Obligation vaccinale des soignants : des étudiants en santé plutôt favorables malgré des appréhensions

Par Malika Butzbach, publié le 22 Juillet 2021
4 min

Déjà vaccinés ou en attente de l’être, les futurs soignants semblent majoritairement favorables au vaccin contre le Covid-19 quand celui-ci est plus discuté chez les professionnels de santé. Mais ils s’interrogent sur l’obligation soulevée et le fait d’être parmi les seuls concernés.

Alors que le Conseil d’État vient d’adopter, lundi 19 juillet, le projet de loi comprenant l’obligation vaccinale des soignants, qu’en pensent les étudiants en santé ? "Selon mes observations, il semble que les étudiants soient davantage en faveur du vaccin que les professionnels", estime Bleuenn Laot, présidente de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers. "Mais cela n’empêche pas de se poser des questions sur l’obligation vaccinale pour les soignants."

Si la vaccination semble "essentielle", l'obligation laisse un goût amer

Des vaccinations obligatoires sont déjà demandées pour certains professionnels de santé. Diphtérie, tétanos, poliomyélite ou encore hépatite B figurent dans cette liste. Léo, interne en psychiatrie, est vacciné contre le Covid-19 depuis février, après avoir bénéficié de doses qui restaient à l’hôpital où il travaillait. "C’était naturel pour moi : la vaccination est essentielle pour ceux qui travaillent avec des personnes fragiles dans un contexte pandémique." Le jeune homme se fait d’ailleurs vacciner chaque année contre la grippe.

Pour autant, le fait d’y être obligé laisse les jeunes amers : "Je me sens un peu montrée du doigt par le gouvernement", explique Léa, en première année de diplôme d’État pour devenir aide-soignante. "Cette obligation concernant seulement une partie de la population stigmatise les soignants, abonde Bleuenn Laot. On reporte sur eux la propagation de l’épidémie. Pourquoi ne pas l’élargir à l’ensemble des étudiants qui sont amenés à travailler avec des personnes fragiles, comme les futurs enseignants ou travailleurs sociaux ?" D’autant que cette obligation ne signifie pas adhésion des étudiants : "On peut obtenir le consentement des gens sans les obliger, souligne Léo. Rendre cela obligatoire peut entraîner des effets collatéraux."

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Des appréhensions parfois chassées par la sensibilisation des formations

Certains ont tout de même peur de cette piqûre. "On a entendu tout et n’importe quoi sur le vaccin", rappelle Léa qui a connu quelques appréhensions avant sa première dose, au lendemain du discours d’Emmanuel Macron le 12 juillet dernier. "J’avais déjà pris mon rendez-vous avant, mais j’y suis allée la peur au ventre et avec un peu de colère", raconte la jeune femme.

Louis, en 2e année pour devenir infirmier à Lille (59), a pris rendez-vous à la suite des annonces présidentielles. "Sincèrement, j’y vais plus pour pouvoir aller au restaurant et au cinéma que pour mon futur métier", dit-il en souriant. Lui aussi avait hésité les premiers mois, estimant qu’il n’y avait pas assez de recul sur ce vaccin puisque "tout est allé très vite".

Les futurs soignants veulent croire en l’éducation et à la sensibilisation pour faire accepter le vaccin. Pour Léa, c’est la discussion avec un de ses formateurs sur le sujet qui l’a rassuré : "Il nous a expliqué les mécanismes d’un vaccin, les enjeux et le bénéfice-risque dans le cadre d’un cours improvisé. Je pense que ça a apaisé toute la promotion alors que le sujet revenait tout le temps dans nos conversations." Par la suite, elle a repris ces explications en discutant avec ses amies, étudiantes dans d’autres secteurs, afin de les convaincre de se faire vacciner aussi.

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