1. Entretien avec Marie-Gwenn Robin, interprète à la Commission européenne
Témoignage

Entretien avec Marie-Gwenn Robin, interprète à la Commission européenne

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Connaissez-vous un métier attractif, bien payé et qui va connaître une pénurie de candidats dans les années à venir ? Ce métier est celui d’interprète de conférence. Et contrairement aux idées reçues, pas besoin de parler douze langues pour postuler. Si vous êtes français et bilingue, on vous attend !

Depuis 2 ans, Marie-Gwenn Robin est interprète-fonctionnaire à la Commission européenne. Mais avant d'en arriver là, elle a travaillé pendant plus de 10 ans en free-lance. Elle raconte son parcours et sa passion pour son métier.


A quel moment avez-vous envisagé de devenir interprète ?

 

J'ai très tôt souhaité devenir interprète... Un goût prononcé pour la langue française, une vraie passion pour les langues étrangères, le goût des voyages, la volonté de fuir la routine, autant de raisons qui m'ont, très jeune, poussée à m'intéresser à cette profession un peu hors des sentiers battus...
  

Quel parcours d'études avez-vous suivi ?

 

J'ai d’abord obtenu un diplôme de traducteur (français-allemand-anglais-espagnol), parallèlement à une maîtrise d'allemand, à l'université catholique d'Angers. Ces 4 années d'études ont été entrecoupées par deux années passées en Allemagne (une année de formation sur la politique européenne, l'histoire de l'art en Europe, l'histoire de la philosophie... et l'autre à travailler pour l'office franco-allemand de la jeunesse). J'ai ensuite poursuivi mes études pendant 2 ans encore, à l'ISIT, à Paris, où j'ai obtenu le diplôme d'interprète de conférence en français - allemand - anglais - espagnol.

Quels ont été vos débuts professionnels ?

 

J'ai effectué mes débuts dans la profession... 2 jours seulement après avoir décroché mon diplôme ! J’ai travaillé pour le Parlement européen, l’ONU… J'ai tout d'abord eu le statut de free-lance, puis j’ai obtenu un contrat d'agent temporaire pendant deux ans au Service d'interprétation de la Commission européenne. Je suis ensuite redevenue free-lance et j’ai repris ma vie de nomade institutionnelle ! Avant de devenir fonctionnaire, il y a 2 ans.

Quelles sont les qualités que doit posséder un interprète ?

Il doit avoir l’amour de sa langue maternelle, une passion pour les langues étrangères et faire preuve de curiosité à chaque instant. Il doit être capable de travailler en équipe, car on est 2 ou 3 en cabine. Chaque jour, les sujets sont différents, il faut donc faire preuve d’adaptabilité. Enfin, un interprète travaille sous pression. Contrairement au traducteur qui a le temps de choisir le mot juste, l'interprète doit faire un choix et le bon... en l'espace de quelques secondes...
  

Pourquoi avez-vous décidé de passer le concours de la fonction publique européenne ?

 

Après 10 années d'expérience professionnelle durant lesquelles j'ai pu découvrir le fonctionnement des différentes organisations de l'intérieur, le moment était venu de rejoindre les rangs de l'une d'entre elles, de m'identifier à une organisation. Un avis de concours venait d'être publié et après quelques semaines de préparation (passage au crible de toutes les questions communautaires notamment...), je me suis présentée au concours !

Qu'appréciez-vous plus particulièrement dans votre travail ?

 

L'interprète travaille dans l'ombre, il est au service des délégués (experts, syndicalistes, députés, ministres, chefs d'Etats), mais il est, en permanence, en prise avec l'actualité. Ce dont il est question en réunion, c'est de notre quotidien d'aujourd'hui ou de demain. Et c’est passionnant ! Les journées d'un interprète se suivent mais ne se ressemblent jamais ! De la politique étrangère aux droits des passagers aériens en passant par l'alimentation des poules pondeuses, l'on touche à tout !

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