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Reportage

À Angoulême, les métiers de l'animation font leur show

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Lors du Festival international de la bande dessinée, du 25 au 28 janvier 2018, le pavillon Jeunes talents met en valeur le travail des futurs artistes. Kane et Arnaud, étudiants à l'École européenne supérieure de l'image en ont profité pour transmettre leurs savoirs sur l'animation. Des métiers en vogue !

Les métiers de l'animation vous intéressent ? ça tombe bien, ils recrutent. C'est une des voies vers lesquelles pourront s'orienter Kane et Arnaud, 20 ans, en deuxième année de DNA (diplôme national d'arts) à l'ÉEESI (École européenne supérieure de l'image), école d'arts publique, située à Angoulême, sous tutelle du ministère de la Culture.

Jeudi 25 janvier 2018, à l'occasion du FIBD (Festival international de la bande dessinée), à Angoulême, les deux étudiants ont transmis leurs connaissances lors d'un atelier en petit groupe, au pavillon Jeunes talents.

Atelier animation à Angoulême

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  • Découvrir l'animation

    Arnaud va accompagner Virginie, étudiante en médiation culturelle, et Juan, étudiant en graphisme, dans leur découverte de l'animation. Une première pour ces deux participants à l'atelier animation qui se tient ce jeudi 25 janvier 2018 au pavillon Jeunes talents, durant le Festival de BD d'Angoulême.

  • Imaginer un scénario

    Arnaud (à gauche) et Kane (au fond) expliquent le déroulement de l'atelier. Première parole rassurante : il n'est pas nécessaire de savoir dessiner pour faire de l'animation ! Le principe est basé sur la "stop motion". Il s'agit de créer l'illusion d'un mouvement, étape par étape, à partir de dessins (2D) ou de volumes (pâte à modeler, découpages…). Première étape : trouver une idée de "scénario" pour son film !

  • Choisir sa technique

    Juan et Virginie ont décidé de donner naissance à une plante carnivore. Ils ont choisi de mêlanger 2D et 3D : tandis que Juan dessine les tiges de plante sur la feuille de papier, Virginie façonne les pétales en pâte à modeler. 

  • 24 images par seconde de film

    Il est également possible de préparer toute une série de dessins à l'avance, chacun étant très légèrement différent du précédent. Il suffira ensuite de disposer successivement les dessins l'un après l'autre sur le banc-titre, support qui accueille l'animation, équipé d'un système d'accrochage pour l'appareil photo. Le tout est relié à un ordinateur, sur lequel est installé un logiciel de capture d'images. Il faut normalement 24 images par seconde de film. En réalité 12 images suffisent, car même utilisées deux fois, elles permettent de donner à notre œil une illusion de mouvement suffisamment fluide.

  • Savoir patienter

    Si l'on n'a pas préparé de série à l'avance, on peut aussi travailler "en direct", en modifiant le dessin ou la pâte à modeler au fur et à mesure que l'on prend les photos. Pour réaliser quatre secondes de film, Virginie et Juan devront prendre au moins 48 photos. Quand on songe que pour réaliser les 85 minutes du long-métrage "Wallace et Gromit", l'équipe de Nick Park réalisait deux secondes de film par jour… mieux vaut être patient pour travailler dans l'animation ! 

  • Monter le film

    Lors de l'atelier, seul le logiciel de capture d'images a été utilisé. Les professionnels, eux, utilisent ensuite un logiciel de montage pour procéder à des réglages, modifier la vitesse de lecture des images, ajouter du son, des inscrustations… Mais même sans cela, Virginie et Juan sont contents de leur premier film : "C'est très intéressant, et facile ! Cela donne des idées pour réaliser de petites animations soi-même !" résume l'étudiante.

  • Animer, un métier pour Kane et Arnaud ?

    À l'EESI, Kane et Arnaud ont un atelier animation tous les quinze jours. L'enseignant leur donne un thème, parfois des références et ce que l'on attend d'eux, et ils ont un, deux ou trois jours pour réaliser leur projet. En cas de difficulté, ils ont recours aux conseils d'Agathe Servouze (à gauche), technicienne d'assistance pédagogique. Si tous deux souhaitent poursuivre en DNSEP (bac+5), ils ont des envie de métiers différentes. "Mon rêve, c'est de produire des films et des BD, confie Kane. Même si c'est très compliqué de pouvoir en vivre, je suis prêt à manger des pâtes tous les jours car c'est ma passion !" Quant à Arnaud, il s'intéresse aux volumes, et à leur restauration. "J'aimerais restaurer des monuments, des sculptures… et en particulier des gargouilles, avec une démarche artistique. Quitte à inventer le métier !"

Un marché de l'emploi en croissance

D'après la dernière étude du CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée), "Le marché de l'animation en 2016", le secteur se porte plutôt bien.

Lire aussi : Animation et jeux vidéo : entreprises recherchent diplômés désespérément

Quelque 5.500 emplois sont recensés, avec une tendance générale à la hausse depuis 2004 (+ 2.000 emplois créés). Avec une particularité liée à la nature de l'activité : plus de 80 % des salariés sont intermittents.

Un secteur jeune et masculin

Si 69 % des techniciens de l'animation sont des hommes, la présence des femmes s'est accrue en dix ans sur les postes permanents : de 39,6 % en 2004, elles représentaient 46,4 % des CDI et CDD en 2015.

Le secteur attire les jeunes : la moyenne d'âge est de 35 ans, 73 % des techniciens ayant moins de 40 ans.

Des débouchés dans l'audiovisuel, le cinéma et les jeux vidéo

Les spécialistes de l'animation peuvent travailler dans différents secteurs : télévision, cinéma, jeux vidéo… Tous sont pourvoyeurs d'emploi. Ainsi, selon l'étude du CNC, la production d'animation a atteint en 2016 son plus haut niveau depuis dix ans, avec 388 heures produites pour l'audiovisuel, contre 315 heures annuelles en moyenne sur cette période. Parmi la quinzaine de nouvelles séries : "Tu mourras moins bête" et "Salaire net et monde de brutes" sur Arte, "Boule et Bill" sur France 3, "Last Man" sur France 4.

Côté cinéma : 7 films d'animation ont été produits en France en 2016, ce qui correspond à la moyenne sur la dernière décennie. Sur la période 2006–2015, les films d'animation français réalisent 60 % de leurs entrées à l'étranger.

Même tendance dans le secteur des jeux vidéo, qui recherche des animateurs 2D et 3D. Les recruteurs déplorent d'ailleurs le manque de candidats sur le marché du travail. Il faut dire que les jeunes diplômés formés en France sont aussi attirés par des jobs à l'international. Leur profil généraliste et leur culture artistique sont appréciés, du Canada au Japon, en passant par le Royaume-Uni…

Les liens utiles

Afca.asso.fr (site de l'Association française du cinéma d'animation) : liste des festivals, annuaire des studios, des producteurs et des distributeurs.
Reca-animation.com (site du réseau des écoles françaises de cinéma d'animation) : nombreuses informations sur le métier et les écoles.