Un métier réputé sélectif : sage-femme

Par Sandrine Chesnel, publié le 11 May 2009
3 min

Si certaines professions imposent effectivement un long parcours d’études et peuvent paraître difficiles d’accès, elles proposent en contrepartie des débouchés intéressants.

Mathieu Audfray, 29 ans  : "Je suis soufflé par la puissance qui se dégage à l’instant de la naissance"
 
C’est au collège que l’idée lui est venue. "Je m’étais rendu au CIO [centre d’information et d’orientation] pour me renseigner sur les professions susceptibles de me plaire… C’est là que j’ai découvert le métier de sage-femme, qui m’a tout de suite intéressé." De ses études, Mathieu garde un souvenir mitigé : "C’est difficile, physiquement et psychiquement : le rapport avec les sages-femmes des maternités-écoles est rarement simple." Quand on lui demande si le fait d’être un garçon dans une profession presque exclusivement féminine n’a pas ajouté à la difficulté, la réponse fuse : "Bien sûr que non ! C’était aussi dur pour les filles que pour les garçons !"

Son diplôme en poche, Mathieu s’installe en libéral pour faire de l’accompagnement global : une pratique encore assez peu répandue en France, qui consiste à suivre les futures mamans pendant toute leur grossesse et à accompagner leur accouchement à domicile. "Pendant ma troisième année d’études, j’avais participé à une naissance à domicile et réalisé que la plupart des accouchements à l’hôpital sont beaucoup trop médicalisés." Pendant cinq ans, Mathieu tient le rythme particulièrement exigeant lié à cette façon d’exercer : "C’est beaucoup de disponibilité, et il est difficile de bien gagner sa vie, sauf si on pratique de gros dépassements d’honoraires."

Depuis l’année dernière, "le" sage-femme est redevenu salarié, dans la petite maternité de Givors (69) où l’on travaille dans le même esprit que lui – "comme à la maison, ou presque". Même s’il est plutôt mal rémunéré et peu reconnu ("personne ne sait que nous exerçons une profession médicale, comme les médecins et les dentistes"), Mathieu aime toujours autant son métier : "Je suis soufflé par la cohérence et la puissance qui se dégagent à l’instant de la naissance… À chaque fois, je remercie de pouvoir participer à un tel moment."

Sa formation : première année de médecine, puis quatre ans d’études en école de sages-femmes. Depuis mars 2013, le Diplôme d'Etat est reconnu au grade de master (bac + 5). Une reconnaissance qui entrera en vigueur pour les diplômés de 2015.
Son salaire mensuel net : 1 300 €. 

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