1. Jérémie Berrebi, le business angel du Web : "Si on peut aider des projets ultrapassionnants mais pas hyperrentables, tant mieux"

Jérémie Berrebi, le business angel du Web : "Si on peut aider des projets ultrapassionnants mais pas hyperrentables, tant mieux"

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À l'âge où certains se cherchent encore, eux sont devenus patrons. À moins de 30 ans, ils ont les yeux rivés sur leur budget et brassent plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires. Autodidactes ou diplômés, ils ont su flairer l'idée qui a fait mouche. Zoom sur 5 "e-réussites".

Autodidacte, pionnier de l'Internet, ce trentenaire est connu comme le loup blanc. Notamment parce qu'il a lancé en début d'année 2010, avec Xavier Niel, le créateur de Free, Kima Ventures, un fonds d'investissement spécialisé dans le e-business. Leur but ? Soutenir 200 start-up d'ici au printemps 2012.

Jérémie BerrebiAprès la vente de Net2One (éditeur de revue de presse sur le Web) en 2004, vous auriez pu vous la couler douce...
Vous connaissez beaucoup d'entrepreneurs qui ont arrêté de travailler après la vente de leur société ? Ce n'est pas mon but dans la vie, et puis, ce que j'ai touché – dont je ne vous donnerai pas le montant – ne m'aurait pas permis de tenir jusqu'à la retraite ! Je ne suis pas une grande fortune, mais c'est sûr qu'aujourd'hui j'ai une plus grande liberté pour profiter de mes 8 enfants. Je n'ai pas la hantise du découvert ni du licenciement. J'adore travailler. J'ai quitté l'école à 16 ans. À 24 ans, quand mes potes sont sortis de la fac, moi j'avais vendu Net2One et dirigé 70 salariés. C'est pourquoi, en 2005, j'ai lancé Zlio, une plate-forme pour créer sa boutique en ligne, et Kima Ventures, avec Xavier Niel.

Kima Ventures est très actif...
Nous sommes considérés comme le fonds qui investit le plus dans le monde ! Nous avons des participations dans 42 sociétés (Deezer, Leetchi, Carwego…), de 5.000 à 150.000 €. Sur les 1.300 à 1.500 dossiers reçus depuis février 2010, nous en retenons 1 à 2%. Notre stratégie, c'est de soutenir le maximum de projets et d'être évidemment rentables. On n'a pas de limites : nous comptons investir 20 millions d'euros d'ici 2012. Les fonds proviennent de la fortune personnelle de Xavier Niel.

Avez-vous voulu mettre votre réussite au service des autres ?
Ce fonds, c'est tout sauf de la philanthropie. En affaires, la philanthropie est malsaine, car en période de crise, le robinet s'arrête forcément. J'ai monté ma première société à 19 ans, je suis un "anti-études". Je sais comme il est compliqué de trouver des financements pour se lancer. Si on peut aider des projets ultrapassionnants mais pas hyperrentables, tant mieux. Cela change des fonds traditionnels. Certains aiment jouer aux jeux vidéo. Moi, j'adore participer à la vie des entreprises, les voir grandir.

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> Anne-Lise Perlat, 26 ans, cofondatrice d’Envao
> Romain Berland, 24 ans, cofondateur de ByNight Sport
> Eddy Fruchard, 23 ans, fondateur de Bois et Paille
> Brice Gaillard, 23 ans, fondateur associé de Tongo Asi

Propos recueillis par Emmanuelle Souffi
Novembre 2010
Sommaire du dossier
Retour au dossier Daniel Marhely, 26 ans, cofondateur de Deezer : "Pour se lancer, il faut que l'idée réponde à un besoin personnel" Frédéric Montagnon, 33 ans, président d'Overblog : "On se serait lancés par pur intérêt financier, on se serait plantés" Simon Istolainen, 26 ans, ex-fondateur de My Major Company et créateur de PeopleForCinema : "La clé, c'est la qualité du produit" Boris Saragaglia, 28 ans, fondateur de Spartoo (vente de chaussures en ligne) : "On s'est concentrés sur nos clients en cherchant à comprendre ce qu'ils voulaient" Jérémie Berrebi, le business angel du Web : "Si on peut aider des projets ultrapassionnants mais pas hyperrentables, tant mieux"