant de prendre des décisions plus stratégiques dans un bureau".


Ses conseils

"Évitez d'avoir des idées préconçues et de hiérarchiser les métiers comme on a souvent tendance à le faire en école, en mettant notamment le conseil en avant", lance Samuel. Pour lui, l'essentiel est surtout de "savoir pourquoi on travaille, pourquoi on se lève le matin". Et de conseiller de "ne pas regarder seulement les métiers proposés par une entreprise, mais aussi s'intéresser à sa stratégie globale et ses perspectives. Par exemple, des investissements programmés dans un secteur permettent de mesurer l'énergie et le mouvement qui seront impulsés".

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