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Emmanuelle Seigner - Sur la bonne voix

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Divine surprise ! Emmanuelle Seigner signe un album rock en compagnie d’Ultra Orange, longtemps considéré comme le français « Garbage ».

Emmanuelle SeignerDans les salons du Plazza Athénée, à deux pas des Champs-Élysées, Emmanuelle Seigner semble complètement dans son élément. C’est ici qu’elle reçoit pour donner ses interviews en compagnie de ses nouveaux compères d’Ultra Orange, Pierre et Gil. Un hôtel qu’elle connaît bien. Après tout, n’a-t-elle pas enregistré plusieurs titres dans ce prestigieux palace parisien ? Elle est heureuse et totalement à son aise dans sa nouvelle carrière de chanteuse. Elle connaît ce rôle grâce à Backstage, un film passé quelque peu inaperçu, où elle jouait une star de la chanson. Du rêve à la réalité donc... Et pour rappeler qu’il ne s’agit pas ici de simple figuration, la belle blonde et ses amis se produiront sur scène dès le printemps 2007 pour défendre cet album. On attend ça avec impatience !

« Home made »
Parce qu’autant le dire : la fraîcheur qui se dégage de cet album totalement en anglais, écrit par Pierre, l’âme d’Ultra Orange, donne envie d’aller plus loin. L’idée de ce CD est pourtant tombée du ciel. Une rencontre, un hasard... Emmanuelle est à Majorque sur un tournage. Elle s’ennuie. Gil et Pierre la rejoignent avec un studio mobile, histoire d’enregistrer quelques titres... pour voir. La mayonnaise prend, et la suite s’écrit à Paris. Au final, onze titres sont enregistrés. « On était contents du résultat. Roman [Polanski] et Elvis, mon fils de 8 ans, ont tout de suite adoré. Ils m’ont poussée à aller jusqu’au bout. Mon fils est incollable sur Nirvana et écoute les Stones, raconte Emmanuelle. J’ai fait exactement ce que j’avais envie de faire. On m’avait déjà proposé des projets de disque qui ne correspondaient pas à ce que je voulais. Pierre et Gil sont arrivés avec leur univers et ça a collé tout de suite. » Cet album est au final un bel hommage aux années 70, avec sa production légèrement « home made », mais diablement efficace et qui laisse beaucoup d’espace à la voix de d’Emmanuelle. « J’ai essayé de faire ressortir toutes les facettes d’Emmanuelle, explique Pierre. Insolence, violence et tendresse : voilà ce qu’elle dégage. »

Prise de risques
L’histoire de l’album est aussi une histoire de copines. Gil, la compagne de Pierre et la deuxième moitié d’Ultra Orange, fait également du cinéma pour faire bouillir la marmite. Assistante sur des tournages, elle rencontre Emmanuelle, qui devient une bonne copine. C’est elle qui fait le lien avec Pierre... et voilà. On ne peut pas parler de calcul commercial en ce qui concerne Emmanuelle Seigner. Malgré une presse et un buzz favorables, Ultra Orange n’est pas à proprement parler le groupe rock de la décennie. Ses précédents opus n’ont pas explosé les charts et ont évolué dans une certaine confidentialité. Chanter en anglais est également une prise de risques supplémentaire pour une Française à l’accent bien marqué, malgré ses nombreuses collaborations à des productions internationales. Enfin, le style pop-rock totalement décalé où la voix flirte aux limites de la justesse n’en fera pas la nouvelle Céline Dion. Ajoutons à tous ces éléments une attitude résolument rock, pas d’une extrême modernité.
L’ambition est bien de rester vraie jusqu’au bout. Sur disque, c’est guitare-basse-batterie-voix, pas de chichi, ni de superproduction. Mais sur scène, ce sera aussi guitare-basse-batterie-voix. Emmanuelle transpire de sensualité et de légèreté, qui collent à son registre de Lolita. Bref, cet album est indéniablement une prise de risques. Et pourtant, tout est bon.
Avec ses frangines, on savait que la famille Seigner avait du talent et de l’audace. Avec cet album, Emmanuelle, l’aînée, démontre qu’elle connaît bien la musique !

Album : « Ultra Orange et Emmanuelle Seigner », chez RCA.


Ses coups de cœur

- Un film : « Borat de Larry Charles, un délire total. »
- Un CD : « Le premier album solo du guitariste des Strokes, Albert Hammond Jr. »
- Une exposition : « À la Fondation Cartier, l’expo du cinéaste David Lynch. »
- Une ville : « New York, sans hésiter une seconde ! »
- Un plat : « Les spaghettis bolognaise, sans modération ! »

Sommaire du dossier
Retour au dossier Sophie Marceau - Le goût des autres Alexandra Lamy - « Je voulais être gardienne de chèvres » Kamini - Le sex-symbol de Marly-Gomont Joss Stone - Authentique Manu Larcenet - « Pour combler ma solitude, je dessinais » Laurent Voulzy - En toute quiétude Judith Godrèche - Tout feu tout flamme Emmanuelle Seigner - Sur la bonne voix Catherine Frot - « Je voulais être inoubliable » Audrey Tautou - Tout entière Sanseverino - « Je me comportais comme un ado attardé » Damon Albarn and co… London calling Karin Viard - « A 20 ans, j’angoissais pour mon avenir » Marie Gillain - La douceur de vivre