1. Yannick, directrice de la branche Aircraft Systems chez Zodiac Aerospace : “J’encadre au total 6.500 personnes”

Yannick, directrice de la branche Aircraft Systems chez Zodiac Aerospace : “J’encadre au total 6.500 personnes”

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Yannick, 54 ans, évolue depuis plus de 25 ans dans le secteur de l’aéronautique. Elle a exercé plusieurs postes à responsabilités dans de grandes entreprises comme Thales et Zodiac Aerospace. Elle confie ses clés pour réussir dans ce secteur.

Son parcours

"Après le bac, j'ai intégré la prépa de l'école d'ingénieurs INSA Lyon. En deuxième année, j'ai effectué un échange d'un an à l'Illinois Institute of Technology de Chicago avant de revenir en France terminer mes études d'ingénieur. Diplômée, je suis repartie trois ans à Chicago pour y passer mon doctorat.

Étudiante, je ne voulais construire ni des bâtiments ni des routes. Au départ, j'ai choisi l'aéronautique par élimination. Cela dit, j'aime les sports mécaniques, j'ai mon brevet de pilote d'avion privé et construire des machines, surtout des avions, m'a vite attirée. À l'INSA, j'ai choisi la spécialisation mécanique des fluides et thermodynamique, très liée à l'aéronautique."


Ses précédentes missions

"J'ai commencé ma carrière en tant qu'ingénieur d'études aéronautiques chez Thomson-CSF, devenue Thales. J'ai travaillé sur plusieurs programmes militaires comme le Mirage 2000 et le Rafale. J'ai successivement été promue chef de plusieurs services.

Puis, après plusieurs expériences de direction dans deux autres sociétés, j'ai intégré en 2007 le comité exécutif du groupe Zodiac Aerospace (1), que j'ai rejoint en 2003. J'ai dirigé la branche Services du groupe Zodiac Aerospace jusqu'en 2010. Depuis septembre 2010, je suis directrice générale de la branche Aircraft Systems (2)."

Yannick, directrice de la branche Aircraft Systems chez Zodiac Aerospace : “J’encadre au total 6.500 personnes” // © Zodiac Aerospace

Pour Yannick, diriger les équipes vers le succès est ce qui lui plaît le plus.


Son métier

"J'oriente la stratégie des entreprises de la branche. Je décide d'investir ou non dans le développement d'une technologie, d'un programme ou dans le rachat d'une entreprise. Pour prendre ce type de décisions, je dois prendre en compte la stratégie et les attentes de nos clients, comme Airbus ou Boeing.

Ensuite, je dois voir ce dont nos équipes sont capables, explorer les nouvelles idées, analyser l'avancée dans les laboratoires et jauger le coût. Il faut prendre ces décisions en étant à peu près sûr d'avoir un retour sur investissement. J'encadre au total 6.500 personnes."

La place des femmes dans l'aéronautique
 

"Autour de moi, j'ai toujours constaté moins de femmes dans les entreprises que sur les bancs des écoles d'ingénieurs. Les diplômées ne se dirigent pas vers les métiers techniques mais plutôt vers les métiers financiers. Or l'aéronautique a besoin d'ingénieurs qui conçoivent des équipements et de personnes qui mettent les mains dans le cambouis. Cela étant, j'ai toujours vu des femmes dans mon environnement aéronautique. Par ailleurs, elles ont plus d'ambition qu'il y a 25 ans, mais je pense que ça ne se limite pas à l'aéronautique. C'est un constat de société."


Ce qu'elle aime

"Diriger les équipes vers le succès est ce qui me plaît le plus. C'est aussi gratifiant et motivant de réussir à mener à bien les projets que nous avions planifiés. Je ne me lasse pas de mon métier. Je ne me suis jamais levée le matin en me disant : 'Zut, il faut que j'aille au boulot !'"


Ce qu'elle aime moins

"La paperasse. En tant que directrice, j'ai souvent des documents à lire et à signer. Il faut bien le faire, car ils engagent notre responsabilité et ça fait partie du jeu. Cependant, ils sont généralement rédigés par des juristes et cela les rend lourds à lire. C'est peut-être la partie la plus épuisante de mon travail."


Et si c'était à refaire ?

"J'aurais pu intégrer une meilleure prépa pour ensuite accéder à Centrale Paris ou Polytechnique. Mais pour des raisons financières, mes parents ont préféré que j'aille à l'INSA de Lyon, loin de mon domicile. Cela me permettait d'obtenir une meilleure bourse. Je l'ai regretté jusqu'à mon doctorat, mais aujourd'hui je ne pense pas que cela aurait changé quelque chose à ma carrière."


Ses conseils

"Le travail et la passion sont les clés la réussite. Les grands patrons de l'aéronautique aiment avant tout ce qu'ils font. Par ailleurs, je conseillerais aux femmes de décrocher le moins possible lorsqu'elles sont absentes de l'entreprise, pour congé maternité par exemple.

Un jour, Denis Ranque, l'actuel président du conseil d'administration d'EADS, avec qui j'ai travaillé chez Thomson-CSF m'a dit : 'Dans le travail, je suis asexué.' Je fonctionne de cette manière. Je n'ai jamais subi de remarque sexiste et je pense que si vous n'insistez pas sur la différence entre vous et un collègue homme, vos patrons ne la verront pas."


Son salaire

Non communiqué.



(1) Zodiac Aerospace, société française leader mondial d'équipements et systèmes aéronautiques montés à bord des avions commerciaux, régionaux, d'affaires et hélicoptères.
(2) La branche est spécialisée dans les systèmes embarqués des aéronefs.


Sommaire du dossier
Retour au dossier Allison, électricienne sur avion chez Airbus : “L’esprit d’équipe est très fort dans mon travail” Laetitia, ingénieure chez Airbus : “Je travaille dans le secteur de mes rêves” Yannick, directrice de la branche Aircraft Systems chez Zodiac Aerospace : “J’encadre au total 6.500 personnes” Marie, acheteuse programmes chez Zodiac Aerospace : “On peut s’éclater dans l’aéronautique” Morgann, responsable programme de Latécoère : “Dès l’obtention de mon diplôme, j’ai été embauchée”