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Idée reçue n°2 : les chirurgiens passent leur vie à l’hôpital

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Grey’s Anatomy, Dr House, Urgences… Dans les séries télé américaines, les médecins traitent des cas désespérés, se disputent à longueur de journée et sont parfois très proches…. Et dans la vraie vie ? Vérification sur le terrain au service de chirurgie orthopédique de l’hôpital de Garches (92).

VRAI

Voici le déroulé d’une journée type dans ce service de chirurgie.

7 h du matin. Antoine, l’interne, arrive à l’hôpital. Premiers gestes de la journée : il met sa blouse et il enlève sa montre. Le voilà plongé dans un autre espace-temps. Il accélère le pas dans les couloirs. Et la visite commence. Au total, une quinzaine de patients seront vus. "Programmer les visites très tôt permet de descendre au bloc opératoire plus tôt aussi. Mais tous les services n’ont pas les mêmes horaires. En chirurgie, il faut compter le temps incompressible des opérations", explique-t-il.

7 h 45 : l’heure du staff. Les internes présentent le bilan des opérations de la veille à l’équipe médicale. En aparté, ils s’arrangent pour les gardes. Si l’un vient le samedi, l’autre vient le dimanche. "On ne travaille pas tous les week-ends à 100 %. Cela dépend des spécialités et du nombre d’internes. Par exemple, si on est quatre dans le service (comme c’est le cas), on vient un week-end sur deux. Si on est six, c’est un sur trois, etc. Le nombre de gardes peut donc varier de 4/5 à 8/9 par mois", estime Antoine. L’interne avoue avoir déjà effectué une visite le dimanche matin à Garches après une garde de vingt-quatre heures un samedi dans un autre hôpital. Dur…


8 h 30 : le bloc opératoire s’anime. Les médecins se répartissent dans les quatre salles. Antoine et Sébastien, les deux internes, épaulent le professeur Piriou et Fabrice, chef de clinique assistant. Leur mission : poser une prothèse totale de coude. Une opération peu fréquente (il n’y en a que 320 par an) et délicate qui, au total, va durer près de trois heures.

13 h 10. Deuxième opération. A peine le temps d’engloutir le menu du jour (crêpes au fromage, compote, jus de fruits) dans la mini cafétéria du bloc, la même équipe se retrouve pour travailler sur un os de jambe trop court.

16h.Troisième opération. Sous le regard de Fabrice, Antoine s’attaque à une fracture du col du fémur d’un paraplégique tombé de son fauteuil.
Au total, les chirurgiens du service auront mené une dizaine d’opérations. "C’est une petite journée, juge Frédérique, une infirmière. Deux patients ont été annulés et il y a moins de médecins à cause des vacances de Pâques".


17 h : l’heure du staff du soir. Aussitôt son pyjama de chirurgien jeté, sa blouse enfilée, Antoine fonce au staff du soir où sont présentés les cas à opérer la semaine suivante.

19 h. Le staff a "duré moins longtemps que d’habitude", selon Odile, une infirmière. Antoine peut alors commencer sa "contre-visite" des patients.

20 h. Antoine termine sa journée. "Il m’arrive de finir plus tard et de rentrer chez moi à 22 h 30. Je ne compte pas mes heures. Mais cela vaut le coup", confie-t-il. Et d’ajouter : "Ce n’est pas facile de trouver une femme qui veuille se marier avec un chirurgien" (avis aux amatrices).

Le lendemain, la même journée recommence.
Virginie Bertereau
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