Après le PASS ou la L.AS, des dispositifs pour accompagner les étudiants en 2e année de santé

Par Pauline Bluteau, publié le 25 Octobre 2021
6 min

À la rentrée, plusieurs universités ont mis en place des dispositifs d’accompagnement destinés aux étudiants en deuxième année de médecine, pharmacie... L’objectif : permettre aux différents étudiants venant de PACES, PASS ou L.AS de repartir du bon, ou plutôt, du même pied.

À Amiens, les étudiants en deuxième année de médecine ont commencé leur rentrée plus tôt que prévu, dès la mi-août. "Il n’y avait aucune obligation pour participer à cette pré-rentrée, souligne Eric Havet, vice-doyen de l’UFR de médecine à l’université Picardie Jules Verne. L’objectif était de revoir tout ce qui est utile pour entrer en médecine."

Car depuis la rentrée, les étudiants en deuxième année de santé viennent n’ont pas d’un mais potentiellement de trois parcours différents : PACES, PASS ou L.AS. Des étudiants aux profils très différents – comme le souhaitait la réforme du premier cycle des études de santé – puisque tous n’ont pas suivi les mêmes enseignements ni les mêmes spécialités en première année. Certaines universités, comme Amiens, ont donc pris les devants pour permettre à tous de repartir sur les mêmes bases.

"Des piqûres de rappel" pour bien commencer la 2e année d'études de santé

À l’université Côte d’Azur, les étudiants en médecine ont aussi eu le droit à 31,5 heures de cours sur les "bases médicales". Au programme : des stats, des biostats, de la chimie, de la philosophie des sciences médicales, des cours de santé publique, de physique… Autant de matières qu’il faut parfois approfondir dès la rentrée. Là encore, ces enseignements étaient ouverts à tout le monde. "Ce sont des notions pas toujours acquises voire des nouveautés pour certains étudiants de L.AS et surtout des révisions pour les PACES", détaille Isabelle Callea, directrice administrative de la faculté de médecine.

À Amiens, les cours se sont déroulés en présentiel et par petits groupes, de quoi proposer une pédagogie plus innovante. "Nous avons par exemple pu faire des cours d’anatomie sur une table de dissection virtuelle, le but étant qu’il y ait des interactions entre les étudiants et les enseignants", raconte le vice-doyen. De manière plus informelle, cette pré-rentrée devait aussi permettre à la nouvelle promotion de se rencontrer. "La cohésion d’un groupe est parfois bien plus importante que le contenu pédagogique, il fallait leur laisser ce temps", poursuit Eric Havet.

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Des cours utiles pour les étudiants de PASS, L.AS et PACES

Du côté des étudiants, ces cours laissent aussi la possibilité de se rassurer. "On a su assez tôt qu’on aurait cette pré-rentrée, et je ne me serais pas vu commencer l’année sans, confirme Maureen, en deuxième année de médecine à Amiens (anciennement en L.AS). On a pu voir où étaient nos lacunes et reprendre une bonne méthode de travail après les vacances. Cela m’a beaucoup aidé en anatomie par exemple, on était moins nombreux et c’était très intéressant."

À l’université de Rennes 1, les tutorats ont aussi mis la main à la pâte pour accompagner les deuxième année. Les étudiants en pharmacie ont commencé par des QCM en chimie analytique. L’objectif n’est pas de revoir les bases de la première année mais de retravailler et réviser les cours vus cette année. "Désormais, on ne bachote plus pour un concours, il faut plutôt appliquer ce qu’on apprend, c’est une autre méthode de travail. Les troisième et quatrième années nous aident en nous donnant des astuces", explique Noura, en deuxième année de pharmacie (anciennement en PASS).

Malo, en deuxième année de médecine à Rennes 1 suit aussi les cours donnés par son tutorat. "Je n’y vais pas parce que je suis perdu mais plus pour me donner un rythme de travail. Et puis cela reste bénéfique si l’on veut poser des questions", estime l’ancien étudiant en L.AS maths.

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Des résultats visibles lors des premiers examens

En revanche, aucun étudiant n’a parlé d’une différence de niveau notable entre PACES, PASS et L.AS. Selon eux, la question ne se pose pas. "Je pense qu’on est tous pareils : en première année, on apprend des détails qu’on ne retient que pour l’examen, admet Malo. On verra au second semestre car on doit faire de la biochimie et je n’en ai pas fait en L.AS, peut-être que j’aurais plus de difficultés…"

Même son de cloche pour Noura qui affirme que le niveau dépend surtout du travail personnel de chacun. Quant à Maureen, l’étudiante amiénoise retient surtout une promotion plus soudée grâce à la pré-rentrée. "On ne se sent pas pénalisé en fonction d’où l’on vient, au contraire car maintenant il y a plus d’entraide."

Les deux responsables de formation préfèrent attendre les examens du premier semestre pour voir si ces dispositifs ont porté leurs fruits. "Si cela était utile ? Oui. Et si c’était nécessaire ? On le verra", répond Eric Havet. "Les résultats du premier semestre nous diront si nous devons revoir notre copie, confirme aussi Isabelle Callea. Mais en tout cas, le dispositif doit se poursuivre, on ne pense qu’à la réussite de nos étudiants."

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