1. « Squatter est une aventure sérieuse »

« Squatter est une aventure sérieuse »

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Simon Cottin, 21 ans, en master 1 de sociologie politique à Paris 8, habite dans un squat à Paris.

En quittant Lyon pour poursuivre ses études à Paris, Simon, alors colocataire, a découvert l’univers du squat, un choix contraint devenu un engagement militant. "J’ai envisagé plusieurs possibilités, comme la chambre de bonne avec douche sur le palier ou la colocation", explique ce militant du réseau Jeudi noir. "Mais à Paris, il faut passer par une agence qui demande une avance correspondant à deux mois de loyer, plus des frais d’agence. Je n’avais pas cette somme." En cumulant l’aide parentale, l’APL et son salaire de 300 € pour dix heures de travail à la bibliothèque universitaire de Paris 8, Simon a un budget mensuel d’environ 600 €, insuffisant pour les loyers parisiens. Via Internet, l’étudiant a fini par prendre contact avec un groupe de squatters, étudiants et jeunes actifs. Mais à peine installés dans un immeuble des beaux quartiers, les voilà délogés par les forces de l’ordre. En attendant un prochain emménagement tenu secret, le jeune Lyonnais est hébergé chez son oncle. "Squatter est une sacrée aventure, mais pas un truc de gauchiste : nous faisons les choses sérieusement, insiste Simon. Par exemple, j’ai appris à bricoler, à installer une douche et des toilettes pour rendre l’espace confortable. L’argent gagné en travaillant, on l’investit pour entretenir les lieux et payer nos charges."

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Propos recueillis par Mathieu Oui
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