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10 façons d’être enseignant

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Pour devenir enseignant, il faut passer un concours. Mais ensuite… il existe de multiples façons d’exercer ce métier au quotidien.

Du professeur des écoles d’un petit village qui a sous sa responsabilité une classe mêlant des élèves de 6 à 10 ans au spécialiste de comptabilité en lycée professionnel, en passant par le remplaçant d’anglais qui change de collège toutes les 2 semaines, la réalité du métier d’enseignant est bien plus diverse qu’on ne l’imagine. Tour d’horizon de toutes ces façons d’être prof.

Professeur dans un établissement privé

Dans l’enseignement privé, les professeurs ne sont pas affectés dans les établissements, mais ils sont recrutés par les directeurs des écoles, collèges et lycées. Avant de postuler, ils doivent décrocher soit le concours de professeur des écoles du privé, soit le CAFEP (certificat d’aptitude aux fonctions d’enseignement du privé), l’équivalent des concours pour devenir professeur au sein de l’enseignement public général (CAPES), technologique (CAPET) ou professionnel (CAPLP). Le niveau universitaire requis, les épreuves ainsi que le programme sont identiques à ceux de la fonction publique. Certes, le nombre de postes est moindre : 900 postes de professeur des écoles ont été ouverts dans le privé, en 2003, contre 8.000 dans le public. Mais les candidats aussi !

TZR (titulaire en zone de remplacement)

Certains professeurs sont affectés à une zone géographique donnée (une partie de l’académie) et non à un poste fixe. Ils effectuent alors des remplacements d’une durée variable, allant de quelques jours à une année scolaire entière. Le TZR peut ainsi être amené à enseigner dans plusieurs établissements simultanément. Cette situation, d’autant plus instable que les vacations sont brèves, peut déstabiliser de jeunes enseignants, parfois prévenus au dernier moment de leur affectation. Pour voir le côté positif de ce statut généralement non choisi (car il dépend de la discipline enseignée, des besoins académiques, de votre situation personnelle…), dites-vous que cette première expérience permet aussi de tester des établissements très différents.

Professeur dans un lycée professionnel

Pour préparer des élèves au CAP (certificat d’aptitude professionnelle), au BEP (brevet d’études professionnelles) ou au bac pro, les enseignants de lycée professionnel sont titulaires du CAPLP. Particularité de ce concours, il est organisé en 3 sections pour lesquelles les niveaux d’études exigés sont différents. Pour la section des métiers (bâtiment, costumier de théâtre…), il faut le bac et 7 ans de pratique professionnelle ; pour la section professionnelle (économie et gestion, génie industriel, hôtellerie-restauration…), un bac + 2 et 5 ans d’expérience sont requis, et pour la section enseignement général, il faut un master (bac + 5).

À savoir : dans cette dernière section, on ne peut pas enseigner une seule matière, français ou maths par exemple ; on est obligatoirement professeur d’anglais-lettres ou de maths-sciences physiques et chimiques. En revanche, dans les 2 autres sections, les professeurs n’enseignent qu’une seule discipline.

Professeur en lycée technologique

Sciences industrielles de l’ingénieur, marketing, sciences et techniques médico-sociales… Si vous souhaitez enseigner l’une de ces disciplines dites "technologiques", il vous faudra passer le CAPET et être titulaire d’un master. Une fois reçus au concours, les professeurs certifiés préparent les élèves à l’une des 8 séries du bac technologique.

Professeur de classe préparatoire

Pour enseigner en CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles), il faut détenir l’agrégation. Cette affectation est souvent vécue comme une promotion réservée, surtout en début de carrière, aux premiers classés à l’agrégation. Il faut dire que tout en étant rémunérés comme leurs collègues de lycée, les professeurs de prépa enseignent entre 8 et 11 heures par semaine (en fonction de la classe et du nombre d’élèves), contre 15 pour un agrégé (et 18 heures pour un certifié). Cependant, face à l’exigence des programmes des concours des grandes écoles, les cours demandent une préparation particulièrement importante. Si bien que, malgré la décharge dont ils bénéficient, nombre d’enseignants de prépa affirment travailler en réalité 50 heures par semaine.

Professeur à la fac

De longues études – 8 ans au minimum pour préparer une thèse – sont indispensables pour devenir enseignant-chercheur, en tant que maître de conférences, puis professeur des universités, après quelques années d’expérience. L’agrégation permet également d’enseigner dans une université.

Rémunérés selon la grille établie pour l’enseignement du 2d degré, les "PRAG" (nom donné aux professeurs agrégés qui exercent dans le supérieur) peuvent toutefois bénéficier d’une prime de recherche et/ou d’enseignement. Un statut hybride qui a des avantages, dans la mesure où il permet d’être en contact avec la recherche et de faire partie d’un laboratoire. Une position qui engendre également quelques inconvénients qui sont liés au fait que les PRAG doivent donner 384 heures de cours dans l’année, soit 2 fois plus que les maîtres de conférences dont ils n’ont ni le titre, ni la reconnaissance.

Professeur des écoles en milieu rural

Faibles effectifs obligent, les classes des écoles primaires de communes rurales regroupent généralement des élèves de plusieurs niveaux. Plus de 4.500 écoles en France ont même une classe unique. Pour l’enseignant, cela implique d’avoir une vision globale des apprentissages et d’organiser plusieurs activités en parallèle, autrement dit, de mettre en place une pédagogie différenciée, ce qui n’est pas toujours évident quand on débute. Cependant, cela pousse aussi à innover, tandis que le nombre souvent réduit d’élèves permet un suivi individualisé.

Professeur de LSF (langue des signes française)

Depuis 2008 à l’école primaire et 2009 au collège et au lycée, un enseignement en LSF (langue des signes française) est proposé aux élèves. Dans les écoles primaires, le professeur aide les jeunes malentendants à mieux maîtriser la langue des signes. À partir de la 6e, n’importe quel élève peut demander à apprendre cette langue et la passer au baccalauréat en tant qu’épreuve facultative. Pour recruter des enseignants, le ministère de l’Éducation nationale a créé, en 2010, le CAPES de LSF (avec 5 postes en 2013).

Professeur dans l’enseignement agricole

Trois concours donnent accès à l’enseignement agricole, qui compte plus de 200 lycées publics. En fonction de la discipline et du type d’établissement visé : vous passez le CAPESA (CAPES agricole) pour enseigner les matières générales en lycée agricole, le CAPETA pour les matières techniques (génie des procédés des industries agricoles et agroalimentaires, sciences et techniques agronomiques…) ou le CAPLPA pour l’enseignement professionnel. Au-delà de leurs différences, tous les profs s’attachent à former les jeunes aux métiers de l’agriculture et de la pêche. Dans la perspective de leur insertion professionnelle, les élèves attendent en général des cours plus pratiques et concrets que dans l’Éducation nationale.

Professeur pour élèves handicapés

Pour offrir un enseignement adapté aux élèves en situation de handicap, mental ou moteur, il faut d’abord avoir été titularisé (c’est-à-dire définitivement confirmé dans ses fonctions de professeur, après au moins 1 année d’expérience). Ensuite, il faut acquérir une formation complémentaire : le CAPA-SH (certificat d’aptitude professionnelle pour les aides spécialisées, les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap) ou le 2CA-SH (certificat complémentaire pour les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap). L’enseignant titulaire et spécialisé intervient dans une structure spécifique (classe d’intégration scolaire, section d’enseignement général et professionnel adapté…) et perçoit une petite indemnité indexée sur son salaire.

Professeur de FLE (français langue étrangère)

Enseigner le français à des étrangers non francophones, tel est le rôle du professeur de FLE. Mais celui-ci n’est pas un fonctionnaire de l’Éducation nationale, car il n’a pas passé les concours d’enseignement.
La formation en FLE est proposée comme parcours de licence ou spécialité de master par de nombreuses universités, certains établissements d’enseignement supérieur (l’Inalco, la Catho de Paris…), ainsi que par les Alliances françaises. Côté débouchés, les universités et les grandes écoles, en France ou à l’étranger, font appel à des professeurs de FLE, de même que certains organismes privés ou associations qui donnent des cours de langues. Cependant, il ne s’agit que rarement d’emplois à plein-temps.

21.000 places aux concours

En prévision de la rentrée 2013, 20.913 postes ont été ouverts cette année aux étudiants qui sont inscrits en 2de année de master ou déjà détenteurs du diplôme, via les concours externes (pour les non-fonctionnaires) ou 3es concours (accessibles aux fonctionnaires et aux non-fonctionnaires).
- Professeurs des écoles : 8.282 (public) ; 899 (privé).
- Professeurs certifiés enseignement général : 6.218 (public) ; 799 (privé).
- Professeurs certifiés de sport : 760 (public) ; 70 (privé).
- Professeurs certifiés ensei­gnement technologique : 464 (public) ; 56 (privé).
- Professeurs certifiés enseignement professionnel : 1.601 (public) ; 175 (privé).
- Professeurs agrégés : 1.589 (public).

Pour aller plus loin : Ma vie d’étudiante à Mulhouse : Marine, future prof d’anglais hyperactive / Devenir prof : possible même avec 4/20 aux concours de l'enseignement !

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