1. Cécile Nhoybouakong, 32 ans, régisseuse des copies de Paris Cinéma : "J’aime ce métier pour son aspect concret"
Témoignage

Cécile Nhoybouakong, 32 ans, régisseuse des copies de Paris Cinéma : "J’aime ce métier pour son aspect concret"

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En vacances, estival rime avec festival. Nous avons rencontré 14 professionnels travaillant à l’organisation de 4 grands événements culturels de l’été. Ils travaillent pour Paris Cinéma ou les Solidays à Paris, les Francofolies à La Rochelle, et pour les Rencontres internationales de la photographie à Arles. Dans ces témoignages, ils présentent leur métier au quotidien, racontent leurs parcours et vous donnent leurs conseils pour débuter.

"Mon travail à un petit côté fétichiste qui me plaît bien" rit Cécile Nhoybouakong, en charge de la copie des films pour Paris Cinéma. Ses fétiches à elle pèsent plus de 20 kilos chacun et s’entassent progressivement dans son petit bureau sous forme de grosses boîtes noires et carrées.

Localiser 200 films partout dans le monde


regisseur paris cinemaEtre régisseuse consiste tout d’abord, plusieurs mois avant l’événement, à pister les copies des quelques 200 courts et longs métrages qui sont programmés. Tout commence par un travail d’enquête sur internet… qui rappelle à Cécile ses heures passées en bibliothèque à préparer son mémoire de DEA (aujourd’hui master recherche) en Arts du spectacle. "Ce travail de localisation peut être très long, surtout comme cette année quand on a une importante sélection de films japonais" raconte Cécile. "Et puis, une fois localisés la copie et les ayants-droits, s’engage un travail de négociation des droits et des coûts de location du film." Cette partie "marchandage" comme elle l'appelle, n’est pas forcément la plus plaisante pour la jeune femme.

Négocier dans la bonne humeur


"Ce n’est pas toujours évident de parler d’argent" reconnaît la jeune femme. "Avec le Japon, cela prend beaucoup de temps et d’échanges mais je suis aidé par un collaborateur Japonais qui fait l’intermédiaire. Personnellement, j’ai choisi d’appliquer la méthode de l’humour. On essaie pleins de petites choses pour tenter de réduire la facture. Cela peut-être par exemple d’accepter de publier le logo du diffuseur en échange d’un rabais." Pour réduire les coûts, Cécile a aussi organisé des envois groupés de 20 films, surtout s’ils sont envoyés du Japon.

Au carrefour de plusieurs métiers


"J’aime ce métier pour son côté concret voire très physique. J’apprécie également d’être en contact avec un grand nombre de personnes : les diffuseurs dans le monde entier mais aussi les sous-titreurs, les projectionnistes ou les chauffeurs qui transportent les copies." Cécile apprécie d’autant plus de mettre la main à la pâte, que la régie est très complémentaire de son autre casquette, celle de programmatrice. Un métier qu’elle a découvert alors qu’elle était encore étudiante en cinéma à Paris et qu’elle faisait ses premiers stages dans des festivals. En 2002, suite à un stage, on lui propose un CDI au festival Premiers plans d’Angers, consacré aux premiers films européens. C’est grâce aux liens entre les deux festivals que Cécile a pu décrocher son emploi actuel, qu’elle occupe pour la seconde année consécutive.

Assurer le retour des copies


Pendant l’événement, Cécile supervise l’acheminement des copies par les chauffeurs pour qu’ils arrivent en temps et en heure en cabine de projection. Elle doit aussi assurer le retour des films ou leur transfert vers d'autres festivals. Ce n’est que le 31 juillet, dernier jour de son contrat de 5 mois et demi que Cécile pourra enfin souffler.

Sa formation : DEA de cinéma à Paris 1
Statut : salariée en CDD
Salaire : environ 1.600 € brut mensuel
Son conseil : faire un maximum de stages avant de se spécialiser dans une branche. Travailler dans le cinéma, cela peut signifier exercer dans l'exploitation, la diffusion, la production, la programmation, etc.

Pour aller plus loin : Chat vidéo : "Les métiers de la communication expliqués par des professionnels" / Postuler dans la communication : un CV (presque) parfait / Ecoles de journalisme : 16 prépas à la loupe / Intégrer une école de journalisme : les réponses à vos questions / Journalisme : comment bien démarrer dans le métier

Sommaire du dossier
Retour au dossier Alexandra Arnal, 28 ans, chargée de communication à Paris Cinéma : "C’est excitant de voir une information se propager sur la toile" Alice Martin, 30 ans, administratrice des Rencontres d’Arles : "Je suis comme un chef d’entreprise" Angèle Najjar, 32 ans, responsable du volontariat à Solidarité-Sida : "Le dynamisme des bénévoles est très stimulant" Anne Barjot, 34 ans, secrétaire générale de Paris Cinéma : "Notre communication doit s’adresser à tous les publics" Cécile Nhoybouakong, 32 ans, régisseuse des copies de Paris Cinéma : "J’aime ce métier pour son aspect concret" Delphine Lagache, 39 ans, responsable de la production artistique des Francofolies : "Le concert est la concrétisation de plusieurs mois de travail" Dimitri Larcher, 35 ans, attaché de presse de Paris-Cinéma : "Je dois donner envie aux journalistes d’écrire sur le festival" Isabelle Reveret, 34 ans, coordination artistique sur les Solidays : "Souvent sur les routes, les artistes aiment bien retrouver leur confort" Isabelle Saussol, 43 ans, responsable des actions pédagogiques aux Rencontres d’Arles : "J’aime voir les réactions des élèves" Kevin Douvillez, 32 ans, responsable de la programmation des Francofolies : "J’assiste à 3 ou 4 concerts chaque soir" Léo Martinez, 30 ans, régisseur d’œuvres aux Rencontres d’Arles : "La régie permet de voir l’envers du décor" Mariz Bessaguet, 47 ans, chargée de la communication et de la médiatisation des Francofolies : "Il faut de nouvelles idées pour surprendre les journalistes" Nathalie Gualdaroni, 29 ans, responsable des partenariats et de la promotion chez Solidarité-Sida : "L’énergie dégagée par les Solidays séduit nos partenaires" Olivier Etcheverry, scénographe des Rencontres d’Arles : "J’organise l’espace pour la satisfaction des artistes et du public"