1. Le modeleur 3D, potier virtuel
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Le modeleur 3D, potier virtuel

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“Quelle que soit l'école que l'on intègre, il est indispensable de s'entraîner par soi-même”, estime Luca, modeleur 3D pour le studio Illumination Mac Guff. Ici, un étudiant de Supinfogame Rubika, à Valenciennes. // © Aimée Thirion/HansLucas pour l'Etudiant
“Quelle que soit l'école que l'on intègre, il est indispensable de s'entraîner par soi-même”, estime Luca, modeleur 3D pour le studio Illumination Mac Guff. Ici, un étudiant de Supinfogame Rubika, à Valenciennes. // © Aimée Thirion/HansLucas pour l'Etudiant

Il est l'un des acteurs de la filière du cinéma d'animation et du jeu vidéo. À partir d'un dessin, le modeleur 3D façonne la matière sur ordinateur pour former un objet en trois dimensions. Témoignage extrait du guide “Les Métiers de demain” de Martin Rhodes.

Luca, 23 ans, est modeleur 3D pour le studio d'animation Illumination Mac Guff. Il a notamment travaillé sur des films d'animation comme Moi, moche et méchant et Les Minions.

Chaque film respecte le même processus. Le scénariste et le réalisateur esquissent ce qu'on appelle un “story-board”, c'est-à-dire un scénario sous forme de bande dessinée. Puis les dessinateurs représentent le décor de chaque vignette à l'aide d'un crayon et d'une feuille blanche. Luca reçoit le dessin d'un objet en deux dimensions. Il s'en inspire pour créer ce même objet en trois dimensions. Un verre d'eau lui demande vingt minutes de travail, un arbre plusieurs jours.

Luca doit respecter le trait du dessinateur et l'univers visuel du film. Mais il s'aide de photos et de vidéos pour s'approcher au plus près de la réalité. “Pour créer un arbre, je pars d'une matière brute qui est un cube, explique le jeune modeleur. J'ajoute ou j'enlève de la matière, je crée des courbes, je façonne. Je suis une sorte de potier.”

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Un potier certes, mais virtuel. Car Luca ne se sert pas de ses mains mais d'une souris d'ordinateur et d'un logiciel complexe. Il part d'un objet grossier composé de six facettes et gagne en détails en ajoutant des facettes. Le résultat est un objet de plusieurs centaines, voire milliers, de faces.

Luca est diplômé de L'Institut supérieur des arts appliqués. “Quelle que soit l'école que l'on intègre, il est indispensable de s'entraîner par soi-même en téléchargeant un logiciel. Cela permet au passage de décrocher des stages”, recommande-t-il, avant d'ajouter : “Dans une classe, certains étudiants sont compétents en dessin, et d'autres en informatique. Il ne faut pas hésiter à demander conseil.”

• Le mot du métier

Normales inversées : le modeleur conçoit un objet creux, il lui arrive de s'emmêler les pinceaux et d'inverser la facette extérieure (visible) avec la facette intérieure.

• La boîte à outils

Maya, le logiciel utilisé par Luca. Il est gratuit pour les étudiants.

• La rémunération

Entre 20.000 et 30.000 € par an pour un débutant.

POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux Éditions de l'Etudiant :
Les Métiers de demain”,
par Martin Rhodes.

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