1. Métiers de la musique : Anne, musicothérapeute
Portrait

Métiers de la musique : Anne, musicothérapeute

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Passionnée de psychologie et de musique, Anne a opté pour la musicothérapie. // © Photo fournie par le témoin
Passionnée de psychologie et de musique, Anne a opté pour la musicothérapie. // © Photo fournie par le témoin

Anne, 29 ans, est musicothérapeute et travaille avec des personnes en difficulté physique ou psychologique depuis 5 ans. Ancienne bénévole aux Paralysés de France et joueuse de flûte traversière, elle a trouvé un métier lui permettant d’exercer ses deux passions.

Son parcours

Anne a 18 ans quand elle entend parler pour la première fois de musicothérapie. À l'époque, elle n'y prête pas attention et se lance dans des études de psychologie. Mais arrivée en deuxième année, elle sent que quelque chose de vivant lui manque. "J'étais passionnée de musique, j'allais tous les week-ends au conservatoire, mais je ne voulais pas devenir professeur de musique." Pour allier ses deux passions, elle se renseigne sur les études de musicothérapie. "Je ne voulais pas intégrer une formation privée, je trouvais l'université plus sécurisante, avec ses instances de contrôle." Elle décide donc de suivre un double cursus pour terminer sa licence de psychologie et suivre en même temps le DU de musicothérapie de Montpellier.
À la fin de ses études, elle rencontre des difficultés pour trouver du travail. "Je cherchais des contrats salariés et c'était une formule qui ne correspondait pas aux institutions. Alors j'ai décidé de me lancer en libéral."
En 2009, elle rencontre Sandrine, 43 ans à l'époque, qui lui donne quelques astuces pour se lancer. Les deux femmes sympathisent et finissent par s'associer. "Elle avait trop de patients et moi je sortais d'études et j'étais un peu perdue. J'avais besoin qu'on m'aiguille."

Son métier

"La musicothérapie, c'est l'utilisation des sons et de la musique dans un but rééducatif et psychothérapeutique", résume Anne. Si c'est effectivement une thérapie par la musique, elle précise qu'il existe "mille façons de l'aborder". La musique permet à des patients atteints d'Alzheimer de travailler sur les émotions et les souvenirs.
Anne se concentre surtout sur les enfants autistes ou des adolescents avec d'importants troubles comportementaux. "Certains patients refusent l'autorité, transgressent les règles pour voir jusqu'où ils peuvent aller. L'instrument de musique est un intermédiaire entre le thérapeute et le patient, la musique dédramatise la relation et le rapport d'autorité, on se concentre sur autre chose." Ses patients disent d'ailleurs qu'ils vont "à la musique" et non "en thérapie".
Elle gagne environ 1.800 €, net, par mois, cela peut être très irrégulier car elle travaille sous le statut d'auto-entrepreneur.

Ce qu'elle aime le plus

"Je vois mes patients progresser, il y a des instants magiques. Par exemple, un jour j'ai commencé à jouer de l'accordéon devant un jeune autiste de 20 ans que j'avais comme patient depuis longtemps. Il n'avait jamais voulu jouer jusque-là. Je me suis assise par terre, il s'est levé et m'a regardé droit dans les yeux et il a posé ses mains sur l'accordéon. Depuis ce jour-là, il est plus actif en séance et vient vers moi, alors qu'avant beaucoup moins."

Ce qu'elle aime le moins

"Le problème principal est surtout la reconnaissance par les organismes de santé. La profession de musicothérapeute n'est pas réglementée. Autrement dit, n'importe quelle personne ayant effectué un stage ou une formation courte peut se déclarer musicothérapeute. Cela risque de provoquer une perte de confiance de la part des patients."
Le second problème est la visibilité. La discipline existe depuis les années 1970 en France, mais le réseau de professionnels n'est pas encore tout à fait constitué. "Nous avons une fédération des musicothérapeutes qui s'est mise en place, mais pour l'instant notre activité repose beaucoup sur le bouche-à-oreille."

Ses conseils

"Notre discipline est complémentaire à d'autres types de soins, mal utilisée, elle peut avoir des conséquences graves sur les patients. Il faut donc connaître leur vécu sinon on risque de créer d'importants traumatismes ou des crises d'angoisse."
Pour être musicothérapeute, il est aussi important d'avoir de l'empathie. En revanche, pas besoin d'être un virtuose pour pratiquer. "On ne regarde pas l'esthétique, on est fixé sur les sons, les rythmes, pas sur la technique musicale."

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Sommaire du dossier
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