Ingénieurs et scientifiques à la SNCF : Julie, 28 ans, expert travaux à la direction de l'ingénierie

Par Sophie Blitman, publié le 08 Février 2013
4 min

S'assurer que les ponts ou les tunnels sont suffisamment robustes pour résister au passage des trains : telle est la mission de Julie, expert travaux, chargée de la maintenance d'ouvrages d'art à la SNCF. Un poste de gestion de projet qui conjugue études en bureau et déplacements sur le terrain.


Son parcours

Son bac S en poche mais sans idée précise de ce qu'elle voulait faire, Julie se lance dans une classe prépa. Deux ans plus tard, elle intègre Polytech Paris UPMC. Elle se spécialise dans la chimie des matériaux et sort diplômée en septembre 2007.

"Au départ, je voulais travailler dans la microélectronique, raconte la jeune femme. Mais la conjoncture était difficile et j'ai dû élargir ma recherche d'emploi à d'autres secteurs." C'est finalement un peu par hasard qu'elle postule à la SNCF, après avoir rencontré quelques personnes chargées du recrutement sur un forum emploi.Résultat : elle est embauchée comme expert travaux à la direction de l'ingénierie en 2008.


Son métier

Ponts, tunnels, digues... Il existe environ 30.000 ouvrages d'art liés à une voie de communication ferroviaire en France. Des ouvrages dont il faut contrôler la qualité pour s'assurer que les trains circulent en toute sécurité. C'est sur ces opérations de maintenance qu'intervient Julie.

En tant qu'expert travaux, elle demande à ce que des études soient réalisées en laboratoire : carottages de béton et analyses chimiques sur la teneur en chlorures ou sulfates (des substances qui attaquent le matériau), pose de capteurs pour détecter des mouvements au passage d'un train, notamment au niveau des fissures de l'ouvrage, analyse de résistance à la compression... À partir des résultats envoyés par les techniciens, Julie rédige des rapports pour proposer d'éventuelles réparations.


Metiers de la SNCF - Julie 2 - expert travaux à la direction de l'ingénierie - © Adrien Toubiana

Dans la mesure où elle a aussi une mission de responsable d'affaires, c'est elle qui doit prévoir le budget nécessaire pour réaliser ces études, en évaluant notamment le nombre de techniciens mobilisés. Aujourd'hui, Julie a la gestion d'une cinquantaine d'ouvrages, ce qui représente un budget de 200 à 250 k€ par an. Parallèlement, elle participe à des projets de recherche, par exemple des études de durabilité sur différentes formules de béton.


Le rythme de travail

En moyenne, Julie se déplace 2 jours par semaine sur des chantiers dans toute la France. Le reste du temps, elle travaille à la direction de l'ingénierie, située à Saint-Denis (93).


Ce qui lui plaît dans son métier

"Mes missions sont très diversifiées, puisque mon métier comporte à la fois un aspect technique et de la gestion de projet, explique Julie qui apprécie de "partager [son] temps entre des études réalisées au bureau et des visites de chantier, c'est très complémentaire !" Des déplacements que la jeune femme organise en toute autonomie, en établissant son propre planning annuel.

Plus fondamentalement, souligne-t-elle, "c'est valorisant de se dire que son travail quotidien permet d'assurer un service public pour des milliers de personnes".


Ce qui lui plaît moins

"Comme dans toutes les grandes entreprises, il y a parfois des lourdeurs administratives", confie Julie, qui regrette que la communication soit "parfois un peu difficile entre les différents services".

Le salaire


"Le salaire d'embauche est d'environ 2.000 ou 2.200 € net par mois, mais l'évolution peut être rapide, comme pour tous les jeunes ingénieurs qui bénéficient du parcours 'jeune cadre' de la SNCF", souligne Julie.


Comment elle envisage son avenir

Julie aimerait s'orienter franchement vers la gestion de projet, et se détacher un peu de la technique pour "développer [ses] compétences fonctionnelles", ce qui correspondrait à une évolution assez classique pour son profil.


Ses conseils

"Il faut rester ouvert à différents secteurs, au-delà de ses préjugés, car les missions peuvent en fin de compte être assez semblables : le métier d'ingénieur est souvent un mélange technique, fonctionnel et de gestion des affaires..."

Quant au fait d'être une femme dans un monde d'hommes, "il ne faut pas avoir peur de se lancer dans le génie civil si l'on est une fille!", insiste Julie, qui constate que "si les femmes y sont encore minoritaires, elles sont de plus en plus nombreuses à s'intéresser notamment au contrôle qualité". Pour sa part, la jeune salariée a "toujours été bien accueillie sur les chantiers : si l'on fait bien son travail, il n'y a pas de problème. Et les gens me disent aussi que travailler avec une femme permet d'avoir une approche différente, qu'ils apprécient".

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