Études de santé et mobilité internationale, c’est possible !

Par Pauline Bluteau, publié le 16 Octobre 2021
5 min

D’après l’agence Erasmus+, les étudiants en santé sont les moins nombreux à franchir le pas de la mobilité internationale. Pourtant, malgré les freins, partir à l’étranger quand on suit des études médicales ou paramédicales est tout à fait envisageable.

"Les étudiants ont envie de partir mais ils ne savent pas toujours comment s’y prendre", assure Mathilde Padilla, présidente de la FNESI (fédération nationale des étudiants en sciences infirmières). En effet, les mobilités internationales semblent encore assez peu ou mal connues des étudiants en santé et des établissements. Les filières paramédicales (infirmier, orthophoniste, kiné, psychomotricien…) mais aussi la maïeutique (sage-femme) ne sont pas toujours intégrées aux universités, ce qui freine l’accès aux mobilités. Voici donc ce qu’il faut savoir.

Différents programmes de mobilités internationales

Le programme le plus connu et le plus répandu reste le programme Erasmus+. Pour y accéder en tant qu’étudiant, il faut que l’établissement soit signataire de la charte Erasmus+. Si les universités le sont, certains IFSI (instituts de formation en soins infirmiers), écoles ou centres de formation font partie des exceptions et n’y sont pas rattachés. Renseignez-vous bien. La procédure est ensuite la même que pour les autres étudiants : choisir sa destination, son établissement d’accueil/son stage, gérer la partie administrative…

En parallèle, d’autres programmes peuvent aussi vous permettre de partir. "Les étudiants en médecine partent davantage via l'organisation International federation of medical students associations (IFMSA) : c’est un échange clinique autour de la santé publique mais avec un aspect culturel en plus", indique Nicolas Lunel, président de l’ANEMF (association nationale des étudiants en médecine de France). Un atout pour les futurs médecins qui accèdent directement aux centres hospitaliers pour leur stage.

D’autres étudiants privilégient aussi les départs via les ONG notamment pour faire de l’humanitaire mais les associations étudiantes mettent en garde sur le coût de ces mobilités qui ne sont pas encadrées par l’université et non-reconnues pour la diplomation.

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Choisir le bon moment pour partir

Les mobilités peuvent se dérouler à n’importe quel moment de votre scolarité. Généralement, la fin du cursus reste privilégiée par les étudiants. En médecine, les troisième, quatrième et cinquième années semblent les moments les plus propices au départ. Avec la mise en place de la réforme de l’externat, les associations étudiantes espèrent que la sixième année pourra davantage être consacrée aux mobilités – le passage des épreuves de l’internat se déroulant en début de sixième année à compter de 2024.

Du côté des futures sages-femmes, le deuxième cycle (quatrième et cinquième années) est aussi à favoriser. "Les étudiants ont plus de compétences et d’autonomie : lorsque l’on part dans des pays où l’hygiène n’est pas optimale, où il y a peu d’effectif, il vaut mieux avoir un certain bagage", estime Laura Faucher, présidente de l’ANESF (association nationale des étudiants sages-femmes).

Même constat pour les étudiants en sciences infirmières : "Aujourd’hui, ils partent davantage au sixième semestre donc en fin de troisième année mais dès la deuxième année c’est possible. Je pense que pour partir, il faut en effet quelques bases", souligne Mathilde Padilla.

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Des mobilités de stage et d’études pour enrichir son parcours professionnel

Dans tous les cas, les mobilités sont un vrai plus pour les futurs soignants. Les associations étudiantes montent au créneau pour informer et rendre accessibles les départs à l’étranger sans que cela n’ait d’impact sur la formation. "Pour l’instant, il n’y a quasiment que des mobilités de stage car il y a une méconnaissance des mobilités d’études, mais il faut que ça évolue", plaide la présidente de la FNESI.

Les étudiants en maïeutique sont souvent freinés par une formation déjà très prenante mais aussi par le manque d'équivalence en matière de cursus dans d'autres pays. Les mobilités se déroulent donc davantage dans les dispensaires en Afrique ou au Vietnam car le fonctionnement est très différent. "Les mobilités changent le regard sur la pratique, sur la façon dont on peut exercer plus tard en remettant en question notre travail", estime Laura Faucher. "Ils découvrent un autre pays, une autre culture et un autre système de santé, c’est une plus-value pour les futurs professionnels de santé", confirme Mathilde Padilla. Il n’y a donc aucune raison de ne pas se lancer, il suffit juste de bien s’informer !

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