1. Métiers de l'immobilier : portraits de 5 pros
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Métiers de l'immobilier : portraits de 5 pros

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Qui dit crise économique ne dit pas forcément crise immobilière. Le secteur demeure en quête de nouvelles recrues, en particulier pour des postes cadres. A la clé, les fonctions traditionnelles, mais aussi de nouveaux métiers dans l'immobilier d'entreprise. Panorama des tendances pour les jeunes diplômés et portraits de pros.

Ils sont juriste, informaticien, asset manager, ingénieur et commercial. Des métiers que tout éloigne en apparence. Pourtant, les jeunes diplômés que nous avons interrogés ont un point commun : ils travaillent dans l'immobilier. Et leurs profils sont très recherchés, d'après Jean-François Grazi, président de Business Immo*. La preuve : l'APEC a annoncé, en 2011, l'embauche de plus de 3.000 cadres dans le secteur immobilier, dont 30% dans le commercial, 20% en droit et ressources humaines, 15% sur le chantier et 10% en finance.
 

"L'immobilier ne connaît pas la crise"
 

C'est ce qu'affirme Jean-François Grazi. Il suffit de regarder la flambée des prix au mètre carré pour lui donner raison. Néanmoins, certaines activités sont cycliques. "En période de crise, on construit moins, donc on embauche moins", observe logiquement Clément Cuny, directeur scientifique du master administration et management de l’immobilier de l'ESPI (Ecole supérieure des professions immobilières). L'activité du promoteur immobilier s'en ressent donc forcément, alors que celle du property manager (administrateur de biens nouvelle génération), par exemple, subit moins les conjonctures.


Compétences multiples exigées

"L'heure est à la professionnalisation", affirme Clément Cuny. Ainsi, l'agent immobilier ne se contente plus d'organiser des visites d'appartements. Des compétences juridiques, fiscales, techniques et environnementales sont demandées. "Les clients spéculent sur l'habitation, ils veulent savoir combien un appartement se loue, si c'est rentable, quels sont les régimes qui permettent une défiscalisation", détaille le représentant de l'ESPI.

Une complexification encore plus prégnante dans l'immobilier d'entreprise (bureaux, locaux commerciaux), où six mois sont nécessaires pour parvenir à la signature d'un bail, en présence de juristes. Difficile d'être spécialisé dans tous les domaines, mais les étudiants qui veulent travailler dans l'immobilier doivent être curieux. "Ce sont des métiers d'assembleurs, poursuit Clément Cuny. Pas besoin de connaître toutes les pièces du puzzle, mais il faut avoir l'intelligence de bien les assembler."
  

De nouveaux métiers en finance
 

La crise immobilière des années 1990 a eu pour conséquences la financiarisation de l'immobilier et l'arrivée de nouveaux métiers, souvent méconnus du grand public : asset manager, investment manager ou encore fund manager. "L'immobilier est devenu un actif financier à part entière", explique Olivier Morel, responsable RH d'Allianz France. Autrement dit, on a cessé de le considéré comme de la pierre brute. "Désormais, quand on acquiert un bien, on élabore un business plan pour connaitre sa rentabilité, les investissements nécessaires en matière de développement durable, etc."

Allianz France recrute des asset managers, des experts en acquisition et des portfolios managers. "Sur 145 collaborateurs, notre filiale Real Estate (immobilier, NDLR) compte 20 asset managers, de 30 ans en moyenne, qui ont 6 milliards d'euros d'actifs en gestion." De quoi perdre les pédales si on n'a pas reçu la formation adéquate.

Bac+5 à l'honneur

Avec cette complexification de l'immobilier, les entreprises du secteur recrutent essentiellement à la sortie des écoles de commerce, des écoles d'ingénieurs, des écoles spécialisées (ESPI, ICH, etc.) et des masters 2. Ce que confirme le responsable RH d'Allianz France, qui privilégie le stage et l'alternance pour repérer les futures recrues. "Mais on ne se limite pas à un seul diplôme", se défend-il. Même s'il admet une préférence pour les diplômes de Dauphine, l'Edhec et l'Essec.

Pour autant, les bac+2 ne sont pas en reste, notamment pour les postes de négociateur immobilier, mais ils constituent le niveau minimum requis : BTS professions immobilières, DUT carrières juridiques et BTS négociation et relation client. D'où la nécessité d'élaborer son projet professionnel le plus tôt possible, afin de choisir la formation la mieux adaptée.


*Business Immo et la Fondation Palladio ont organisé à Paris le premier Forum des métiers de l'industrie immobilière, en février 2012. Le bilan est satisfaisant, avec plus de 1.000 participants. L'expérience sera renouvelée le 14 février 2013 au CNIT Paris-la-Défense.



Des salaires (très) attractifs

"L'immobilier est un secteur où l'on peut gagner beaucoup d'argent, assure Jean-François Grazi, président de Business Immo. Quand on construit un parc immobilier qui vaut 100 millions d'euros, les enjeux sont énormes. Et on paie très bien ceux qui sont bons, comme dans le football !"

Exemple de revenus médians bruts annuels (commissions, bonus, intéressement et participation inclus)* :
Asset manager : 49.000 €
Ingénieur montage/technique : 51.000 €
Juriste : 58.000 €
Négociateur (agent immobilier): 15.000 € hors commissions et 74.000 € avec commissions
Responsable de programme : 49.000 €

* Grille des salaires de l'immobilier en 2011, par Hudson et Aon Hewitt, à lire ici au format pdf.

Sommaire du dossier
Travailler dans l'immobilier : ingénieur bâtiment Travailler dans l'immobilier : agent immobilier Travailler dans l'immobilier : informaticien Travailler dans l'immobilier : asset manager Travailler dans l'immobilier : juriste immobilier