Réforme des études de santé : le Premier ministre annonce des mesures exceptionnelles

Par Pauline Bluteau, publié le 04 Juin 2021
6 min

Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé plusieurs mesures à propos des études de santé. Elles concernent les étudiants actuellement en PASS et en L.AS et leur poursuite d’études en vue de la rentrée 2021.

C’est donc un "plan d’actions" sur les études de santé qu’a présenté Jean Castex le 2 juin 2021 après avoir consulté les deux ministres de tutelle, Frédérique Vidal, côté enseignement supérieur et Olivier Véran, côté santé. Ces quelques mesures visent les étudiants en PASS (parcours spécifique accès santé) et en L.AS (licence avec option "accès santé") qui s’orienteront pour certains vers l’une des cinq filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kiné) ou vers une deuxième année de licence en santé à la rentrée 2021.

Faciliter la poursuite d’études des étudiants en PASS et L.AS

Alors que de nombreux étudiants en PASS comme en L.AS ont déjà reçu leurs premiers résultats d’examens, le Premier ministre a annoncé "une série de mesures complémentaires en faveur de la mise en œuvre de la réforme de l’accès aux études de santé".

Dès cette année, les universités auront la possibilité de réaffecter les places restantes pour permettre aux étudiants d’entrer en MMOPK. Ce ne sont donc plus 70% des places qui pourront être pourvues par un même parcours (souvent les élèves en PASS) mais jusqu’à 85%.

De même, une commission d’examens exceptionnelle sera mise en place "au sein de chaque université pour examiner les situations individuelles de certains étudiants qui, malgré des résultats aux examens permettant une admissibilité, n’auraient pas validé une unité d’enseignement". Car dans certaines universités, les notes ne sont pas compensables entre elles, ce qui était pourtant le cas en PACES. Ainsi, un étudiant qui obtient moins de 10/20 dans l’un des enseignements ne peut pas prétendre intégrer les filières MMOPK. Attention, le chef du gouvernement n’assure pas pour autant que toutes les notes sont compensables.

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Toujours pour faciliter l’accès aux études de santé, le Premier ministre prévoit l’organisation de sessions de rattrapage des disciplines mineures (en santé pour les L.AS et dans une autre discipline au choix pour les PASS). Le ministère de l'Enseignement supérieur n'a pour l'instant pas précisé si ces sessions de rattrapage pourraient jouer sur l'admission en MMOPK ou non. Initialement, seuls les candidats ayant validé leur année, en première session pouvaient entrer en deuxième année de santé.

Enfin, une précision a également été apportée pour les étudiants en L.AS. Ils conserveront la même discipline majeure de L.AS 1 en L.AS 2.

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Un accompagnement spécifique en deuxième année d'études de santé à la rentrée 2021

La réforme avait également provoqué quelques inquiétudes sur les niveaux potentiellement disparates des étudiants venant de PASS et de L.AS admis en deuxième année d’études de santé. Un accompagnement spécifique sera donc mis en place par les universités à la rentrée prochaine pour les élèves issus de L.AS. Mais aussi pour les élèves venant de PASS admis en L.AS 2 afin de renforcer leurs connaissances sur leur majeure. Jean Castex compte sur "le tutorat et les ressources numériques".

Quant aux capacités d’accueil pour entrer en deuxième année d'études de santé à la rentrée 2021, elles seront "au moins identiques à cette année 2020–2021". Au total, 16.750 places sont donc disponibles (+12%) et réparties entre les derniers étudiants en PACES, les PASS et les L.AS.

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Une réforme des études de santé vivement critiquée

La plupart de ces annonces s’appuient en réalité sur différents rapports publiés il y a plusieurs semaines, entre autres, par les sénateurs et les députés. Bien que tous parlent d’une réforme des études de santé nécessaire, l’application de la réforme en pleine crise sanitaire a pris de court les universités, provoquant de nombreuses critiques de la part des étudiants, associations d’étudiantes et collectifs qui en ont alerté les institutions.

Si de leurs côtés les députés proposent l’abandon du PASS, jugé trop proche de la PACES, au profit des L.AS, les sénateurs envisagent quant à eux une possibilité exceptionnelle de redoublement en PASS cette année. Tous s’accordent à dire qu’un cadrage national plus serré sur les contenus pédagogiques, les modalités d’admission et la sélection est nécessaire pour garantir une meilleure équité et lisibilité des parcours de formation en santé.

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