1. Le D2E (diplôme d'étudiant-entrepreneur) : un passeport réussite pour Tristan
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Le D2E (diplôme d'étudiant-entrepreneur) : un passeport réussite pour Tristan

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Tristan, élève ingénieur à l'Insa Lyon, a suivi la formation au D2E. Une année fructueuse pour son projet. // © Photo fournie par le témoin
Tristan, élève ingénieur à l'Insa Lyon, a suivi la formation au D2E. Une année fructueuse pour son projet. // © Photo fournie par le témoin

Suivre la formation au diplôme d'étudiant-entrepreneur permet à tout étudiant ou jeune diplômé qui a un projet de sécuriser son aventure. Rencontre avec Tristan, un élève ingénieur-entrepreneur, qui explique ce que le D2E lui a apporté pour la création de sa start-up.

D2E : un nom de code qu'on croirait tout droit sorti de "Star Wars"... Passionné d'innovations technologiques et de mécanique, Tristan, élève ingénieur en alternance en M1 à l'INSA Lyon, fait partie de la première promotion de titulaires (avec 34 autres étudiants inscrits sur Lyon-Saint-Étienne) de ce "diplôme d'étudiant-entrepreneur". Ce diplôme d'établissement, créé en 2015, est proposé à tous les étudiants et jeunes diplômés qui veulent se lancer dans l'entrepreneuriat. Suivez la recette de son succès en 5 étapes.

1. Faire germer l'idée d'innovation

Étudiant en "génie mécanique conception innovation produit", Tristan a contracté le virus de l'entrepreneuriat lors d'un job d'été. Il était encore étudiant en DUT (diplôme universitaire de technologie) génie mécanique et productique à l'IUT de Lyon 1. "Je travaillais pour une coopérative de producteurs de plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Les agriculteurs m’ont expliqué qu'ils manquaient d’outillage spécifique à leur production. J'ai eu l’idée de conceptualiser une machine spéciale, en partant de l’achat d’une vieille moissonneuse-batteuse dont j’ai repris le mécanisme pour l’adapter à la récolte de plantes, et non pas de céréales." Le prototype plaît. D’autres cultivateurs se montrent intéressés. Tristan a identifié un besoin et un marché. Il décide d’aller plus loin.

2. Obtenir de l'aide pour structurer son projet

L'élève ingénieur de 21 ans développe son prototype d’outil de récolte dans un local qu’il aménage à Miribel (01). "Je ne savais pas comment cadrer mon projet. J'ignorais tout des étapes clés de la création d'entreprise". C'est alors que Tristan décide de postuler au statut d'étudiant-entrepreneur auprès du ministère de l'Éducation nationale. "J'ai demandé le statut en 2015, et le responsable pédagogique du D2E à Lyon, Melchior Salgado, m'a poussé à suivre la formation menant au diplôme pour faire avancer plus rapidement mon projet."

La préparation du D2E n'est en effet pas obligatoire pour les étudiants, même si elle est recommandée. En revanche, elle est obligatoire pour les jeunes diplômés qui veulent bénéficier à nouveau des avantages du statut étudiant. Pendant sa formation d'un an au D2E, Tristan a suivi des cours d'entrepreneuriat en présentiel le samedi, ainsi que des modules "hors les murs" : lectures, e-learning, participation à des événements organisés dans sa région...

3. Bénéficier de l'accompagnement de mentors...

"J'ai bénéficié de l'accompagnement de deux mentors qui m'ont accordé beaucoup plus que le quota minimum d'heures auquel ils sont tenus." Comme tout étudiant admis dans le programme du D2E, Tristan s'est vu attribuer un mentor académique et un mentor issu du monde professionnel, qui ont défini avec lui un programme de formation à la carte. "Mon mentor académique était Christophe Vitton, le directeur de l'IUT de Lyon 1. Et mon mentor professionnel Pierre Roset, ancien responsable régional de l'essaimage à EDF. Il m'a parfois rencontré à 6 heures du matin, avant d'aller travailler, pour parler de mon projet de création !"

Son mentor académique s'est fait l'ambassadeur auprès des professeurs à l'INSA pour qu'ils connaissent mieux le statut d'étudiant-entrepreneur. Un statut récent et encore méconnu, qui donne droit à un aménagement des études. Par exemple, un aménagement de l'emploi du temps pour concilier études et création d'entreprise, ou une substitution du projet entrepreneurial au stage obligatoire. Une possibilité avantageuse pour Tristan, qui doit à la fois suivre ses études d'ingénieur, travailler chez Renault Trucks et monter son projet entrepreneurial.

4. ... et de leurs réseaux

"Les mentors partagent leurs réseaux. Pierre Roset connaît du monde dans le milieu entrepreneurial lyonnais." Grâce à son mentor professionnel, Tristan a pu rencontrer un consultant en gestion qui l'a aidé à bâtir son plan de financement et son budget prévisionnel avant d'aller rencontrer et convaincre des banquiers. Également grâce à lui, Tristan a pu participer à un concours de création d'entreprises et y gagner un prix.

Mais si les deux tuteurs facilitent la réflexion du jeune étudiant sur son projet d'entreprise et lui ouvrent volontiers leur carnet d'adresses, ils ne se substituent pas à l'entrepreneur en herbe, qui doit lui-même mener à bien toutes les actions pour concrétiser son projet. Les deux mentors de Tristan lui ont fixé un calendrier avec des dates limites pour toutes les actions à accomplir. "Livré à soi-même, on est plus laxiste. Avec les échéances qu'ils m'ont fixées, mon projet a avancé plus vite", reconnaît-il.

5. Faire le plein d'aides et de visibilité

"Mon école d'ingénieurs m'a aidé dans mon projet. J'ai pu bénéficier de la bourse "Jeunes talents" de l'INSA Lyon. Et j'ai concouru au deuxième prix PEPITE Tremplin pour l’entrepreneuriat étudiant. J'ai gagné 5.000 € en décembre 2015", confie Tristan, qui a reçu son prix des mains de Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Éducation nationale, et de Thierry Mandon, le secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche."Le vrai plus de ce concours, c’est la visibilité. En être lauréat parle aux investisseurs. J’ai d’ailleurs été contacté dès le lendemain par des business angels."

Tristan sort alors un peu la tête de l'eau financièrement. Car la mise au point de ses prototypes réclame beaucoup d'argent. "Jusqu'ici, je les finançais sur mes seuls fonds propres, avec l'argent que je gagne comme étudiant en alternance. Grâce aux prix reçus, j'ai déjà pu acheter un étau-limeur, une machine de 2,8 tonnes", sourit Tristan, qui termine actuellement un nouveau prototype de batteuse.

Étudiant-entrepreneur : un statut, un diplôme, un prix


- Le statut national d'étudiant-entrepreneur permet aux étudiant(e)s et aux jeunes diplômé(e)s de moins de 28 ans d'élaborer leur projet entrepreneurial dans un PEPITE (Pôle étudiant pour l'innovation, le transfert et l'entrepreneuriat). Il en existe 29 en France labellisées par le ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. À noter : le dossier de candidature pour postuler au statut pour l'année 2016-2017 sera mis en ligne le 17 mai 2016 sur le site du ministère.

- Le diplôme d'établissement "étudiant-entrepreneur" (D2E) complète ce statut. Ce diplôme d'établissement permet d'acquérir les bases de l'entrepreneuriat (marketing, finance, gestion, juridique...) et d'affiner ses compétences pour mener à bien son projet avec un maximum de sécurité et de visibilité.

- Enfin, le prix national PEPITE, créé en 2014 par le ministère, est destiné à encourager et à récompenser l'esprit d'entreprendre chez les étudiants et les jeunes diplômés. En 2015, pour sa deuxième édition, il a récompensé 53 porteurs de projets dans des secteurs d’activité variés : santé, marché de l’art, numérique ou développement durable.

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