1. Laetitia, ingénieure chez Airbus : “Je travaille dans le secteur de mes rêves”

Laetitia, ingénieure chez Airbus : “Je travaille dans le secteur de mes rêves”

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Laetitia évolue dans l’aéronautique depuis une dizaine d’années. Après diverses expériences, elle est désormais ingénieur cadre chez Airbus, en charge du service sous-traitance pour une ligne de production. Son rôle : veiller à ce que l'approvisionnement des pièces d’avions se fasse en temps et en heure.

Son parcours

"Après une terminale scientifique, j'ai suivi une année de classe prépa maths sup, puis je me suis lancée dans une licence de mécanique à l'université d'Aix-Marseille. J'ai poursuivi jusqu'en maîtrise (devenu master 1) avant d'intégrer en admission parallèles l'ENSICA, une école d'ingénieurs toulousaine spécialisée en construction aéronautique. Je suis sortie de l'école deux ans plus tard avec le niveau bac+5.

Bien avant mes études, je voulais travailler dans l'aéronautique. Je rêvais d'être pilote d'hélicoptère. Je ne me suis pas engagée comme pilote, mais je suis restée dans l'aéronautique. À force d'en parler à mon père, il a fini par m'offrir des cours de pilotage d'ULM [avion dit "ultraléger motorisé, NDLR]."


Ses précédentes missions

"Six mois après mon diplôme, j'ai débuté comme consultante en informatique en Italie, pour une société du groupe Altran. J'y suis restée deux ans, jusqu'en 2002. Puis j'ai intégré EADS, qui m'a proposé un poste de gestion de projets sur l'A400M à Madrid, l'avion militaire développé par Airbus, leur filiale aéronautique. Le département a été muté à Toulouse en 2005 et j'y suis restée jusqu'en 2007.

Puis je suis partie à Séville, en Espagne, où j'ai travaillé deux ans en tant qu'ingénieure sur la chaîne d'assemblage final de l'A400M. Enfin, de 2009 à 2012, j'ai travaillé au contrôle de gestion du département des finances d'Airbus."

Laetitia, ingénieure chez Airbus : “Je travaille dans le secteur de mes rêves” // © Airbus
Laetitia est amenée à régler différents aléas comme les retards de livraison, les problèmes de qualité ou les éventuelles pertes de pièces.


Son métier

"Depuis fin 2012, je suis responsable du service sous-traitance d'une des lignes de production à l'usine Airbus de Saint-Éloi, à Toulouse. On y fabrique les mâts réacteurs [le mât réacteur est la pièce qui permet d'attacher le moteur à la voilure de l'avion, NDLR] de tous les appareils de la famille Airbus.

Cependant, nous faisons appel à un réseau de sous-traitants pour s'occuper de certaines phases de fabrication de ces pièces. Notre mission est de nous assurer que les commandes nous reviennent conformes en temps, en qualité et en coût. J'encadre une équipe de neuf chargés d'affaires et je gère les relations avec les sous-traitants. Je suis amenée à régler différents aléas comme les retards de livraison, les problèmes de qualité ou les éventuelles pertes de pièces."


La place des femmes dans l'aéronautique

"Dans une grande entreprise comme Airbus, certains départements sont plus féminisés que d'autres, comme les ressources humaines, la communication ou le contrôle de gestion. Je travaille à la production, un département où la proportion de femmes est plus faible. Mais je ne me suis jamais mise de barrières durant mon parcours et je suis désormais ravie de travailler dans ce département. C'est un milieu que je voulais découvrir depuis longtemps."

Ce qu'elle aime
 

"Ce qui me plaît le plus en production, c'est l'esprit d'équipe. Il y a une véritable entraide, comme dans une famille. Il y a aussi une grande fierté à fabriquer des avions."


Ce qu'elle aime moins

"Dans l'aéronautique, rien ne me déplaît, si ce n'est le fait qu'on ne puisse pas monter dans chacun des avions que nous construisons !"


Et si c'était à refaire ?

"Mon souvenir le plus douloureux est d'être passée par une classe préparatoire. Par conséquent, je n'obligerai pas mes enfants à passer par cette case. On peut devenir ingénieur sans cela."


Son conseil

"Il faut éviter de se poser des limites et s'autoriser à penser qu'on peut faire plein de choses. Vous ne devez surtout pas vous brider."


Le salaire d'un ingénieur cadre en aéronautique

D'après les données sociales du GIFAS, un ingénieur cadre en aéronautique débute sa carrière avec un salaire mensuel de 2.900 € brut en moyenne (35.200 € brut par an).

Sommaire du dossier
Retour au dossier Allison, électricienne sur avion chez Airbus : “L’esprit d’équipe est très fort dans mon travail” Laetitia, ingénieure chez Airbus : “Je travaille dans le secteur de mes rêves” Yannick, directrice de la branche Aircraft Systems chez Zodiac Aerospace : “J’encadre au total 6.500 personnes” Marie, acheteuse programmes chez Zodiac Aerospace : “On peut s’éclater dans l’aéronautique” Morgann, responsable programme de Latécoère : “Dès l’obtention de mon diplôme, j’ai été embauchée”