1. Delphine Lagache, 39 ans, responsable de la production artistique des Francofolies : "Le concert est la concrétisation de plusieurs mois de travail"

Delphine Lagache, 39 ans, responsable de la production artistique des Francofolies : "Le concert est la concrétisation de plusieurs mois de travail"

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En vacances, estival rime avec festival. Nous avons rencontré 14 professionnels travaillant à l’organisation de 4 grands événements culturels de l’été. Ils travaillent pour Paris Cinéma ou les Solidays à Paris, les Francofolies à La Rochelle, et pour les Rencontres internationales de la photographie à Arles. Dans ces témoignages, ils présentent leur métier au quotidien, racontent leurs parcours et vous donnent leurs conseils pour débuter.

"C’est génial de se retrouver avec un public de 10.000 personnes qui fait la fête jusqu’à 2 heures du matin". Malgré près de 20 ans de métier dans la musique, Delphine Lagache est tout sauf blasée ! Son dernier enthousiasme remonte d’ailleurs à un concert de 2009 sur la grande scène de Saint-Jean d’Acre, installée au bord des remparts de la vieille ville. Un plateau très éclectique avec Goran Bregovic, La grande Sophie et un DJ, un public "à fond", résultat : une "merveilleuse énergie". "Le concert est à la fois la concrétisation des efforts fournis pendant l’année et un élan d’énergie" résume la responsable de la production. "Soudain en une soirée, ce sont des mois de travail qui prennent corps".

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Une professionnelle multicasquettes


Longtemps responsable du chantier des Francos (l’accompagnement professionnel des jeunes chanteurs), Delphine cumule encore plusieurs casquettes dont celle de chargée de production artistique, et programmatrice des Francos junior (concerts pour les enfants et leurs parents). Sa casquette de chargée de production artistique consiste à superviser l’accueil des artistes sur le festival. Gestion des plannings artistiques et des réservations des 2.500 nuits d’hôtels, répartition des loges, recrutement des chauffeurs et hôtesses, et délégués de production… ce travail suppose une bonne capacité à organiser et à bien faire circuler l’information. "Soigner l’accueil participe aussi de la bonne réputation des Francos et donne envie aux chanteurs et musiciens de revenir" estime Delphine qui insiste sur l’aspect collectif de sa tâche. Parmi les qualités nécessaires, elle souligne combien il est important de ne pas paniquer et de savoir gérer son stress en cas de problèmes.

Programmatrice des Francos-junior


Comme programmatrice des Francos-junior (la version enfantine du festival), son travail, différent, consiste en beaucoup de déplacements et de repérages d’artistes. Delphine Lagache profite des mois (plus calmes) d’hiver pour préparer son programme de 5 concerts. "Il faut faire preuve de curiosité, écouter des artistes sur internet ou les voir sur scène, et se mettre dans un réseau pour recevoir directement des informations." Pour cette militante de la chanson jeune public, ce projet doit aussi "donner envie" à certains chanteurs de se frotter à un nouveau public. Cette année par exemple, Enzo Enzo sera de la partie, avec une création "Clap !" pour les grands et leur progéniture… dès 6 ans.

Premiers concerts sur les campus


Préparant une maîtrise de communication à la fac de Villetaneuse, la jeune étudiante rencontre le bras droit du fondateur des Francofolies, venu donner des cours. Par son biais, elle décroche un premier stage à La Rochelle, 2 autres suivront. En parallèle, la jeune étudiante passionnée de musique s’engage bénévolement dans Campus à l’oreille, un festival dans les universités d’Ile-de-France. Son implication lui donne une première expérience de l’organisation de concerts. "J’ai appris beaucoup de cette expérience et notamment à gérer les imprévus. C’étaient des événements à toute petite échelle donc l’enjeu n’était pas très important mais cela apprend à être réactive."

Sa formation : maîtrise de communication à Paris 13 Villetaneuse
Son statut : salariée
Fourchette de salaire : entre 2.000 et 3.000€ brut mensuel
Son conseil : "Profiter des études pour apprendre un maximum de choses. En fac de communication, j’avais parfois l’impression de m’éparpiller entre les cours de photo, graphisme, nouveaux médias… Et je m’aperçois aujourd’hui combien cela me sert finalement. Quand on travaille pour un tel événement, toutes les compétences sont utiles."


Pour aller plus loin : Chat vidéo : "Les métiers de la communication expliqués par des professionnels" / Postuler dans la communication : un CV (presque) parfait / Ecoles de journalisme : 16 prépas à la loupe / Intégrer une école de journalisme : les réponses à vos questions / Journalisme : comment bien démarrer dans le métier

Sommaire du dossier
Retour au dossier Alexandra Arnal, 28 ans, chargée de communication à Paris Cinéma : "C’est excitant de voir une information se propager sur la toile" Alice Martin, 30 ans, administratrice des Rencontres d’Arles : "Je suis comme un chef d’entreprise" Angèle Najjar, 32 ans, responsable du volontariat à Solidarité-Sida : "Le dynamisme des bénévoles est très stimulant" Anne Barjot, 34 ans, secrétaire générale de Paris Cinéma : "Notre communication doit s’adresser à tous les publics" Cécile Nhoybouakong, 32 ans, régisseuse des copies de Paris Cinéma : "J’aime ce métier pour son aspect concret" Delphine Lagache, 39 ans, responsable de la production artistique des Francofolies : "Le concert est la concrétisation de plusieurs mois de travail" Dimitri Larcher, 35 ans, attaché de presse de Paris-Cinéma : "Je dois donner envie aux journalistes d’écrire sur le festival" Isabelle Reveret, 34 ans, coordination artistique sur les Solidays : "Souvent sur les routes, les artistes aiment bien retrouver leur confort" Isabelle Saussol, 43 ans, responsable des actions pédagogiques aux Rencontres d’Arles : "J’aime voir les réactions des élèves" Kevin Douvillez, 32 ans, responsable de la programmation des Francofolies : "J’assiste à 3 ou 4 concerts chaque soir" Léo Martinez, 30 ans, régisseur d’œuvres aux Rencontres d’Arles : "La régie permet de voir l’envers du décor" Mariz Bessaguet, 47 ans, chargée de la communication et de la médiatisation des Francofolies : "Il faut de nouvelles idées pour surprendre les journalistes" Nathalie Gualdaroni, 29 ans, responsable des partenariats et de la promotion chez Solidarité-Sida : "L’énergie dégagée par les Solidays séduit nos partenaires" Olivier Etcheverry, scénographe des Rencontres d’Arles : "J’organise l’espace pour la satisfaction des artistes et du public"