"Les études en alternance, c’est génial pour avoir un pied très tôt dans l’entreprise !"

Par Etienne Gless, publié le 19 Avril 2021
9 min

Mode de formation hybride, l’alternance plaît aux jeunes car elle conjugue le meilleur de deux mondes : enseignement de fond au contact d’experts de la pédagogie et pratique professionnelle facilitant l’entrée dans le monde du travail. Témoignages enthousiastes.

Il est possible d’effectuer tout ou une partie de son cursus de formation en alternance du CAP au bac+5. Trouver son métier, apprendre en pratiquant, découvrir le monde du travail ou gagner en expérience professionnelle… L’alternance répond à nombre de problématiques d’orientation, de formation et d’insertion des jeunes.

Trouver sa voie

"L’alternance m’a permis d’orienter mes études vers l’univers professionnel qui me passionne, la beauté et le luxe", confie Mathilde, 23 ans, conseillère de vente en alternance au Bon Marché, un grand magasin parisien. Elle n’a pas hésité à passer un CAP Esthétique/cosmétique en un an après avoir obtenu son bac scientifique. "Durant mon CAP, ma maîtresse de stage m'a beaucoup inspirée et encouragée à me former davantage. J’ai donc poussé mes études jusqu’à un BTS MCO (management commercial opérationnel)", confie la jeune femme qui se forme également à l’Institut des métiers d’excellence du groupe de luxe LVMH pour y obtenir un titre professionnel de niveau bac+3.

"Une alternance d’un an me permet de mettre tout de suite un pied dans l’entreprise et de découvrir la réalité du monde du travail", se félicite de son côté Hélory, 20 ans, apprenti ingénieur méthodes chez Sodistra, à Vannes (56). Il a goûté à l’alternance dès la seconde année de son DUT (futur BUT) Génie mécanique et productique. "Les missions très techniques que j’ai eues m’ont permis de trouver mon parcours de vie et de savoir ce que je voulais pour mon parcours d’études : faire une école d’ingénieurs, l’ICAM. Mon entreprise m’a soutenu et signé un contrat d'apprentissage de trois ans", raconte-t-il. L’apprenti ingénieur va d’abord travailler à la transformation digitale de l’entreprise, "mais nous envisageons aussi que j’aille en mission à l’étranger durant mon cursus. Je me sens soutenu par l’entreprise et, sur le plan personnel, cela me permet de grandir et de m’épanouir".

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Savoir se démarquer sur le marché du travail

"J’ai toujours baigné dans l’apprentissage depuis le début de mes études. C’est un mode de formation qui doit être davantage connu et utilisé très tôt dans son cursus", sourit Angelina Lebrun, 22 ans, alternante pour la 5e année consécutive. Actuellement en contrat de professionnalisation au service Data science de la banque Crédit Agricole, elle y prépare son master en communication digitale. "L’alternance est une expérience forte que je pourrai mettre en avant et qui aura du sens aux yeux des recruteurs. Je n’arriverai pas devant eux en leur disant ce que j’ai appris ça à l’école. Je pourrai leur dire que ce que j’ai appris en cours, je l’ai appliqué en entreprise. J’ai acquis des compétences directement utiles dans le monde du travail."

Gagner en expérience professionnelle

À l’inverse, Tanguy, 24 ans, étudiant en pharmacie, a envisagé plus tardivement l’alternance dans son cursus. Après cinq années d’études de santé à l’université d’Aix-Marseille (13), le jeune homme est actuellement en alternance dans une école d’ingénieurs chimistes, l’Ensic, qui s’est ouverte à l’apprentissage en 2018. "J’ai été embauché par une entreprise industrielle, Septodont. À ce stade de mon cursus, l’apprentissage était pour moi indispensable. On développe en entreprise des compétences qu’on ne nous apprend pas à l’école ou à la fac. On peut être très bon en théorie, si on n’est pas bon en pratique ou dans l’humain, ça risque de pécher pour s’insérer dans le monde du travail", détaille Tanguy. "Par rapport à un stage plus court de six mois, l’alternance offre aussi la possibilité de missions plus étoffées que l’on peut mener et suivre durant toute une année", constate pour sa part Kathia, qui a effectué son master 2 en Management de la qualité en alternance durant un an chez Sanofi.

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Se réorienter ou reprendre une formation

Samy, 18 ans, en situation d’échec scolaire, a signé un contrat de pro avec le groupe Socotec (contrôle technique). Il alterne une semaine à l’AFPA (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) et une semaine en entreprise pour apprendre le métier de technicien vérificateur électrique. "Mon tuteur s’assure de ce que j’ai appris en cours et m’enseigne des connaissances nouvelles tout en vérifiant que mon travail est bien fait. Au début, c’était un peu l’inconnu, mais maintenant que je suis à mi-formation, je réponds aux questions du tac au tac ! Je peux déjà réaliser certaines tâches seul, mais toujours sous le contrôle du tuteur. J’espère être embauché en CDI à l’issue de la formation", affirme-t-il.

"Notre but est d’embaucher les jeunes que nous formons. Si Samy est 'carré' et s’il fait les efforts nécessaires il sera intégré à l’entreprise", confie le tuteur du jeune homme, Ranto Rajonson. Pour Samy, qui a arrêté son cursus en seconde, se former en alternance est la meilleure manière d’apprendre : "à l’école, je n’aimais pas être assis toute la journée. Cette formation est rapide et je suis le plus souvent sur le terrain. J’apprends mon métier par la pratique, auprès de personnes qui en ont l’expérience."

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Trouver un organisme d'accueil…

L’inquiétude numéro 1 reste la difficulté à trouver un organisme d’accueil. "Cet été, ni mes recherches pour un job d’été ni celles pour une alternance n’avaient abouti. J’ai contacté l’agence d’intérim d’Adecco qui m’a aiguillé vers le métier porteur de chargé de recrutement", se souvient Nabil, 19 ans, étudiant en 1re année de DUT GEA (Gestion des entreprises et d’administration) à l’IUT de Brétigny-sur-Orge (91). Il a fini par signer un contrat chez Adecco industries (agence de Paris 15).

Les obstacles à surmonter pour trouver une alternance ne sont pas minces pour les candidats : "Vous rencontrez des entreprises qui ont peur de ce que vous allez leur coûter, d’autres qui doutent de votre utilité, ou d’autres encore qui ne veulent pas recruter des alternants, déplore Nabil. Mais on peut surmonter tout ça. À travers mon sport, le rugby, j’ai appris à faire preuve de persévérance et ça a été la clé pour avancer et finalement trouver mon contrat".

L’accompagnement peut aussi être une clé. "La mission locale de ma commune, Ivry (94), m’a aidé pour trouver une entreprise car tout seul, je n’y arrivais pas. Tous les magasins que j’ai contactés étaient frileux", confie Kevin qui a débuté en janvier 2021 en apprentissage son BTS MCO au sein d’une enseigne de jouets.

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… Et le bon

Autre souci : perdre son employeur du fait des difficultés économiques. Une mésaventure arrivée à Marie, 21 ans, alternante chez Clé de Fa, une petite société de conseil en communication au sein de laquelle elle prépare son master en création digitale. "J'ai connu un contretemps qui m’a mise en panique : mi-août, une entreprise me confirme mon embauche en alternance avant de revenir en arrière début septembre en raison de la crise. Mes cours à Sup de Pub commençaient une semaine plus tard ! J’ai contacté une dirigeante par mon réseau et j’ai pu retrouver très vite un contrat chez mon employeur actuel", se réjouit la jeune femme.

Dans cette quête à tout prix d’une entreprise ou d’un organisme d’accueil, le risque est de se contenter de ce qu’on trouve. "Beaucoup de mes camarades se sont rabattus sur des entreprises qui ne leur convenaient pas vraiment et ne bénéficient pas de l’apport réel de l’apprentissage, remarque Tanguy. Moi, je savais que je voulais une entreprise de taille intermédiaire et familiale pour effectuer mon alternance et non un grand groupe. J’ai pris du temps pour ma recherche et j’ai eu la chance de la trouver."

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