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L’énergie côté ingés : un secteur où on économise pour l’avenir

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Pas de raison pour les jeunes ingénieurs de broyer du noir face à la crise. Non seulement certains secteurs, l'informatique et l'aéronautique en tête, continuent tout de même de recruter, mais partout les métiers évoluent et de nouveaux besoins émergent au fil des départs à la retraite et des progrès technologiques. Revue de détail des tendances 2015.

La mode des nouvelles énergies (photovoltaïque, éolien...) est passée, à cause des baisses de subventions qui ont impacté la demande. "Dans ce contexte financier compliqué, on mise plus sur les économies d'énergie que sur les énergies renouvelables", constate Nicolas Régnier, président-fondateur de Green Soluce, société spécialisée dans la performance énergétique des bâtiments tertiaires.

Aujourd'hui, les investissements des clients sont concentrés sur les projets qui permettront d'optimiser leurs coûts et leur assureront une rentabilité sur long terme. Ainsi, la tendance est moins aux constructions neuves qu'à la rénovation.

Des métiers aux compétences mixtes

Si les enjeux de l'énergie évoluent, les métiers aussi. Aujourd'hui, selon Nicolas Régnier, les ingénieurs "doivent avoir une vision globale des projets, ne pas se limiter à la technique de leur spécialité. La performance énergétique nécessite une conception intégrée, déjà présente dans le monde anglo-saxon". De la climatisation à l'architecture, il faut faire preuve de curiosité pour s'ouvrir aux autres métiers qui participent à l'amélioration d'un bâtiment énergivore. Savoir estimer le coût global d'un projet est par exemple essentiel aujourd'hui.

"On recherche de nombreux ingénieurs pour occuper des postes de managers mais aussi de commerciaux, et peu de jeunes diplômés connaissent nos métiers. Inversement, les étudiants sortant d'écoles de commerce n'ont pas les compétences techniques correspondant à nos emplois", constate Raynald Ferdinand, responsable gestion des compétences à Dalkia Est. Cette filiale du groupe EDF, spécialisée en efficacité énergétique, recrute environ une centaine d'ingénieurs par an en France.

Chargé d'affaires ou data analyst ?

Parmi ces métiers mixtes, on peut citer celui du chargé d'affaires. Celui-ci développe un portefeuille et propose des solutions de performance énergétique, comme de la maintenance d'équipement technique.

Autre tendance : "L'arrivée du digital va relancer et même intensifier la guerre des talents dans le monde avec la recherche notamment de profils très rares et très prisés comme les data scientists ou data analysts. Ces derniers possèdent des compétences très pointues en mathématiques, statistiques mais couplées à une sensibilité business et nécessitant aussi une approche sociologique des comportements des clients leur permettant d'établir des algorithmes très complexes en vue de mieux répondre à leurs besoins", constate René Rozot, directeur attraction des talents marque emploi à la DRH de GDF Suez. Le recrutement dans son entreprise est constant : un millier de cadres sont recrutés en France chaque année, dont 80 % de profils techniques.

Une activité qui a du sens

Du côté des jeunes diplômés, la motivation est là pour tous ceux qui souhaitent contribuer à sauver la planète. "Ils sont attirés par une activité qui a du sens. On se sent utile en réduisant l'impact du carbone, explique Nicolas Régnier. Cela serait un plus si les écoles formaient leurs étudiants sur les directives européennes, dont découlent la plupart des réglementations sur l'énergie", estime ce dirigeant.

À noter, le secteur de l'énergie ne recrute pas que dans l'économie d'énergie, mais aussi dans l'exploitation de pétrole ou encore le nucléaire. EDF prévoit de recruter entre 1.300 et 1.400 ingénieurs en 2015, car 30 % de ses effectifs partiront à la retraite d'ici 2020, principalement dans le nucléaire.

Pour aller plus loin : Futurs ingénieurs, misez sur les doubles diplômes / 10 façons de devenir ingénieur / Futurs ingénieurs : 5 bonnes raisons de viser les PME / Filières scientifiques cherchent filles désespérément

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