1. Olivier Etcheverry, scénographe des Rencontres d’Arles : "J’organise l’espace pour la satisfaction des artistes et du public"
Témoignage

Olivier Etcheverry, scénographe des Rencontres d’Arles : "J’organise l’espace pour la satisfaction des artistes et du public"

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En vacances, estival rime avec festival. Nous avons rencontré 14 professionnels travaillant à l’organisation de 4 grands événements culturels de l’été. Ils travaillent pour Paris Cinéma ou les Solidays à Paris, les Francofolies à La Rochelle, et pour les Rencontres internationales de la photographie à Arles. Dans ces témoignages, ils présentent leur métier au quotidien, racontent leurs parcours et vous donnent leurs conseils pour débuter.

Se déplaçant en permanence entre les différents lieux d’expositions disséminés dans le centre-ville d’Arles, l’homme est difficile à localiser. Finalement, on retrouve le scénographe Olivier Etcheverry entre les hauts murs de l’église désaffectée des frères prêcheurs, pour le montage d’une exposition consacrée à la collection de photos de Marin Karmitz. L’église est plongée dans la pénombre : de sombres plastiques obstruent les vitraux.

Des cimaises de 4,50 mètres


festival photo olivier etcheverryAux Prêcheurs, de hautes cimaises (les cloisons ou murs qui reçoivent les cadres) de 4,50 mètres de hauteur découpent la nef en plusieurs salles. "Ce choix nous permet d’isoler les photos par grands ensembles d’un même artiste" justifie le scénographe. Les photos sont pour la plupart déjà installées ou en cours d’accrochage, reste encore à finaliser les éclairages. Perchés sur des échafaudages, des électriciens installent des projecteurs. Christian Caujolle, le commissaire, signale un problème avec les spots qui ne dégagent pas tous la même couleur.

Concevoir les espaces de 40 expos


En lien avec le directeur artistique du festival François Hébel et le commissaire, Olivier conçoit les espaces (du parcours aux éléments de décors) de plus de 40 expositions. Il collabore pour le festival depuis 2002. "Mon travail s’apparente un peu à celui d’un décorateur de théâtre car ce sont des constructions éphémères" résume Olivier. C’est d’ailleurs sur la scène, celle d’Opéra et de théâtre qu’il a appris son métier, après un passage éclair aux Arts-déco de Paris. "J’ai quitté l’école au bout de 3 semaines pour assister le scénographe Hubert Monloup et je ne suis jamais revenu" sourit-il.

Deux mois de travaux


Dès les premiers choix de programmation connus, Olivier Etcheverry commence à imaginer des propositions de scénographie. "Je dois organiser au mieux l’espace pour la satisfaction des artistes, des commissaires d’exposition mais aussi du public. Il faut par exemple toujours penser aux lieux d’entrées et aux sorties de secours ou à l’harmonie entre les éléments de scénographie et les lieux." Cette année, la phase de production proprement dite a démarré le 1er mai, 2 mois avant le vernissage. "J’aime ce passage de la conception sur papier à la réalisation", souligne le professionnel. "On dessine des formes idéales que l’on doit ensuite réaliser concrètement et faire tenir. A ce stade et malgré l’expérience accumulée, on a toujours des surprises !"

L’intervention de 80 artisans


Le matin même, on lui a signalé un problème sur l’exposition consacrée aux 60 ans du magazine Télérama. L’écran de télévision choisi pour la projection vidéo s’avère trop lourd pour la cimaise, il faut donc en reconstruire une, plus robuste. Environ 80 artisans et techniciens, menuisiers, peintres, électriciens voire maçons et serruriers réalisent les installations, sous la supervision du régisseur général, Nicolas Champion. Olivier doit également toujours garder à l’esprit le respect du budget travaux. Tant que possible, il essaie de ré-utiliser ou d’adapter les éléments de décors construits pour les éditions précédentes et stockés dans un hangar. Autres qualités nécessaires : "Être patient, à l’écoute des autres, mais aussi être déterminé."

Sa formation : autodidacte
Statut : salarié indépendant
Salaire : non communiqué
Son conseil : passer par une école comme les Arts déco ou l'ENSATT pour se faire un réseau amical et professionnel. Et en profiter pour solliciter un maximum les profs et s'imprégner le plus possible de leurs idées et conseils.


Sommaire du dossier
Retour au dossier Alexandra Arnal, 28 ans, chargée de communication à Paris Cinéma : "C’est excitant de voir une information se propager sur la toile" Alice Martin, 30 ans, administratrice des Rencontres d’Arles : "Je suis comme un chef d’entreprise" Angèle Najjar, 32 ans, responsable du volontariat à Solidarité-Sida : "Le dynamisme des bénévoles est très stimulant" Anne Barjot, 34 ans, secrétaire générale de Paris Cinéma : "Notre communication doit s’adresser à tous les publics" Cécile Nhoybouakong, 32 ans, régisseuse des copies de Paris Cinéma : "J’aime ce métier pour son aspect concret" Delphine Lagache, 39 ans, responsable de la production artistique des Francofolies : "Le concert est la concrétisation de plusieurs mois de travail" Dimitri Larcher, 35 ans, attaché de presse de Paris-Cinéma : "Je dois donner envie aux journalistes d’écrire sur le festival" Isabelle Reveret, 34 ans, coordination artistique sur les Solidays : "Souvent sur les routes, les artistes aiment bien retrouver leur confort" Isabelle Saussol, 43 ans, responsable des actions pédagogiques aux Rencontres d’Arles : "J’aime voir les réactions des élèves" Kevin Douvillez, 32 ans, responsable de la programmation des Francofolies : "J’assiste à 3 ou 4 concerts chaque soir" Léo Martinez, 30 ans, régisseur d’œuvres aux Rencontres d’Arles : "La régie permet de voir l’envers du décor" Mariz Bessaguet, 47 ans, chargée de la communication et de la médiatisation des Francofolies : "Il faut de nouvelles idées pour surprendre les journalistes" Nathalie Gualdaroni, 29 ans, responsable des partenariats et de la promotion chez Solidarité-Sida : "L’énergie dégagée par les Solidays séduit nos partenaires" Olivier Etcheverry, scénographe des Rencontres d’Arles : "J’organise l’espace pour la satisfaction des artistes et du public"