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Témoignage

James, bachelier à 15 ans : "Pour réussir au bac, la motivation compte plus que le QI"

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James* n'avait que 14 ans quand il est entré au Cours Michelet de Nice. Mais avec un QI de 150, il n'est pas travailleur pour deux sous et a toujours eu du mal à s'investir dans ses études. Ce n'est pas si facile d'être intelligent !

Aujourd’hui, James (1) est un parfait "geek" inscrit en troisième année à l’EPITECH Lyon, une école d’informatique. Rien ne laisse deviner qu’en terminale il n’avait que 14 ans. Quand le psychologue niçois Jean-Charles Terrassier (2) annonce aux parents de l'adolescent que leur fils, alors en 6e, est doté d’un QI (quotient intellectuel) de 150, il leur conseille de l’inscrire au Cours Michelet de Nice, établissement privé qui lui permettrait de passer directement en classe de 4e. Car dans son collège, s’il a d’excellents résultats, il perturbe la classe. Mais ce changement est mal vécu par James qui doit mettre les bouchées doubles. Et si ce garçon est très intelligent, il est plutôt flemmard ! "Minimum d’investissement, maximum de rentabilité", telle est sa devise.

Au lycée, James peine à se faire des amis et prend en grippe ses professeurs. Il décroche son bac ES (économique et social) sans gloire… au rattrapage. Ce qui lui fait dire, lucide : "Ce qui compte, c'est la motivation, plus encore que le QI". Il s’inscrit ensuite à l’ESPEME de Nice, une école de commerce près de chez lui, "pour rassurer ses parents". Le commerce n’est pas son truc, mais sur place, il tisse des liens et apprend… à travailler en groupe.

L’année suivante, il s’inscrit à l’Epitech à Lyon, une école où James travaille par projet, de façon assez autonome. "Cela m’a tout de suite convenu, car j’ai vraiment les profs en horreur", dit-il avec franchise. Ce qui l’a obligé, à 16 ans, à vivre seul, éloigné du giron familial, sans pour autant que cela ne le gêne outre mesure. Actuellement en stage, il avoue ne pas aller au maximum de ses capacités. Et aujourd’hui ? James, le misanthrope, rêverait de devenir… pompier, "pour voir ce que cela fait de sauver les autres." Car il sent bien que pour lui, l’informatique est plus un hobby qu’un métier.


(1) Le prénom a été changé pour des raisons d'anonymat.
(2) Jean-Charles Terrassier, psychologue, spécialiste des surdoués et auteur des "Enfants surdoués ou la précocité embarrassante" (Éditions ESF).

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