1. Travailler dans l’artisanat du luxe : zoom sur 4 métiers d'exception
Reportage

Travailler dans l’artisanat du luxe : zoom sur 4 métiers d'exception

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Découvrez l’envers du décor de métiers au savoir-faire d’exception, ouverts aux plus passionnés. // © Céline Authemayou
Découvrez l’envers du décor de métiers au savoir-faire d’exception, ouverts aux plus passionnés. // © Céline Authemayou

Ils sont fleuriste-plumassier, maroquinier, sertisseur, brodeur. Leur quotidien : travailler sur des matières précieuses pour en faire des objets de luxe commandés par Chanel, Dior, Louboutin… ou des particuliers. Découvrez l’envers du décor de ces métiers au savoir-faire d’exception, ouverts aux plus passionnés.

Des pièces uniques ou produites en petit nombre, des objets aux lignes mille fois pensées et étudiées... Le luxe est un travail de fourmi, alliant savoir-faire d'exception et patience infinie. Un domaine où aucun geste n'est laissé au hasard. En la matière, la France jouit d'une réputation mondiale. Le "luxe à la Française", porté par ses grandes maisons et ses artisans d'art, s'exporte aux États-Unis, en Chine, au Japon, ou encore au Moyen-Orient.

Si vous avez envie de travailler dans le luxe au sein de petites structures

L'artisanat du luxe appartient à la grande famille de l'artisanat d'art. Ce secteur regroupe plus de 200 métiers et près de 38.000 entreprises. La plupart d'entre elles sont des petites structures, composées en moyenne de deux salariés chacune. Certains artisans décident de créer leur propre atelier, d'autres travaillent pour des prestataires, qui réalisent sur commande des objets pour les grandes marques du secteur. Enfin, les grandes maisons emploient elles aussi des artisans, à l'image de l'atelier de haute joaillerie de Chanel, qui a ouvert ses portes en décembre 2012.

"Dans les petits ateliers, les fonctions sont plus diversifiées", constate Lauriane Dubiez, responsable du service "Information" à l'INMA (Institut national des métiers d'art). "Dans les grandes maisons, les salariés auront au contraire des tâches plus spécialisées du fait notamment des volumes plus importants à produire."

Qualité indispensable : être très motivé(e)

Le bois, la pierre, le bijou et le textile sont les secteurs qui comptent le plus de salariés. Ils abritent des métiers très connus, à l'image du joaillier (voir le portrait de Pierrick, sertisseur aux ateliers Jean Christophe), l'horloger ou le maroquinier (lire le portrait d'Émilie, maroquinière chez Serge Amoruso) et d'autres beaucoup plus rares, qui s'inscrivent au cœur d'un patrimoine historique. Parmi eux, le gantier ou le fleuriste plumassier (lire le portrait de Cherita,  fleuriste-plumassière aux ateliers Legeron), qui fabrique des fleurs artificielles.

Ces professions s'exercent au sein de petits ateliers, nés pour certains au XIXe siècle. Quelques-uns ont été rachetés par des grands groupes (Chanel par exemple). Ils recrutent au compte-gouttes. Du côté des grandes maisons, l'embauche est elle aussi réduite. La passion du métier et une motivation sans faille sont donc indispensables.

Études supérieures ou non : vous avez le choix

Les métiers de l'artisanat du luxe sont tous accessibles après des formations courtes : CAP (certificat d'aptitude professionnelle), bac professionnel, BMA (brevet des métiers d'art, de niveau bac)... Certains cursus très rares peuvent être dispensés par un seul établissement en France !

Il y a encore quelques années, les étudiants suivaient majoritairement la voie classique : classe de troisième, puis CAP. Aujourd'hui, c'est de moins en moins vrai. "Dans ma classe de CAP broderie, au lycée Octave-Feuillet à Paris, nous étions toutes issues de filières générales", constate Capucine, brodeuse chez Lemarié. "Beaucoup de jeunes obtiennent un bac général, commencent des études supérieures, puis se réorientent vers un CAP, accessible alors en un an", confirme Lauriane Dubiez de l'INMA.

Si vous êtes passionné(e), foncez !

Difficile de dire si l'une des deux voies est privilégiée par les professionnels du secteur. "Si, dès la classe de troisième, la passion pour un métier est présente, il faut foncer sans hésiter, conseille Lauriane Dubiez. Si ce n'est pas encore le cas, la filière générale peut permettre de développer des compétences, qui seront toujours utiles."

Quel que soit le parcours choisi, les grandes maisons recherchent des jeunes professionnels ayant un très bon geste : l'excellence constitue leur marque de fabrique. Mais pas d'inquiétude : l'apprentissage se poursuira durant vos premières années de travail, aux côtés des artisans plus expérimentés.

Diaporama : dans les ateliers de 4 jeunes artisans d'art

Découvrez en images le travail de Capucine (brodeuse)Cherita (fleuriste-plumassière)Pierrick, (sertisseur), et Émilie (maroquinière) (leurs témoignages sont à lire dans la suite de notre dossier). Mettez le diaporama en mode plein écran ou cliquez sur les images pour accéder aux légendes.

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Julie, joaillier aux ateliers Boucheron : "J'ai choisi l'artisanat de luxe".
La vraie vie d'une VRP chez Yves Saint Laurent.

Sommaire du dossier
Capucine, brodeuse aux ateliers Lesage : “Avant les défilés, des nuits de travail” Émilie, maroquinière chez Serge Amoruso : “Le plaisir de travailler des matières rares” Cherita, fleuriste-plumassière aux ateliers Legeron : “Je suis fière de voir mes fleurs dans les grands défilés” Pierrick, sertisseur aux ateliers Jean Christophe : “Me faire plaisir et faire plaisir aux clients” Quelles formations pour travailler dans l'artisanat du luxe ?