1. Community management : un nouvel eldorado pour les jeunes diplômés ?

Community management : un nouvel eldorado pour les jeunes diplômés ?

Envoyer cet article à un ami

Community manager, un métier qui a le vent en poupe. Toutes les grandes entreprises, les agences d'e-réputation et les grandes écoles veulent recruter leur spécialiste des réseaux sociaux, celui qui va personnifier leur marque sur Internet. Mais, au-delà de l'effet de mode, ce métier est-il promis à un bel avenir ?

"Vous êtes sur Twitter depuis la 1ère heure ? Facebook n’a aucun secret pour vous ? Vous expliquez déjà à vos amis comment fonctionne Foursquare ? Vous êtes blogueur ? Vous êtes de surcroît doué pour écrire et converser ? Alors rejoignez-nous !" Quand on tape "community manager" sur le moteur de recherche de l'APEC (Association pour l’emploi des cadres), 25 offres en CDI (contrat à durée indéterminée) et 40 offres de stages apparaissent, en moyenne, avec ce type d'accroche.


Beaucoup d'offres cachées

Sur les sites d'emploi, l'offre est bien réelle, avec des salaires proches de ceux pratiqués dans le secteur de la communication, allant de 26.000 € en agence à 40.000 € bruts annuels chez l'annonceur. Il faut compter en moyenne 30.000 € pour un 1er poste.
"Mais beaucoup d'annonces sont en off", précise Catherine Ertzscheid, consultante médias sociaux et community manager freelance. "Les entreprises viennent régulièrement me voir pour me demander de leur recommander des profils". Son conseil : respecter les codes de communication verbale et ne pas s'épancher dans les tweets. "J'aurais du mal à recommander quelqu'un qui montre qu'il est dépressif. Et si on se tutoie sur Twitter ou Facebook, on ne se tape pas dans le dos quand on se voit en vrai. Il ne faut pas perdre de vue le fait qu'on peut être, à un moment donné, dans un rapport professionnel."


La concurrence est rude… sauf si on a le bon profil !

Si les candidatures sont nombreuses, celles qui tiennent la route le sont beaucoup moins, comme en témoigne Adrien Ledoux, cofondateur de Jobteaser, qui a reçu 80 candidatures pour son offre de community manager en CDI (contrat à durée indéterminée) parue sur l'APEC. "De toutes nos offres d'emploi, c'est celle qui a reçu le plus de réponses mais seule une vingtaine d'entre elles tient la route. La plupart des profils sont purement communication ou journalisme."
Il est rejoint par Laëtitia Lecacheur, social media manager chez Provalliance (Franck Provost, Jean-Louis David…), qui a reçu une trentaine de candidatures pour son offre de stage de community manager. "Les profils sont variés mais peu de candidats ont une activité dans le social media. En tous cas, à peine 10% d'entre eux la mettent en avant." Erreur stratégique.


Quelles perspectives d'évolution pour un community manager ?

À partir de 5 ans de pratique, le community manager peut devenir social media manager. Il gère alors l'image de son entreprise sur les réseaux sociaux et manage une petite équipe de community managers. C'est le poste qu'occupe déjà Laëtitia Lecacheur, 29 ans. La jeune femme est diplômée de l'EDC (école des dirigeants et créateurs d'entreprise) et a eu un parcours marketing, avant d'effectuer un MBA en e-business pour travailler dans le Web.
Autre évolution possible : travailler en freelance. Pour cela, il est indispensable d'avoir une 1ère expérience solide dans la gestion de communauté. "Il faut savoir gérer son temps et être conscient de ses propres limites, insiste Catherine Ertzscheid. Il faut posséder des qualités d'entrepreneur, avoir du réseau, et quand on commence, ce n'est pas forcément évident." L'avantage de démarrer votre carrière en agence, c'est que vous pourrez bénéficier de son expérience et de son réseau.

 

Du game master au community manager

"Je vais ruiner un mythe : le community management n'est pas un nouveau métier", affirme Catherine Ertzscheid, corédactrice de l’ouvrage Le Community Management, Stratégies et bonnes pratiques pour intéragir avec vos communautés (Editions Diateino). Il est né dans le secteur des jeux vidéo et certains community managers ont près de 10 ans d'expérience. Ce métier s'est simplement déplacé sur des secteurs d'activité différents."

C'est à travers un jeu vidéo que Christophe Ramel, alias Kriisiis, 24 ans, diplômé de l'Idrac Lyon, a appris à gérer une communauté. "Il y a 5 ans, avec mon frère jumeau et mon cousin, nous avons lancé un jeu d'élevage en ligne qui a rassemblé 150.000 joueurs. J'étais en charge des stratégies de communication et de marketing, et j'ai créé un forum qui a compté 45.000 inscrits. On appelait ça de la modération."

Par la suite, Christophe Ramel a fait un stage de 6 mois, puis passé un an en alternance en tant que community manager chez Happy Time, une agence de loisirs spécialisés dans les coffrets cadeaux. Diplômé en 2010, il travaille aujourd'hui en freelance, grâce au statut d'auto-entrepreneur. Il a 3.000 fans sur sa page Facebook et plus de 12.500 followers sur Twitter, qu'il gagne principalement via son blog sur les médias sociaux.




Sommaire du dossier
Community management : comment se démarquer des (très) nombreux candidats Comment devient-on community manager ?