Dossier : Le bac vaut-il encore quelque chose ?

L'épreuve de maths plus facile ?

On le dit obsolète, inégalitaire et superflu… alors que le bac fête ses 200 ans, nous vous faisons découvrir les coulisses des corrections. En bonus, une analyse de l’évolution des programmes et des épreuves de maths et de français. Alors, donné le bac ?

Depuis 2003, l’épreuve de maths au bac a subi un sérieux lifting. Exercices plus nombreux et plus courts, introduction des QCM et des vrai/faux, expérimentation d’un examen pratique… tous les moyens sont bons pour attirer de nouveau les élèves.

Le bac vaut-il encore quelque chose ?

Bilan cruel pour la spécialité maths du bac S… Choisie par 41 % des lycéens en 1995, elle ne l’était plus que par 24 % d’entre eux en 2006 (1). Les deux autres spécialités, la physique-chimie (38 % en 2006) et les sciences de la vie et de la Terre (37 %), l’ont reléguée en troisième et dernière position. Les maths pâtissent d’une mauvaise réputation… Trop difficiles ?

Opération séduction

Pour remonter les notes et attirer de nouveau les jeunes, le programme mais aussi l’examen ont évolué. En 2003, un lifting de l’épreuve a été entrepris. "Avant cette date, les élèves planchaient sur un grand problème – une fonction – noté 12/20 et deux exercices plus petits. Le déroulé du problème était quasiment toujours le même : il fallait établir la dérivée de la fonction, ses limites, trouver une suite, etc. Depuis 2003, les candidats doivent résoudre en moyenne quatre exercices de types différents, mais de niveau comparable", détaille Pascale Pombourcq, présidente de l’APMEP (Association des professeurs de maths de l’enseignement public), elle-même enseignante à Montauban (82).

Quand le bac se joue à la roulette

Fini le gros problème sur lequel la moyenne pouvait se jouer… La nouvelle maquette est plus variée. Elle permet de commencer par les exercices qui semblent les plus faciles. Elle introduit également des QCM (questionnaires à choix multiple) et des "vrai/faux" avec des points "négatifs", c’est-à-dire enlevés, en cas de mauvaise réponse. Jusqu’en 2006… "Cette année-là, pour la première fois, un vrai/faux sans points négatifs est inséré dans l’épreuve", se souvient Pascale Pombourcq. Résultat : si les élèves répondaient au hasard, ils pouvaient au mieux gagner un point, au pire… ne pas en perdre. Trop facile ! Chez les profs de maths, on râle…

Notes en hausse

En 2007, le QCM sans points négatifs mais avec quatre réponses possibles est instauré. Il est plus délicat de répondre au hasard mais en révisant bien les probabilités… "L’APMEP n’était pas forcément favorable aux QCM. Il s’agit d’un type d’exercice qui favorise la démarche intuitive. Il n’y a pas de justification, on peut procéder par élimination. C’est un peu du bidouillage…", déplore Pascale Pombourcq. Dans tous les cas, ça marche. Par exemple, dans l’académie de Bordeaux, les notes pour les élèves des spécialités maths et SVT n’ont cessé d’augmenter depuis 2003. En biologie, la moyenne a même été frôlée en 2006 (9,4/20) puis dépassée en 2007 (10,7). En physique-chimie, elles ont stagné.

Consignes aux profs

Au-delà des exercices (trois sur quatre, dans l’épreuve, sont tout de même plus classiques que les QCM), la notation joue également. "Au départ, on donnait un point positif pour une réponse bonne et ½ point négatif pour une réponse fausse. Aujourd’hui, on donne un point positif pour une réponse bonne et ¼ de point négatif pour une réponse fausse", confie Pascale Pombourcq. La tendance est à la souplesse… Par exemple, tant que la formule est juste, on peut laisser passer des erreurs de calcul.

La pratique, un coup de pouce

En 2003, une épreuve pratique a été mise en place en physique-chimie et en SVT. En 2007, le même genre d’exercice a été expérimenté en maths dans vingt lycées de neuf académies. Dans leur propre établissement, en cours d’année et avec leur propre professeur, les lycéens ont été évalués sur l’utilisation des calculatrices et de certains logiciels spécifiques à la discipline. Officiellement, la pratique – pas encore généralisée – sert à familiariser élèves et profs à l’informatique. Il avait également été question de supprimer ainsi la calculatrice lors de l’écrit… mais l’idée a été abandonnée. Officieusement, il s’agit bien d’attirer les jeunes vers la spécialité maths et, d’une manière générale, de remonter un peu les notes. En 2007, les candidats qui ont passée la pratique ont obtenu une moyenne approximative de 2,7 sur 4 (soit 13,5 sur 20). De quoi engranger facilement des points.


(1) Source : ministère de l’Éducation nationale.


Virginie Bertereau

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